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"Au revoir Monsieur Friant" : Philippe Claudel, à l'économie

Atlanti-culture

Publié le
"Au revoir Monsieur Friant" : Philippe Claudel, à l'économie
LIVRE
 
AU REVOIR MONSIEUR FRIANT
de Philippe Claudel
Ed. Stock
 
L’AUTEUR
 
Né en Lorraine en 1962, Philippe Claudel s’est durablement inscrit dans le paysage littéraire français. Il est aussi connu comme cinéaste et dramaturge. 
"Les Ames Grises" en 2003, "Le Rapport de Brodeck" en 2007 sont des jalons importants dans la carrière de cet écrivain à l’écriture raffinée, qui est membre de l’académie Goncourt.
 
THEME
 
Dans un récit très court l’auteur se raconte. Il égrène ses souvenirs depuis l’enfance; et le peintre lorrain Emile Friant, notoriété locale du siècle passé, est pour lui comme un miroir ou un révélateur. 
Les membres de la famille et Philippe Claudel lui-même défilent sous nos yeux comme dans une saga ou une histoire «héroïque» dont le héraut aurait écrit la légende à travers ses tableaux.
Les portraits de l’écrivain sont systématiquement confrontés à l’œuvre du peintre comme dans une perspective en miroir.
 
POINTS FORTS
 
             ° Une écriture très belle et très fluide qui sait capter les sensations avec gourmandise, à la manière de Colette. Cette écriture fine et ductile a aussi toutes les qualités de l’impressionnisme, capable de retranscrire les variations d’humeur les plus minuscules comme le peintre peut saisir les variations atmosphériques.
Des illustrations, à partir de la peinture, de l’activité de créer. En l’occurrence, des postures pour Claudel qui fustige son modèle.
POINTS FAIBLES
              ° La tentative de confronter les tableaux du peintre Emile Friant au récit biographique de notre auteur pour donner un éclairage mutuel à l’un et à l’autre aboutit le plus souvent à une certaine redondance. Il eut fallu sans doute être un peu plus dialectique.
On s’étonnera de la brièveté de ce livre qui semblerait plutôt être l’ébauche d’une construction littéraire plus ambitieuse. On peut toutefois le lire comme un long poème en prose.
 
EN DEUX MOTS
 
Un récit largement autobiographique écrit avec une grande liberté de ton, qui hésite constamment entre récit naturaliste et souvenirs lyriques d’un auteur poète. 
En filigrane se dessine à travers l’hommage qui lui est rendu la critique assez acerbe d’un artiste qui, devenu académique, a perdu toute la fraicheur et la sincérité de ses débuts. Philippe Claudel bien qu’attiré par cette sorte de double (un nancéen de condition modeste) ne peut que condamner l’artiste, à ses yeux dévoyé. Il faut donc comprendre que lui, Claudel, qui n’a pas pris ce chemin, a sauvé son âme.
 
UNE PHRASE 
 
Ou plutôt deux:
 
- Rimbaldienne: «Il ferait si bon dans l’herbe des talus,….On aurait plein de rêves au fond des poches comme des bâtons de dynamite. On jetterait des cailloux dans l’eau.» (page 69)
 
- Proche de Colette: «On serait deux copains, dans cette herbe de mai qui vient au nez comme le vin monte à la tête ….Je veux te dire le frétillement des têtards sortant du frai près de l’étang du Poncé, l’obscurité piquante des halliers d’aubépine brodés de nids de merle.» (page70)
 
RECOMMANDATION : BON
                                   
 
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