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Vous aussi, vous trouvez la présidentielle désespérante ?

Alors que 2012 devait être la pire campagne et qu'on attendait une embellie après un quinquennat très critiqué, le moral des électeurs semble montrer qu'on a plongé dans un nouvel abyme inexploré de défiance vis-à-vis du monde politique.

Liberté chérie

Publié le
Vous aussi, vous trouvez la présidentielle désespérante ?

Après la présidentielle désespérante de 2012, celle de 2017 ne pouvait que s’annoncer meilleure. La déception est immense. Le débat a pris un temps une bonne tournure avec la rupture avec notre modèle social en ruine. Nous sortions enfin du long tunnel des 20, que dis-je, des 30 dernières années. Lueur hélas éphémère. Nous sommes vite retombés dans la mélasse des scandales et des trahisons. L’affaire Fillon a ouvert le bal, les attaques personnelles on pris le pas sur les idées. Manuel Valls a lâché Benoît Hamon pour Emmanuel Macron – mis en cause dans différentes affaires secondaires - qui ne veut pas se transformer en "maison d’hôte".

Tandis que François Fillon, abandonné par une partie de ses alliés attirés par le camp Macron où la gamelle semble meilleure, se voit une fois de plus accusé. Cette fois de s’être fait offrir les costumes sur mesure comme avant lui Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Où est le débat ? Pendant que le paquebot France coule, les responsables des canots de sauvetage se font lyncher pour leurs frasques.

Le court rayon de soleil était apparu fin 2016. Après un démarrage laborieux de la primaire LR-UDI, un vrai débat d’idées s’était imposé grâce au projet soigné de François Fillon, vainqueur inattendu. Le jeu d’Emmanuel Macron apparaissait alors lors bien pauvre. Il allait devoir sortir du bois et dévoiler ses propositions pour offrir aux électeurs une vraie campagne et ne pas faire pschitt comme les mauvais augures le prédisaient. Nous allions enfin entendre un vrai débat, projet contre projet. Prélude à une campagne vivifiante, pleine de promesses. Les nuages chargés d’orage n’ont pas tardé à revenir. Des magistrats énervés ont douché nos espoirs. Ils ont arraché François Fillon de son piédestal et l’ont jeté en pâture à des citoyens déchainés. Aveuglés par leur rage – certes légitime -, ils sont en train de se venger du harcèlement règlementaire et fiscal  (quand il n’est pas administratif ou routier) que l’ensemble des politiques leur ont fait subir trop longtemps. Leur propre avenir n’a plus d’importance à leurs yeux, le temps est à la vengeance : "mourrons ensemble !" Dans un tel contexte, pouvons-nous encore imaginer comment aurait pu se dérouler une campagne enthousiasmante ?

La justice a raison de remplir sa mission, mais elle le fait au détriment de la démocratie qui ne peut plus remplir la sienne. Une campagne idéale se serait poursuivie avec le déroulement des visions et des mesures pour le pays. Revenu universel – mal bricolé - à la gauche de la gauche, retraite à points au centre gauche, réforme de l’Etat et de l’Ecole à droite. Tout étant à réinventer avant que notre système ne s’effondre, cette profusion de propositions structurelles aurait calmé la soif d’idées nouvelles des Français. Le mot d’ordre aurait été : liberté ! Nous aurions pu rêver d’un nouveau cadre pour nos institutions moribondes. Plus qu’un rêve, il s’agissait surtout d’une nécessité vitale pour faire cesser l’exode de talents et de capitaux, pour mettre fin au désespoir de tous ceux qui sont exclus du système fossilisé d’initiés, pour restaurer l’optimisme et la confiance des Français.

 
Commentaires

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  • Par AG35 - 16/03/2017 - 12:01 - Signaler un abus Superbe article

    Qui devrait remettre les politiques, les journalistes et certains juges devant leur responsabilité. Ils ont fait tourner cette élection en un véritable fiasco de la démocratie. Espérons qu'ils n'auront pas à en payer lourdement l'addition. Le peuple français lui va, de toute manière payer cher, comme d'habitude.

  • Par Anguerrand - 16/03/2017 - 16:28 - Signaler un abus Cette primaire n'en est pas une

    Les medias et la justice ont tout fait pour casser la Campagne de Fillon , du FN mais bizarrement beaucoup pour des affaires plus graves, maintenant c'est même leur chouchou de gauche dont on parle; Macron.

  • Par jurgio - 16/03/2017 - 18:47 - Signaler un abus Le suffrage universel n'a plus beaucoup de sens

    Trop de populations disparates, d'intérêts égoïstes, d'idéologies rancies et surannées, etc. On pense comment dépenser l'argent des impôts mais jamais comment enrichir le pays.

  • Par francoise34 - 16/03/2017 - 23:08 - Signaler un abus Innocents

    Et en plus, ils sont présumés innocents Donc ce n'est que du Blabla

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Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre Le grand contournement. Il plaide pour passer de l'Etat providence, qu'il juge ruineux et infantilisant, à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux référendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

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