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Armes à Feu : et si Trump était celui qui faisait (enfin) bouger les lignes après des décennies de blocage

Dans le débat sur les armes à feu, Trump peut imposer des restrictions. Parce qu’il a la confiance des partisans du port d’arme, ce qui n’était pas le cas d’Obama.

Massacres en série aux États-Unis

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Armes à Feu : et si Trump était celui qui faisait (enfin) bouger les lignes après des décennies de blocage

Le 14 février, au soir de la tuerie de Parkland, en Floride, qui a fait dix-sept morts, dont quatorze adolescents, le président Trump a été sévèrement critiqué pour ne pas avoir prononcé le mot « arme à feu » dans le message de condoléances qu’il adressa aux victimes, et à la nation américaine toute entière, depuis la Maison Blanche. Il y disait son chagrin, son désarroi, la nécessaire tâche de prendre en charge les personnes victimes de maladies mentales, mais rien sur les fusils semi-automatiques, comme celui utilisé pour perpétrer ce nouveau « massacre de la Saint Valentin ».

Les partisans du contrôle des armes à feu y avaient vu une reddition honteuse devant le « gun lobby », le lobby des fusils, un abandon des citoyens à la loi des armes…

Depuis,  les choses ont changé. Ce drame -le énième aux Etats-Unis où les tueries de masse (4 tués ou plus) sont quasi quotidiennes  (346 en 2017, 432 en 2016 et 369 en 2015, …) , a provoqué un émotion encore plus vive, et plus longue,  que beaucoup d’autres. Un mouvement  de lycéens est né, appelé « Jamais plus ». La NRA, National Rifle Association, principal lobby pour la défense du droit de port d’arme a été pointée du doigt, un peu plus que d’habitude. Et le président Trump s’est exprimé à plusieurs reprises pour restreindre l’accès aux armes à feu, notamment en repoussant l’âge minimum pour acheter une arme de 18 à 21 ans. Une prise de position significative, sachant que les partisans du droit de port d’arme soutiennent généralement Donald Trump et votent principalement Républicain.

Bref,  le débat sur la possession d’armes à feu est relancé. Et les lignes, figées depuis quinze ans, semblent pouvoir bouger. Si cela se poursuivait et se concrétisait, sous la forme d’une loi votée par le Congrès (on en est encore très loin) ce serait pour le président Trump une victoire aussi inattendue que remarquable. Etonnamment, il est dans une position privilégiée pour y parvenir.   

Aux Etats-Unis, le droit de posséder une arme,  est un droit constitutionnel. Il est garanti par le fameux « second amendement » de la Constitution de 1787.  Il s’applique à l’ensemble du territoire et l’ensemble des citoyens majeurs. Les Etats peuvent le limiter, mais en aucun cas l’abroger.

Dans l’esprit des Pères Fondateurs, les Etats-Unis n’étaient pas destinés à avoir une armée de métier, mais à dépendre, pour leur sécurité, d’une milice, composée de simples citoyens. Ceux-ci devaient donc pouvoir conserver chez eux un fusil, à sortir en cas de besoin. Comme c’est le cas en Suisse…

Depuis 1787 la société a pas mal changé. Les Etats-Unis ont mis en place la plus forte armée de métier du monde. De sorte que le second amendement a perdu sa raison d’être. Mais les armes à feu sont entrées dans la légende de l’histoire américaine. Elles ont d’abord servi à défendre l’homme confronté à une nature hostile. Puis à combattre les indiens pour conquérir l’ouest américain et étendre le territoire national de l’Atlantique au Pacifique. Enfin elles ont permis de lutter contre le crime, les gangsters, la mafia et la corruption, dans les grandes villes. Hollywood a relayé et amplifié ces légendes, en faisant du justicier solitaire et de son revolver à six coups un héros typiquement américain…

 
Commentaires

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  • Par Poussard Gérard - 26/02/2018 - 09:18 - Signaler un abus Bientôt ceux qui ont jeté des pierres à Trump

    Vont lui tresser des lauriers. ... Quelle mascarade. ...journalistes bien pensants, islamo gauchistes, bobos, énarques vous méritez notre mépris. ..pour avoir soutenu la Clinton . Epouse de lautre incompétent addict sexuel....

  • Par vangog - 26/02/2018 - 09:58 - Signaler un abus Et l’obamagate, habilement camouflé par les journaleux...

    qui craignent que leur idole médiatique ne tombe trop brutalement de son Élysée?...c’est pour quand, la dénonciation de l’utilisation par Obama des moyens du FBI et de la CIA pour faire élire la bécasse Clinton?...affirmer que Obama ne pouvait pas faire passer une loi simple de restriction des armes à feu, parcequ’il n’avait pas la confiance des marchands d’armes reste dans la grande tradition de la desinformation gauchiste pour bobos lobotomisés...autre excellente idée de Donald: armer les enseignants! mais là, les journalistes gauchistes ont tellement peur que ça soit efficace pour prévenir les tueries de masse, qu’ils évitent soigneusement d’en parler...

  • Par Liberte5 - 26/02/2018 - 19:57 - Signaler un abus Merci à G. Olivier pour cet excellent article.

    Cette analyse qui se fonde sur l'adn des Américains, sur le comportement de ceux ci et leur histoire. D. Trump peut faire une réforme, car ce n'est pas un démago, il connait bien le peuple Américain et sa proposition de réforme sera équilibrée et comprise par ses électeurs.

  • Par PhloxxX - 27/02/2018 - 05:03 - Signaler un abus Question

    Monsieur OLIVIER je m'interroge sur la différence de culture entre les USA et la SUISSE. Les armes de guerre sont également à disposition des citoyens suisses dans une très grande proportion, pourtant sauf erreur de ma part ce pays n'est nullement victime du même phénomène de tuerie de masse. Quels sont selon vous les raison de cette profonde différence ? Ne s'agit-il pas, avant d'être un problème de disponibilité des armes, d'un problème de culture de la violence ou de manque de suivi de personnes fragiles psychologiquement ?

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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