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Attaques en série en Europe : la menace terroriste toujours présente mais en mutation ?

Depuis le début de l’année, les occasions pour les mouvements salafistes-djihadistes de mener des opérations terroristes ont été nombreuses en Europe occidentale.

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Attaques en série en Europe : la menace terroriste toujours présente mais en mutation ?

Et pourtant, en dehors d’actions individuelles –certes parfois extrêmement meurtrières comme en Grande-Bretagne- aucune action d’envergure engageant des nombreux assaillants comme à Paris le 13 novembre 2015 ou le 22 mars 2016 n’a eu lieu, ce qui n’est loin d’être le cas dans d’autres régions du monde que l’on a tendance à oublier.

Cela est la résultante de plusieurs facteurs en tête desquels doivent être mis en avant les efforts acharnés déployés par les différents services de renseignement et de sécurité qui sont aux créneaux depuis maintenant de longues années. Cela va des Officiers traitant, des techniciens, des analystes des services de renseignement en passant par les enquêteurs et va jusqu’aux policiers stagiaires et vigiles privés qui sont sur le terrain les derniers remparts pour assurer la protection de leurs concitoyens.

Il n’y a pas de tâche plus noble l’une que l’autre : ces femmes et ces hommes participent tous, d’un bout de la chaîne à l’autre (le renseignement en amont et les protections statiques en derniers ressort) à la sécurité collective.

Il convient d’ajouter tous les gens qui concourent directement ou indirectement à cette lutte comme les personnels de santé, les pompiers, etc.

Enfin, et peut être surtout, il y a les populations qui font preuve de résilience -voire de résistance dans certains cas(1)- comme personne ne pouvait l’imaginer. La volonté de Daech de monter les communautés les unes contre les autres en Occident a visiblement échoué. A savoir qu’en dehors de quelques répliques criminelles, parfois malheureusement mortelles, de certains individus isolés, l’immense majorité a su conserver calme et dignité.

Un autre facteur fondamental réside dans le fait que la cause salafiste-djihadiste que défend Daech est en train de perdre de son attractivité auprès d’une partie de ses sympathisants, du moins en Occident. Les revers militaires que rencontre le « proto-Etat » islamique sur le front syro-irakien n’y sont certainement pas étrangers. D’ailleurs, le nombre de volontaires voulant rejoindre le cœur du califat a considérablement diminué. Certes, les difficultés causées par le bouclage de la frontière syro-turque rendant les passages extrêmement difficiles y sont aussi pour quelque chose. Mais il est légitime de se demander si les « aspirants volontaires au djihad » ne sont pas en train de se « déradicaliser » tout seuls car ils constatent que les tueries qui ont lieu depuis des années en raison d’une cause qu’ils idéalisent, n’ont aucune chance d’aboutir au califat dont ils rêvent.

Il n’en reste pas moins que la guerre est loin d’être terminée. D’abord, sur le plan des idées, le salafisme-djihadisme n’est pas mort d’autant qu’il continue à grignoter du terrain sur l’islam traditionnel via des réseaux de prêcheurs dont l’origine est incertaine. Si Daech disparaît en tant qu’« Etat », il va néanmoins poursuivre -peut-être sous d’autres noms »(2)- ses opérations subversives en comparant la période qu’il est en train de vivre à celle qui a vu le prophète Mahomet fuir la Mecque pour rejoindre Médine. Ses idéologues appellent cela le « retour au désert ».

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 31/07/2017 - 11:33 - Signaler un abus Préférence Nationale

    Est-ce une ''guerre de religion'', comme l'Europe en a connu dans les siècles passés, ou carrément la Troisième Guerre Mondiale ? En tout cas, la seule façon de gagner, c'est d'intaurer la ''Préférence Nationale'' ! Offrir un travail et donc une raison de vivre à la quasi totalité des citoyens. Il y aura tojours quelques ''déviants'', mais ils seront plus facilement dénoncés dans une société où règnent la solidarité et la fraternité. Il faut aussi faire comprendre aux affamés du monde entier que ce n'est plus la peine de venir chez nous : sans la carte d'identité nationale, ils n'obtiendront rien ! Il y a une dame blonde qui a proposé ce programme aux français, mais elle n'a pas été convaincante lors du deuxième débat, et les deux tiers des votants ont préféré suivre les injonctions des ''gourous médiatiques''. Quant aux lecteurs d'Atlantico, ils avaient trop la trouille pour leurs ''petites économies'' !

  • Par vangog - 31/07/2017 - 12:14 - Signaler un abus Des malades mentaux!

    "Déclenchements de feux de fortes à proximité d'habitation", "accidents de la circulation", sans revendications..."recrutements de jeunes de 12 à 18 ans" etc...les radallahs se savent perdus, et se vengent!

  • Par clint - 31/07/2017 - 16:33 - Signaler un abus "La volonté de Daech de monter les communautés les unes contre..

    ... les autres en Occident a visiblement échoué" dit M. Rodier. Eh bien tant mieux ! mais il y a alors des gens de très mauvaise foi (!!) qui disent qu'ils feraient tout pour abandonner ces quartiers. Sûr que dans des endroits à plus de 90% musulmans on ne peut plus parlé de "communauté française et/ou non musulmane" !

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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