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Augmentation de 25% des indemnités de licenciements ou le grand retour de la politique du donnant-donnant

Le cabinet de Muriel Pénicaud envisagerait une augmentation de 25% des indemnités de licenciement, en contrepartie de la mise en place d'un plafond d'indemnités de licenciement.

Juste ?

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Augmentation de 25% des indemnités de licenciements ou le grand retour de la politique du donnant-donnant

 

Atlantico : Le cabinet de Muriel Pénicaud envisagerait une augmentation de 25% des indemnités de licenciement, en contrepartie de la mise en place d'un plafond d'indemnités de licenciement. Une telle proposition est-elle acceptable pour les entreprises ou s'agit il d'une rupture par rapport aux engagements pris par le chef de l'Etat?

Je pense qu'il ne faut pas raisonner en termes de promesses politiques, qui, aujourd'hui, ne veulent plus dire grand-chose.

Il faut raisonner en termes d'efficacité ou non de la mesure. La réalité, c'est qu'expliquer à des chefs d'entreprises que l'on va baisser le coût du travail et le coût du licenciement , en l'augmentant de 25% me parait de fait assez surréaliste. Il est évident que nous avons toujours et de la même façon, à licencier des salariés, et cela nous coûtera alors 25% plus cher. 

 

Deux raisons sont énoncées pour justifier ce choix. La première est qu'il semblerait d'une part que les indemnités de licenciement sont parmi les plus faibles d'Europe, et d'autre part qu'en revanche, les passages devant les prud'hommes des salariés sont extrêmement élevés et se révèlent une véritable épée de Damoclès pour les patrons. Néanmoins, je ne vois pas comment dans la pratique cette augmentation de 25% va décourager les salariés d'aller aux prud'hommes.... Car aux prud'hommes, le salarié ne risque aujourd'hui rien, sinon de gagner encore plus. 

 

Il semble qu'effectivement – et on sent la strategie  politique – cette décision a été prise pour faire plaisir aux syndicats et faire passer la pilule. Deux syndicats réclament d'ailleurs non pas 25% mais 50% d'augmentation. Avec ce genre d'initiative, nous risquons de continuer de plus bel à recruter des CDD! 25% de plus pour une PME, c'est déjà énorme ! ce qui m'inquiète en termes de méthode, c'est que sous prétexte d'habilité – incontestablement nécessaire – on fait comme d'habitude du donnant-donnant. Il y a un le moment où il faudra prendre une bonne décision même si elle est critiquée. Si l'habileté consiste encore une fois à prendre dans une poche pour mettre dans une autre, on n'y arrivera pas !

 

Entre des baisses des cotisations sociales et de l'ISF décalées et une augmentation du seuil d'indemnités, est-ce que l'enthousiasme qui a pu apparaître dans "les milieux d'affaires" est en train de se retourner ? Avec quelles conséquences pour l'économie française ? 

Actuellement, il y a un effet Macron indéniable. C'est l'effet d'un changement de politique marquant qui fonctionne bien et qui doit perdurer. Et ce parce qu'on a tellement envie que cela marche. Il y a à la fois un bashing incroyable anti-Macron de la part de la presse, et des sondages qui seraient en baisse, mais tout le monde entrepreneurial, salariés compris, espère qu'il réussisse. Il n'y a pas encore de déception sur ce point. Mais la déception pourrait venir quand on aura vraiment la capacité de mesurer les effets de la loi Travail. On n'applaudit donc pas des deux mains. Et d'un autre côté il vaut mieux annoncer aussi les difficultés afin d'empêcher une rentrée sociale dans la Rue. Quoi qu'il fasse ce gouvernement doit s'attendre à des grèves...

 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 25/08/2017 - 10:43 - Signaler un abus Ah ben c'est sûr! Avec 38000 chômeurs supplémentaires

    le mois dernier, 50% d'augmentation des indemnités de licenciement vont encourager les dirigeants de PME-TPE-non delocalisatrices à embaucher d'avantage!...et les dirigeants de grandes entreprises delocalisatrices à moins délocaliser dans les paradis fiscaux de l'est européen ou de la Turquie islamisante!...je vous avais prévenu que Macron était un socialiste masqué, avec le cerveau inversé, comme tout bon socialiste qui se respecte...encore n'est-on qîau sixième mois...il a encore quatre ans et demi pour réaliser toutes les khommeries gauchistes qu'il tient au frais dans son cerveau déséquilibré (tiens! Comme un islamiste..,)

  • Par Anouman - 25/08/2017 - 22:38 - Signaler un abus Licenciements

    Au lieu de se battre pour les indemnités les entreprises devraient se battre pour que les motifs de licenciement soient clairs. Si un licenciement économique est requalifié c'est soit parce que l'employeur est de mauvaise foi soit parce que la loi est floue. En plus une loi claire ça ne coûte rien, sauf un petit effort de réflexion des députés de la majorité. Bon , j'arrête, je rêve debout...

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Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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