Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 20 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Aurore Bergé : "Il est toujours compliqué pour un parti d’être vraiment utile et efficace lorsqu'il est au pouvoir"

Bilan de six mois de présidence Macron, Europe, élections à la tête de LREM, tensions religieuses et deux ans après le Bataclan, la député Aurore Bergé revient pour Atlantico sur ce qui fait l'actualité.

Entretien politique

Publié le
Aurore Bergé : "Il est toujours compliqué pour un parti d’être vraiment utile et efficace lorsqu'il est au pouvoir"

Atlantico : En ce 11 novembre, vous citiez ce samedi Clémenceau avec cette phrase : "Ces Français que nous fûmes contraints de jeter dans la bataille, ils ont des droits sur nous". Ces droits, quels sont-ils ?

Aurore Bergé : C'est le droit d'honorer leur mémoire.

C'est quelque chose qui est essentiel en termes de transmission. Si la transmission n'est pas faite, on est sûr de ne pas les honorer mais aussi de nous condamner. Il est essentiel de se souvenir de 14/18. Il y avait beaucoup d'enfants dans la cérémonie à laquelle j'étais. Ils n'ont du fait de leur âge jamais connu de poilus. Il n'y a plus de source directe et c'est donc d'autant plus important de continuer ce devoir de transmission.

Emmanuel Macron, à l’occasion des commémorations du 11 novembre comme lors de sa rencontre avec le président allemand ce vendredi, a martelé sa confiance en l’Europe comme garantie de la paix entre les nations de notre continent. Mais au-delà des mots et des souhaits, après le Brexit, la Catalogne, les élections allemandes, autrichiennes ou italiennes, comment mener à bien un projet de relance et d’approfondissement de la construction européenne avec des partenaires en difficulté ou qui ne se reconnaissent pas dans la vision française ?

Déjà, par rapport à la question de l'Europe et de la paix, il ne faut pas oublier que la période que l'on vit est exceptionnelle sur le Vieux continent. Nous n'avons pas connu de conflits armés depuis 70 ans. Ce n'est pas si anodin que ça de rappeler le gage de paix que représente l'UE. Sur les difficultés des Etats, il y a des différences notables entre les pays. Le Brexit s'est fait de manière légale, en Espagne le référendum a été organisé sur des bases illégales. En Allemagne, les élections législatives ont vu une arrivée plus massive de l'extrême droite au sein du parlement mais ont reconduit Merkel. Les situations sont variées et montrent l'intérêt de l'UE qui est d'arriver à être unis sur des fondamentaux. Ces situations montrent la nécessité d'avoir une Union européenne forte qui ne doit pas laisser passer les populistes qui contestent sa légitimité. Dans la campagne, on s'est retrouvé seul à défendre l'UE et à vouloir son approfondissement. On avait une ligne partagée entre les extrêmes et sur laquelle des membres du PS ou des LR les rejoignaient. Le discours de la Sorbonne ouvre justement un certain nombre de pistes sur l'approfondissement de la politique économique, migratoire, l'antiterrorisme… Ça a été des éléments clés du discours qui répondaient au besoin de souveraineté qui est ressentie par les citoyens.

Six mois après l’élection d’Emmanuel Macron, de quoi êtes-vous le plus fière ? Et à l’inverse, s’il y avait une chose à réaliser différemment, quelle serait-elle ?

Plus fière, c'est profondément ce que nous avions appelé le renouveau démocratique. Je pense profondément que l'Assemblée qui est la nôtre n'est pas un événement anodin. Lorsque l'on compare les photographies, on voit visuellement le changement qui s'est produit. Contrairement aux apparences, ce n'est pas anodin car cela s'est répercuté sur les politiques publiques que l'on peut voter. Une des premières loi que nous avons voté est celle sur la confiance dans la vie politique. Elle met fin aux emplois familiaux, permet le contrôle des indemnités de fin de mandat, l'instauration de peines d'inéligibilité… Sans nous, sans cette nouvelle assemblée, cette loi n'aurait jamais existé.

