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Attentat de Nice, un an après : ces leçons qui n’ont été que très imparfaitement tirées

Un an après l'attentat de Nice, quels changements ont été effectué dans l'appareil antiterroriste de la France ?

Retenir la leçon

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Attentat de Nice, un an après : ces leçons qui n’ont été que très imparfaitement tirées

Atlantico : Il y a un an avait lieu l'attentat de Nice qui a provoqué un choc à la hauteur du tragique bilan humain subi ainsi que des questions sur l'impréparation des pouvoirs publics face à une menace pourtant formulée clairement par l'Etat islamique. Peut-on considérer que ce choc a entrainé un changement des mentalités au niveau du pouvoir politique d'une part, des services de renseignement d'autre part ? Nice a-t-il au moins servi à quelque chose ? 

Xavier Raufer : Comme je le répète sans cesse dans Atlantico depuis janvier 2015, les attentats de Charlie-Hebdo et de l'Hyper-Casher ont assommé notre gouvernement, président de la République en tête.

Ceux qui ensuite (hauts fonctionnaires, patrons de services de police et de renseignement) voyaient les intéressés en réunion me décrivaient des "lapins dans les phares", paralysés, tremblants, éperdus, juste capables de gérer les aspects médiatiques de la douleur publique. 

Ce gouvernement sans force ni autorité n'a rien changé de crucial dans l'appareil antiterroriste de la France, du début janvier 2015 au départ de l'Elysée de M. Hollande. Tout du long, la lutte antiterroriste se concoctait dans un cénacle nommé UCLAT, sorte d'usine à gaz avec 22 services autour de la table quand arriva à l'Intérieur M. Cazeneuve, lui et ses postures de Napoléon au pont d'Arcole. Il y en avait 24 au départ de son ultime clone, M. Fekl ; plus une couche supplémentaire ajoutée au mille-feuille, un "Etat-major opérationnel" dont nul à l'Intérieur n'a jamais compris à quoi il rimait - y compris ceux qui y étaient affectés. 

Rien n'a changé sérieusement dans l'antiterrorisme sous M. Hollande et le jour de son départ, la structure était pour l'essentiel celle que M. Sarkozy avait laissée. Donc avant Nice, pendant Nice et après Nice, M. Hollande regnante, tout pareil, du tam-tam médiatique et sur le terrain, des services - dévoués et courageux - devant se débrouiller avec les moyens du bord.

L'enquête a-t-elle permis d'y voir plus clair sur ce qui aurait pu être mieux géré, dans la détection du terroriste ou dans l'exécution de son projet ? 

Le problème n'était pas dans les détails de gestion de l'antiterrorisme, mais dans la conception, dans la vision d'ensemble, puis dans la mise à exécution des plans conçus. Or - je sais ça fort bien, m'étant souvent entretenu avec des responsables communautaires juifs, notamment ceux chargés de la sécurité - MM Hollande & co., parlant à ces responsables, faisaient à peu près le diagnostic qu'à l'époque, je formais pour Atlantico : les terroristes sont des hybrides, issus d'une sanguinaire symbiose terreur-crime. Mais ensuite et jusqu'au dernier jour de son mandat, M. Hollande et ses ministres ont constamment échoué à faire comprendre et admettre ce diagnostic aux responsables du Renseignement intérieur, qui n'ont jamais compris, alors et jusqu'à ce jour, qui était l'ennemi. Fin janvier 2017 encore, la DGSI produisait une étude confidentielle sur le nouveau terrorisme post-Merah : dans ces 30 et quelques pages, pas une fois le mot hybride n'était prononcé. 

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 14/07/2017 - 11:06 - Signaler un abus Elus et hauts fonctionnaires responsables et pas coupables

    Il n'était pas nécessaire d'être grand clerc pour éviter Nice, tous les soit-disant responsables connaissant les modes opératoires possibles: 2-3 barrières en béton suffisaient. Et pour être plus efficace à l'avenir, il faudrait punir quelques élus et hauts fonctionnaires: ça secouerait les autres. Pour l'instant, rien, et donc pourquoi ça changerait, puisqu'il leur suffit de se déclarer eux-mêmes non coupables, et de multiplier les hommages en grande pompe et les discours lénifiants ?

  • Par Deneziere - 14/07/2017 - 11:47 - Signaler un abus Attendez M. Raufer, je compte sur mes doigts

    Après Fekl, il y avait 24 machins, Micron arrive et il en rajoute un 25e. A moins que le dernier ait pour mission de dégraisser tout ça, je ne vois pas bien de quoi il faudrait que l'on se réjouisse.

  • Par lexxis - 15/07/2017 - 16:14 - Signaler un abus LA FRANCE EST EN GUERRE OU PAS?

    On. peut certes commémorer une nouvelle fois en grande pompe les victimes de Nice, mais cela n'empêchera jamais à un Français doté du moindre bon sens de penser que quatre ou cinq blocs de béton intelligemment placés auraient rend impossible ce sinistre carnage. Et pour l'instant, ceux dont c'était la mission de penser et d'installer cette protection coulent des jours très tranquilles, sans que personne - hors quelques familles de victimes - ne songe à mettre en jeu leur responsabilité et celle d'un État qui malgré toutes ses proclamations et toutes ses gesticulations n'a pas compris que la France était en guerre. Et la guerre, c'est tout autre chose que l'état d'urgence qui fait glousser tous nos défenseurs de droits sans réaliser que ce faisant ils choisissent leur camp qui n'est pas celui des victimes!

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