Atlantico : Le mauvais temps qui sévit sur la moitié nord de la France depuis le début de l'été n'a pas seulement un impact sur le moral des Français, il touche aussi de plein fouet les entreprises. De quelle façon peuvent-elles être affectées ?
Jean-Louis Bertrand : En général, les entreprises savent gérer leur saisonnalité. Le fait que les températures montent et baissent, ce n’est pas un problème. Ce qui devient un problème, c’est quand elles sont anormalement élevées ou anormalement basses. C’est ce qui s’est passé durant ce printemps, qui a été mauvais. Certains secteurs ont été particulièrement touchés : les produits classés « été », les boissons sucrées, les produits frais, les glaces, les produits liés au sport d’extérieur et le textile.
En fait, il s'agit de tous les produits saisonniers, qui sont ceux avec la plus forte marge. C'est pour ces produits là que les entreprises vont le plus souffrir : certaines ont subi au moins 20% de baisse de leur chiffre d'affaire. Concrètement, pour la restauration et l’hôtellerie, cela passe par une baisse de la fréquentation, qui entraîne une baisse du chiffre d’affaire.
En dehors d’une assurance météo, il n’y a pas vraiment de solutions pour ces entreprises. C’est de la perte de volume d’activité et donc de la perte d’activité. Cela peut même menacer les jobs de saisonniers !
Ce qu’il faut comprendre, c’est que les prévisions météo fiables qui permettent aux entreprises de prendre des décisions dépassent rarement la semaine. Au-delà de ce délai, elles ne sont plus assez fiables. Si leur cycle d’activité ne leur permet pas de réagir en moins de deux semaines, elles ne sont pas capables d’ajuster leur activité et sont donc potentiellement financièrement touchées.
Les directeurs de plusieurs parcs d'attraction en Belgique se sont plaint des médias et des instituts météorologiques, qui diffusent des prévisions pessimistes. Qu’est-ce que cela révèle ?
Peut-être un manque de connaissance sur les solutions financières qui existent. S’en prendre aux messagers, pour changer le mot "éclaircies" en "soleil" afin de ne pas dissuader les téléspectateurs de se déplacer, cela me parait être une solution un peu étonnante pour gérer un problème réel : il ne fait pas beau, les gens consomment moins. Et cela n’est pas la faute des présentateurs de la météo.
Le côté positif, c'est qu'on observe enfin une prise de conscience des chefs d’entreprise que les anomalies météo ont un impact économique et financier réel sur l’entreprise !
Comment les entreprises peuvent-elles se prémunir contre ces risques ?
Concrètement, la solution est de s’assurer contre les anomalies météo de la même façon que l’on s’assure contre les variations des taux de change ou des prix des matières premières. L’assurance fournit une indemnité proportionnelle à l’intensité et la durée de l’aléa météo subi.