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Assurance maladie : Emmanuel Macron n’aura pas d’autre choix que de se rallier au projet de François Fillon version primaire de la droite

Macron a d’ores et déjà lancé des réflexions sur l’avenir de l’assurance-maladie, par l’intermédiaire du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, dont nous produisons ici un document confidentiel, qui répondent aux remarques de la Cour des Comptes hier. Le seul scénario plausible est celui proposé par François Fillon à l’occasion des primaires de la droite. Tout l’art du Président sera de le faire accepter par les lobbies… notamment pharmaceutiques.

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Assurance maladie : Emmanuel Macron n’aura pas d’autre choix que de se rallier au projet de François Fillon version primaire de la droite

Avant même la publication du rapport de la Cour des Comptes, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie s’est réuni pour expliquer le document que nous présentons ici en exclusivité. Il s’agit d’une réflexion stratégique sur la meilleure façon de mettre en oeuvre la promesse de « zéro restes à charge » formulée par le Président…

Cette lecture un peu technique a le mérite de confronter les promesses du candidat Macron avec les réalités financières que le nouveau président de la République doit intégrer dans ses choix.

L’alternative simple posée par le HCAAM

Le HCAAM, présidé par Anne-Marie Brocas, une énarque rôdée aux questions sociales, a posé une question simple: faut-il ou non repenser le rôle de l’assurance-maladie pour tenir les promesses du candidat Macron?

Peu ou prou, cette question est aussi au coeur du rapport rendu hier par la Cour des Comptes. Elle peut se reformuler de la façon suivante: compte tenu des dérives financières systémiques du régime général, pouvons-nous aggraver les charges en instaurant un « zéro reste à charge » sur les postes les plus coûteux? ou bien faut-il « changer de logiciel », pour reprendre les expressions à la mode, pour mieux concilier promesses présidentielles et exigences des finances publiques?

Les inconvénients de l’immobilisme systémique

Avec une franchise qui l’honore, le HCAAM a présenté les risques d’un immobilisme systémique. Dans l’hypothèse où l’assurance-maladie continuerait à prétendre qu’elle peut participer au remboursement de tous les risques en atteignant un zéro reste à charge sur tous les soins pour toute la population (ce qui ferait de la France une sorte d’anomalie occidentale et même mondiale), il faudrait alors alourdir fondamentalement tous les coûts.

Comme le suggère le document, l’addition finale serait payée par le régime général et le régime complémentaire et, in fine, par les bien-portants. De façon très elliptique, le document rappelle d’ailleurs que tout ce dispositif dispose d’avantages fiscaux divers et variés. De fait, on peut difficilement imaginer que les objectifs de « zéro reste à charge » ne passent pas aussi par une mobilisation des recettes fiscales.

Les actuaires reformuleraient la logique du HCAAM en affirmant que l’idéal d’une santé gratuite par le maintien d’un management du risque tel qu’il est pratiqué par l’assurance maladie est purement suicidaire. L’assurance maladie ne gère pas le risque et se contente de rembourser à l’aveugle ou selon des règles politiques absurdes (l’affaire de l’immunothérapie le montre) qui n’ont rien de durable.

Le glissement vers une autre maîtrise du risque

Prudemment, le HCAAM présente donc une autre hypothèse: recentrer le régime général sur une prise en charge à 100% du risque lourd, et abandonner le risque simple (la bobologie) aux complémentaires santé.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 02/12/2017 - 13:08 - Signaler un abus ah bon

    C'est bien de rappeler aux fidèles que le révérend père Grapillon vit du produit de la quête (on ne rit pas) mais aurait-il échappé à notre énarque atlantesque que , si les mutuelles devaient se charger du "petit risque" , il y a de fortes chances que celui ci serait de plus en plus prescrit par le docteur ....Google! Pourquoi serais-je assez con pour payer une mutuelle qui me remboursera le doliprane et la consultation du généraliste? Ou alors, la porte étant ouverte, ce n'est plus le petit risque, qui est transféré: en clair, au fil des années les mailles s'élargissent...Oui, c'est peut être parce que les ficelles du docteur Grapillon étaient un peu grosses que...bon complétez docteur Verhaeghe !

  • Par vangog - 02/12/2017 - 14:09 - Signaler un abus Des mutuelles à système de bonus et malus?...

    des mutuelles du petit risque, ubérisées, à tarifs variables, qui refuseront de rembourser ce qu’elles veulent et qui elles veulent?...le retour, donc de la médecine à plusieurs vitesses!...Il y aurait eu une vision plus intelligente que celles de Macron et Fillon, et qui aurait préservé un système de santé universel et égal pour tous, c’est de fixer un reste à charge, même modeste, pour les traitements ultra-coûteux pour la SS, comme les traitements à vie accordés aux drogués et remboursés intégralement, comme les traitements anti-sidaiques, eux aussi prescrits à vie. La même réflexion doit être menée pour les traitements anti-cancéreux, qui concentrent l’essentiel de la recherche avec les anti-viraux...sans reste à charge modeste pour ces traitements qui concentrent l’essentiel des déficits de SS, la recherche médicale continuera de se détourner des petits et moyens risques, pour se concentrer sur ces traitements coûteux, trop facilement remboursés. Et le fait de transférer le petit risque aux mutuelles ne suffira jamais à absorber ces surcoûts violents, liés aux délires du transhumanisme.