Peut-être que mon regret a été de ne pas suffisamment mettre en valeur ce que l'on a réalisé dans un temps aussi court. En six mois, j'ai rarement vu une majorité qui allait aussi vite sur des réformes d'ampleur et qui en plus a mis en valeur des nouveaux visages. Je pense que si j'ai été élue, c'est aussi parce que les autres personnes qui étaient candidats incarnaient quelque chose de nouveau. Nous nous sommes appuyé les uns sur les autres pendant la campagne des législatives aussi pour montrer ce qu'allait être cette assemblée.

Les enquêtes d’opinion montrent que le président de la République serait réélu avec plus de voix qu’il n’en a obtenu en mai dernier si la présidentielle avait lieu aujourd’hui et dans le même temps, seule une minorité de français lui accordent leur confiance. Comment passer de ce stade de préférence relative à une adhésion plus large qui permettait notamment de faire revenir à la politique les Français qui s’en sont mis en retrait ?

Je pense que ce qui paraît évident est qu'on les fait adhérer sur les résultats que l'on obtient. Ces résultats seront visibles sur la feuille de paye dès 2018. De la même manière, les Français des quartiers les plus défavorisés, lorsqu'ils ont emmené leurs enfants de CP à la rentrée, ont vu que les classes avaient été dédoublées, donc que l'on avait réussi à tenir cet engagement clé des 12 élèves par classe. Ils ont vu que l'engagement était tenu et qu'il y avait des résultats.

Je pense que, tout simplement, les gens attendent de voir des résultats et expriment une impatience très forte car il y a eu des attentes exprimées pendant la présidentielle qui étaient très fortes. Paradoxalement, il y avait une défiance extrêmement puissante et du coup c'était un peu l'élection de la dernière chance. On a ressenti ce sentiment pendant les législatives.

La République en Marche doit choisir son président cette semaine. Au-delà du choix d’une personnalité, quel doit être selon vous l’ADN du parti ? On peut vouloir être et de droite et de gauche dans un univers où la droite et la gauche ne s’étaient pas adaptées aux nouveaux clivages apparus sous l’influence de la mondialisation ou de la financiarisation du capitalisme par exemple, mais peut-on être à la fois conservateur et progressiste ?

Il n'y a aucun parti qui a réussi à être un parti vraiment utile et efficace lorsqu'il était au pouvoir. C'est toujours une équation compliquée. Qu'est-ce qu'un bon parti pour les Français ? Un parti efficace, un parti innovant, utile pour les Français quand il est au pouvoir. De ce que j'en ai vu dans les 10 ou 15 dernières années, je pense qu'aucun parti n'a réussi à faire cela. Notre idée eest qu'on arrive à garder ce qui a fait la réussite d'En Marche !, cette faculté à s'ouvrir de manière très large et à supprimer toutes les barrières à l'entrée traditionnelle dans les partis.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par tapio - 12/11/2017 - 11:57 - Signaler un abus Bon, je résume :

    Un parti politique au pouvoir ne sert pas à grand-chose. Un parti politique dans l'opposition ne sert à rien. C'est tout ce qu'on peut retenir du vide sidéral de cette pauvrette (c'est le fille de feu pierre? ah on me dit que ce n'est pas possible). Atlantico, vous l'avez prise au hasard ou bien elle représente le troupeau lrem ?

  • Par Bobby Watson - 12/11/2017 - 12:04 - Signaler un abus Médiocrité

    Cette interview respire la médiocrité de la pensée et du personnage. Et de la faiblesse du questionnement du journalisme ...Quid des emplois des fils de députés LREM par d'autres députés LREM ? Où a-t-elle vu que son idole s'oppose au communautarisme ...en citant Clémenceau ? NB: il faudrait peut-être qu'Atlantico change sa notice biographique et remplace LR par LREM.

  • Par vangog - 12/11/2017 - 14:02 - Signaler un abus Un discours de petite fille journaliste...

    mais pas un discours de politicien qui a une vision, un projet pour la France...même comme journaliste, elle se plante: oui, la guerre a touché l’europe depuis 70 ans, et c’était la yougoslvie, avec comme résultat sa partition imbécile! Quand aux emplois familiaux, seule loi « tranchante » de ce début de quinquennat, elle aboutit à ce que les députés ex- socialistes marcheurs la contournent allègrement...tu parle d’une réussite!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Aurore Bergé

Aurore Bergé est députée La République en Marche des Yvelines, après avoir été conseillère politique à l'UMP.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€