Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 20 Août 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

L'autre révolution des 60's : comment notre monde a cessé d'être chrétien

Storiavoce, en partenariat avec Atlantico, s'intéresse aujourd'hui à la manière dont la religion chrétienne s'est peu à peu effacée de la vie quotidienne des Occidentaux, dans un lent processus de déchristianisation. Pour cela, Christophe Dickès interroge le professeur d'histoire contemporaine Guillaume Cuchet.

Radio Atlantico

Publié le
L'autre révolution des 60's : comment notre monde a cessé d'être chrétien

 Crédit PHILIPPE HUGUEN / AFP

Nous sommes le 8 décembre 1965, à Rome, sur la place Saint-Pierre. Après trois longues années, le Concile Vatican II a enfin terminé ses travaux. Les cardinaux, les évêques et les prêtres sont souriants à la sortie de la messe du pape Paul VI qui clôture cet événement dont Charles de Gaulle disait qu’il avait été “le plus important du XXe siècle”. Même si nous sommes à la fin de l’automne, le ciel est bleu. D’ailleurs, tout le monde considère l’événement comme un nouveau Printemps pour l’Eglise catholique. Un texte symbolise cette journée ensoleillée: la Constitution pastorale dont les deux premiers mots Gaudium et Spes signifient “la joie et les espoirs”. On en oublierait presque que juste après ces deux mots, suivent deux autres mots : Luctus et Angor, c’est-à-dire “les angoisses et les peurs”.

 Et il est vrai, qu’après cette journée ensoleillée, l’Eglise allait donner l’image d’une institution qui a peur d’elle-même.

Trois années plus tard, la révolution de 1968 n’épargne pas l’Eglise… En 1969, le journaliste Jacques Duquesne fait un état des lieux du catholicisme dans un article de l’hebdomadaire L’Express. Les fidèles écrit-il, « osent à peine dire qu’ils croient en Dieu. Ils ont abandonné tout prosélytisme. Ils subissent simplement celui des autres : les idéologies, les modes, les slogans. Lorsqu’ils se tournent vers leurs prêtres, ils découvrent des hommes hantés par l’idée d’accéder à ce monde du travail qu’eux, laïcs, connaissent bien. Et qu’ils jugent monotone. […] Pourtant, ils ont le sentiment de garder dans le secret de leur cœur un jeu de valeurs, une explication du monde plus solide qu’on ne le croit. Mais ils ne savent comment les formuler. Plus qu’une crise de la foi, c’est une crise du langage. Les mots ne transmettent plus rien. » Interrogé par Christophe Dickès, l’historien Guillaume Cuchet propose de comprendre comment ce processus de déchristianisation s’est développé dans son livre Comment notre monde a cessé d’être chrétien: quelle est la part du Concile Vatican II dans ce mouvement ? Ne doit-on pas chercher des causes bien plus lointaines à ce phénomène? En somme, la sociologie du catholicisme a-t-elle évolué avant les années soixante, dans la période d’après-guerre ?

http://storiavoce.com/comment-notre-monde-a-cesse-detre-chretien/

L’invité: Guillaume Cuchet est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Penser le christianisme au XIXe siècle. Alphonse Gratry (1805-1872) (Presses universitaires de Rennes, 2017) et Comment notre monde a cessé d’être chrétien, anatomie d’un effondrement (Seuil, coll. la Couleur des idées).

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par assougoudrel - 19/05/2018 - 10:29 - Signaler un abus Sujet trop bref

    On dirait un résumé uniquement sur l'Eglise catholique et on ne parle pas des Eglises protestantes, alors que le titre parle de chrétien.

  • Par jurgio - 22/05/2018 - 16:35 - Signaler un abus La France a été bâtie comme pays catholique

    Les protestants sont donc peu visibles, voire camouflés (surtout en politique car ils se sont originellement structurés en parti d'opposition depuis la Réforme ) J'ai toujours pensé que Vatican II a été un gros échec. Je me souviens des personnes qui disaient regretter le latin à l'église (c'est tout ce qu'ils en ont retenu). De fait, le clergé ne s'est pas aperçu qu'il n'allait plus tenir comme auparavant les fidèles par autorité naturelle. Les couches basses de la société ne furent plus les pauvres du XIXe siècle mais les prolétaires du XXe dont s'est fait la spécialité le communisme. Aujourd'hui, ce sont des immigrés qui prennent leur place et apportent la misère exotique. Ceux-ci n'ont besoin ni d'idéologie, ni de morale. Ils sont là pour plonger la tête dans l'écuelle.

  • Par Anguerrand - 17/08/2018 - 15:19 - Signaler un abus 80 % des français veulent passer par l’eglise

    pour les événements importants de leur vie: baptêmes, mariage, décès. Pourquoi car il considèrent que le christianisme est une religion de paix et d’amour. Ce n’est pas parcequ’ils ne se rendent pas à la messe, qu’au fond d’eux ils n’ aiment pas ses Valeurs ( proche de nos lois ) sur le vol, le meurtre, l’aide... En fait tout le contraire de l’islam qui prône le meutre du mécréant et veut que le monde entier, de gré ou de force se convertisse. Il semble que même en Europe, il y ait un retour vers le christianisme, plus encore en Asie qui constate la barbarie de l’islam.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Christophe Dickès

Historien et journaliste, spécialiste du catholicisme, Christophe Dickès a dirigé le Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège chez Robert Laffont dans la collection Bouquins. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la politique étrangère et à la papauté (L’Héritage de Benoît XVI, Ces 12 papes qui ont bouleversé le monde). Il est enfin le fondateur de la radio web Storiavoce consacrée uniquement à l’histoire et à son enseignement.

 

Voir la bio en entier

Storiavoce

Storiavoce est une radio web francophone dédiée à l’histoire antique, médiévale, moderne et contemporaine, au mouvement des idées politiques et à l’histoire de l’Art. Elle vise à mettre en lumière les événements majeurs de l’Histoire, auxquels sont associées des grandes figures, ainsi que les grands courants intellectuels. Pour cela, elle donne la parole aux meilleurs spécialistes des sujets abordés. Storiavoce est une marque l’association Voxistoria fondée par Christophe Dickès

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€