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Arabie Saoudite : cette terrible lutte de pouvoir entre la famille royale et les technocrates qui menace l’économie mondiale

La position de l'imprévisible vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane sur la politique énergétique du royaume est davantage écoutée que celle du ministre du Pétrole. Le refus de l'Arabie Saoudite de conclure un accord à Doha pour un gel de la production de pétrole le week-end dernier en est l'illustration. Ce manque de pragmatisme menace d'empêcher un redressement du cours des hydrocarbures.

Déraison

Publié le - Mis à jour le 22 Avril 2016

En quoi l’absence d’une politique énergétique saoudienne cohérente et pragmatique constitue-t-elle une menace pour l’économie mondiale et le redressement du prix du pétrole ? Pourquoi l’Arabie Saoudite continue-t-elle sur cette voie alors même que la baisse des cours pénalise son économie et ses finances ? (avec notamment une baisse de 23% des revenus saoudiens en un an et une dégradation de la note de sa dette). 

Cette absence de pragmatisme - je ne dirai pas forcément manque de cohérence - est un motif supplémentaire d'incertitude sur le marché pétrolier et c'est clairement, dans le contexte actuel, un facteur baissier. Cette attitude va rendre très difficile, voire impossible, la conclusion d'un accord entre producteurs. Le 2 juin, l'OPEP aura sa prochaine Conférence ministérielle à Vienne mais on voit mal comment cette organisation pourrait décider quoi que ce soit puisque l'Arabie Saoudite et l'Iran sont deux États membres clés.

Depuis la fin 2014, l'Arabie Saoudite disait : nous ne baisserons pas notre production si des pays non-OPEP ne se joignent pas à ce mouvement. À présent, on ajoute une condition liée à l'Iran alors que tout le monde sait que Téhéran ne peut absolument pas accepter de geler sa production qui a baissé dans les dernières années du fait des sanctions.

L'Arabie Saoudite sait qu'elle a des réserves financières qui lui permettent de tenir plus longtemps que d'autres pays producteurs et elle veut faire monter la pression sur l'Iran. Cela dit, les prix du pétrole devraient remonter quelque peu à l'avenir car la demande pétrolière mondiale va augmenter en 2016 alors que la production non-OPEP va baisser cette année en raison de la chute des prix. Le marché est en train de se rééquilibrer progressivement.

 
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Francis Perrin

Francis Perrin a travaillé pendant plusieurs années comme journaliste et consultant indépendant sur l’énergie et les matières premières avant de rejoindre, en 1991, le Centre arabe d’études pétrolières. Francis Perrin a été rédacteur en chef de Pétrole et Gaz Arabes (PGA) et d’Arab Oil & Gas (AOG) entre 1991 et 2000 et directeur de la rédaction de l’ensemble des publications de l’APRC entre 2001 et le début 2012.

En 2012, Francis Perrin a créé Stratégies et Politiques Energétiques (SPE).

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