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"Ar-Men" : un hymne vraiment magique à la mer bretonne

Atlanti-Culture

Publié le
"Ar-Men" : un hymne vraiment magique à la mer bretonne

BANDE DESSINEE

Ar-Men
d'Emmanuel Lepage
Ed. Futuropolis
91 p.
21 €

RECOMMANDATION

EN PRIORITE

THEME                                                                                                                             

48° 03’ 01’’ Latitude Nord, 4° 59’ 50’’ Longitude Ouest, au bout de la chaussée de Sein. C’est là que se dresse à 30 mètres au-dessus flots de la Mer d’Iroise, Ar-Men, « l’Enfer des enfers », « le phare le plus exposé et le plus difficile d’accès de Bretagne, c’est-à-dire du monde ». C’est là que vit Germain, gardien tourmenté par un passé douloureux. C’est là qu’il est venu chercher refuge, là qu’il est venu veiller sur ce qui fut un des plus grands cimetières marins de France, là où une ligne directrice simple guide son existence : que toujours « le feu [soit] clair ».

La relève amène à Germain un nouveau compagnon de veille, Louis. Taiseux, il rentre « dans le phare comme dans une mine », comme pour y enfouir une blessure secrète.

Une nuit, Ar-Men manque de céder sous la violence des assauts de la tempête. L’eau pénètre à l’intérieur du fut, menace de tout emporter et arrache une partie de l’enduit qui en recouvrait les murs. Germain y découvre l’histoire du phare racontée par Moïzez. Enfant sauvé des eaux, recueilli par une veuve de l’île de Sein, il participa aux quinze ans de la construction d’Ar-Men et en fut le premier gardien. Indéfectiblement lié à ce phare qui fut sa vie, il en grava l’histoire sur les murs. C’est cette histoire révélée par cet étrange parchemin que Germain décide de raconter à Louis pendant leurs soirées de veille.

POINTS FORTS

Ar-Men nous emmène au bout du monde, au pays de la Fin de la Terre soulignée par la griffure acérée de la Pointe du Raz dans les vagues de l’Atlantique. C’est le pays du Bag Noz, vaisseau des légendes bretonnes barré par l’Ankou, le valet de la Mort ; de l’enchanteur Merlin et de Vélléda, la vierge guérisseuse ; de Gradlon, roi d’Armorique, et de Malgven, reine des royaumes du Nord, de leur amour fou et d’Ys, leur cité légendaire.

C’est aussi le pays d’une des mers les plus dangereuses du monde ; de l’île de Sein, de ses terres impropres à la culture, brûlées par le sel. Le pays de générations de Sénans pauvres, tenaces, fiers, durs au mal, naufrageurs, marins, constructeurs et gardiens de phares, héros de la France libre lorsque cent vingt-huit d’entre eux rejoignirent Londres en 1940, arrachant à De Gaulle cette phrase légendaire : "L’île de Sein est donc un quart de la France."

 
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Nicolas Autier pour Culture-Tops

Nicolas Autier est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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