  • Par kelenborn - 02/12/2017 - 14:28 - Signaler un abus Ce qui est bien avec Vangode

    C'est qu'il suffit de le laisser uriner et là...Notre Rayski en ferait son régal! les "sidaïques" (tiens ça rappelle du déjà entendu), les drogués...manquent les juifs qui se font rembourser les kippas volées!!! Et le meilleur : "pour les traitements ultra-coûteux pour la SS" !!!! C'est quoi les traitements coûteux pour les Schutz Staffel ? Le prix du gaz sans doute ?

  • Par Atlante13 - 02/12/2017 - 18:22 - Signaler un abus Donc Fillon avait raison?

    Merci les médias pourris, merci les apparatchiks, merci les intellos gauchos de mrd.

  • Par gerard JOURDAIN - 02/12/2017 - 19:33 - Signaler un abus pas fini....

    pas fini de comprendre que le seul programme pour redresser le pays a été balayé par carambouille...médiatitictic...

  • Par Anouman - 02/12/2017 - 19:36 - Signaler un abus Mutuelles et sécu

    Toute dépense devant être couverte par des recettes, plus on rembourse et plus ça coûte. Donc si on cantonne la sécu aux gros risques (et encore faut-il définir ce qui est gros et ce qui ne l'est pas) on ne peut espérer diminuer les coûts qu'en rendant les mutuelles facultatives. Et ce n'est pas dans l'air du temps, malheureusement, clientélisme oblige.

  • Par kuruzawa - 02/12/2017 - 20:14 - Signaler un abus virtuosité!

    Ayant voté Fillon à a primaire,je considère que,vu l'état des finances du pays,c'est la seule solution de bon sens envisageable.D'ailleurs,les mutuelles-meme celles dites "de gauche",genre Mgen,l'ont déjà intégré.Je réagis à l'article,car autant l'annonce de Fillon sur le sujet a fait bondir les français de tous bords, autant la méthode Macron est habilement et rondement menée.Bon timing,bonne pédagogie,un brin d'autoritarisme (je ne céderai en aucun cas),une droite qui s'est pris une bonne droite,une gauche mélanchonisée-en-voie-d'atomisation,des syndicats divisés...Et surtout une conjoncture au beau fixe,des réformes qui se suivent à un rythme régulier + l'argument qui tue:Macron a effectivement annoncé dans son programme,toutes ces réformes.En dehors des affaires qui ont défrayé la campagne,Fillon avec son caractère cachottier,cassant et psychorigide,ne passait pas.Depuis son élection,je suis très agréablement surprise et conquise par les qualités de Macron et la maestria avec laquelle il mène les réformes tambour battant.

  • Par kuruzawa - 02/12/2017 - 20:30 - Signaler un abus excellente gestion des mutuelles

    Là,ils vont se creuser les méninges sur la répartition des risques.Les mutuelles ne se contentent pas de rembourser du doliprane.Elles développent des centres médicaux en négociant-aprement-les couts:ce sont des investissements lourds.Développent la prévention des risques de façon systématique,ce qui est une approche très rationnelle et économe in fine.+ dentaire,optique avec un rapport qualité/prix raisonnable,tout en laissant aux adhérents un choix très large.Sans oublier la bonne gestion financière et le compte rendu annuel de toutes les dépenses aux adhérents.Les comptes à l'équilibre,en prime.De quoi se plaint-on?

  • Par Ganesha - 03/12/2017 - 09:24 - Signaler un abus Pur bonheur !

    Atlantico vous offre ce moment de pur bonheur : pouvoir vous laisser aller à tous vos fantasmes pétaino-thatchero-fillonistes ! Vous allez en oublier vos rhumatismes pour au moins un bon quart d'heure !

  • Par vauban - 03/12/2017 - 09:45 - Signaler un abus Kuruzawa

    Bonne gestion des mutuelles,comptes en équilibre?One doit pas vivre sur la meme planète Ou vous êtes une taupe de la CFDT et assimilés Bref une adepte de l'armée mexicaine :pléthorique,inefficace,incompetente(Je ne parle pas de vous Mais des structures mutualistes de santé que j'ai bien connu et longuement fréquenté en tant que médecin spécialiste),toujours en demande de rallonge budgétaire pour financer les camarades et La cauterie embauchée par le biais des réseaux syndcaux et partisans(PS et alliés ,camoufles ou pas)cf Affaire Ferrand

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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