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Assurance chômage : le gouvernement fait marche arrière toute et ça n’est certainement pas plus mal pour ces deux raisons

Le gouvernement est entré dans la phase dure de la négociation sur la réforme de l’assurance chômage et va devoir abandonner beaucoup de ses ambitions.

Atlantico Business

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Assurance chômage : le gouvernement fait marche arrière toute et ça n’est certainement pas plus mal pour ces deux raisons

Sur le dossier de la réforme de l’assurance chômage, le gouvernement va devoir opérer une retraite stratégique par rapport aux ambitions qui avaient été plus ou moins détaillées pendant la campagne présidentielle.

« Ça s‘inscrivait peut-être dans l’utopie nécessaire» auraitlâché un membre du gouvernement contraint de se plier aux réalités des faits et des chiffres.

Alors, certains observateurs rappellent que le gouvernement s’est retrouvé confronté à l’opposition frontale des partenaires sociaux qui se battent pour conserver coûte que coûte le statut quo. C’est un peu vrai.

Le gouvernement devrait donc reculer sur trois points de cette réforme :

D’abord, il n’y aura pas d’assurance chômage universelle, c’est à dire applicable à toutes les catégories socio-professionnelles : les salariés bien sur, mais aussi tous les travailleurs indépendants et les professions libérales.

L’élargissement de l'assurance chômage à toutes ces catégories n‘était pas finançable. Elle aurait représenté entre 3 et 4 milliards d’euros sans possibilité de régulation. Comme son nom l’indique, le fonctionnement de l’assurance chômage repose sur le principeassurantiel. Ceux qui travaillent paient une prime d’assurance (unecotisation) pour financer le bénéfice d’une indemnisation en cas de perte d’emploi ou d’activité. La majorité des professions indépendantes et libéralesdevront continuer de se débrouiller avec des assurances privées ou professionnelles qui couvrent les risques de perte d’activité.

L’assurance universelle accessible à tous à un prix modeste va rester au placard des utopies. On réussira sans doute à l’étendre aux professionnels indépendants (en droit) mais attachés à un seul donneur d’ordre (dans les faits). On pense évidemmentà tous ceux qui travaillent pour les plateformes digitales, les chauffeurs VTC, pour résumer. Tous ces travailleurs ont évidemment des statuts d’indépendant, mais totalement sous la coupe de la plateforme qui les emploie. Il va falloir organiser là le système et lui trouver un financement un peu comme chez les intermittents, en moins cher pour la collectivité.

Pour le reste, le système restera géré par les partenaires sociaux, le patronat et les syndicats.

Ensuite, il y aura sans doute un rabotagegénéral des conditions de chômage.Durée plus courte, allocations moins élevées et conditions de retour à l’emploi mieux surveillées. Officiellement, on dira qu‘il s’agit de renforcer les incitations au retour à l’emploi et de dissuader les demandeurs d’emploi de rester sans emploi.

En réalité, on va simplement chercher àfaire en sorte que le système coute moins cher et soit équilibré entre les cotisations d’un côté et les indemnités de l’autre. On n’augmentera pas les charges, donc on réduira la dépense.

 

Enfin, on va sans doute oublier cette usine à gaz qui consistait à créer un bonus-malus pour les entreprises en fonction de la nature des embauches.En clair, on voulait récompenser les entreprises qui créent des CDI, et pénaliser celles qui pratiquent des CDD.Pour les chefs d’entreprise, c’est une folie administrative qui irait à l’encontre de la nécessaire flexibilité.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 09/01/2018 - 09:56 - Signaler un abus Et les 4000 milliards de dette UMPSecolococo?...

    Dette de la SS, dette des Hôpitaux dette des collectivités, dette de la SNCF et des autres monopoles socialistes, dette des embauches clientélistes tous azîmuts, pendant quarante ans?...Il faudrait peut-être profiter de ces petits 2% supplémentaires pour commencer à les rembourser, et libérer les générations futures de cette dette gauchiste, non? plutôt qu’amortir une promesse macroniste encore ratée...

  • Par kelenborn - 09/01/2018 - 12:18 - Signaler un abus La croissance économique est

    La croissance économique est très forte (plus de 2%), elle s’annonce durable et solide. Cette croissance va générer des recettes inattendues qui vont évidemment apporter du carburant à un système qui avait tendance à se gripper. Tiens retenez ma bien cette enième idiotie de l'abruti de service:

  • Par kelenborn - 09/01/2018 - 12:19 - Signaler un abus 2% c'est le taux de

    2% c'est le taux de croissance moyen des USA depuis 20 ans!!!! Pauvre cloche de Sylvestre! Ah oui les USA ne sont pas dans l'UE !, eux !!!!

  • Par lexxis - 09/01/2018 - 14:33 - Signaler un abus AH, L'AURTAUXGRAFFE!

    Désolé, Monsieur Sylvestre, mais "statu quo" vient tout simplement du latin par abréviation de l'expression "statu quo ante" qui signifie pratiquement: "dans le même état qu'avant".Voila pourquoi "statu quo" ne s'écrit pas "statut quo", pas davantage d'ailleurs que "statue quo".

  • Par lexxis - 09/01/2018 - 14:40 - Signaler un abus CHOMAGE: LA SEULE ASSURANCE QUI IGNORE LE RISQUE?

    Le principe d'assurance évoqué commanderait pourtant que la prime de l'employeur soit indexée sur le risque qu'il représente et il n'y a aucune raison que des milliers de petites entreprises qui n'ont jamais engagé un seul licenciement payent les mêmes cotisations que les plus grosses qui ne cessent d'aligner les plans sociaux pour des raisons de pure rentabilité. Mais cette réflexion de simple bon sens et d'équité fait bien entendu tousser patronat et syndicats, trop heureux de répartir sur le plus grand nombre possible de cotisants le maximum de cotisations.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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