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Après les "illettrées", les "rien", les "qui feraient mieux de chercher un boulot", les "fainéants" voici maintenant les "jaloux" !

Ce n'est pas sa faute au président de la République s'il connaît tellement de mots…

Macron bête de scène

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Après les "illettrées", les "rien", les "qui feraient mieux de chercher un boulot", les "fainéants" voici maintenant les "jaloux" !

De 2012 à 2017 nous avons eu un petit, tout petit, acteur. Du genre à se produire dans un théâtre ambulant comme ceux qui jadis faisaient le bonheur des péquenauds. Un répertoire unique et répété, "les sans-dents". Et en plus, sans doute par crainte de se faire huer, il réservait sa prestation à sa compagne du moment.

Aujourd'hui, que ce médiocre histrion a été écarté de la scène, nous avons à sa place un immense, immense acteur. Et lui il joue à guichets fermés devant des millions et des millions de spectateurs. Ils en redemandent. Et il leur en redonne.

Il avait commencé timidement avec les ouvrières "illettrées".

Ce fut un succès. Il a continué avec ceux qui ne sont "rien" et ceux qui "feraient mieux de chercher un boulot plutôt que de foutre le bordel". L'enthousiasme des spectateurs fut au rendez-vous. Et quand il parla des "fainéants", ce fut du délire. Une interminable standing ovation.

Mais son répertoire est plus riche encore. Dans une interview au journal allemand Der Spiegel, il a annoncé qu'il mènerait sans relâche un "combat contre les jalousies françaises". Une phrase ponctuée d'un aristocratique "je fais ce que je veux". En effet, Macron fait ce qu'il veut, suivi au pas cadencé par la République En Marche. Et surtout il dit ce qu'il veut.

C'est ainsi qu'il vient de rajouter les "jaloux" à la remorque dans laquelle il a entassé les "rien", les "fainéants", etc. Et là pour le coup la remorque ne suffira pas. Car ça va en faire du monde.

Listons tous ceux qui sont jaloux de lui parce qu'il est devenu président de la République. Les chômeurs jaloux de ceux qui ont un emploi. Les petits patrons jaloux des grands patrons. Les femmes jalouses de. Brigitte. Ceux qui ne payent pas d'impôts jaloux de ceux qui en payent, car ils voient en eux des riches. Ceux qui payent beaucoup d'impôts jaloux de ceux qui en sont dispensés.

Les retraités jaloux des jeunes parce que les jeunes sont jeunes. Les jeunes jaloux des retraités dont ils pensent qu'ils se la coule douce sans bosser. À en croire Macron, la France entière est un pays de jaloux et d'envieux. Et lui, tout seul comme un grand, a entrepris de la changer. Et d'effacer le vilain rictus de l'envie qui déforme son visage.

Quel acteur ! Quel répertoire ! Mais le chef de l'État n'a pas encore donné toute la mesure de son talent. C'est sûr, il va venir sur les planches et reprendre la célèbre phrase de Gabin dans La Traversée de Paris : "Salauds de pauvres !". Ce qui sera beaucoup plus limpide que "fainéants" ou "rien". Dans cette attente, je me suis mis dimanche soir devant mon téléviseur. Eh bien, il ne l'a pas dit. Macron est encore un peu timoré.

 
Commentaires

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  • Par cloette - 17/10/2017 - 09:43 - Signaler un abus ha ha

    En effet, il aurait du faire acteur . Il aurait été plus heureux .

  • Par pasdesp - 17/10/2017 - 10:03 - Signaler un abus A cloette

    et nous aussi!

  • Par Pharamond - 17/10/2017 - 12:49 - Signaler un abus La passion des français...

    Ce bonhomme dit les choses. On vit depuis la Révolution sur le mythe de la" passion des français pour l'égalité". Le plus souvent,hélas,il ne s'agit que d'envie et de jalousie", passions tristes,nous avait rappelé Spinoza.Bien sûr,c'est plus glamour d'appeler ça Egalité;cela donne une bonne image philosophico-morale qui permet de donner des leçons aux autres. Mais ce n'est qu'une image.

  • Par assougoudrel - 17/10/2017 - 13:44 - Signaler un abus En tous cas, à part

    Sardou, personne n'est jaloux de la reine-mère, sa femme, la First Enlaidie. Où est la "portée disparue" Michèle Plahiers qui trouvait qu'elle lui ressemblait à 99%?

  • Par Ganesha - 17/10/2017 - 15:24 - Signaler un abus Fraternité

    Si l'on parle de condition sociale, et non de sentiments amoureux, le contraire de ''Jalousie'', c'est ''Fraternité'' ! Malheureusement, ce mot, qui fait pourtant partie de la devise de notre République, est totalement absent de l'univers mental d'Emmanuel Macron !

  • Par Semper Fi - 17/10/2017 - 19:27 - Signaler un abus Vous êtes un peu de mauvaise foi M. Rayski....

    Je rejoins Pharamond... sous couvert d'égalité, c'est plus souvent la jalousie qui s'exprime, jalousie à l'égard des "salauds de riches", jalousie à l'égard de F. Pagny qui déménage pour raisons fiscales (combien critiquent mais qui au fond d'eux-mêmes aimeraient en fait pouvoir faire la même chose ?)...etc !

  • Par Liberte5 - 17/10/2017 - 19:54 - Signaler un abus Si, si , il y a de la jalousie chez les Français.

    C'est comme ça, hélas. On peut le déplorer, mais on ne peut le nier.

  • Par assougoudrel - 17/10/2017 - 20:02 - Signaler un abus Je rejoins ceux qui disent que

    le français est jaloux de la réussite de celui qui peut, enfin, profiter des fruits de son labeur, le contraire des anglo-saxons. Nos politiciens professionnels, à cause de cet esprit malsain, ont fait fuir ceux qui faisaient la richesse du pays et cela continue.

  • Par ELIED - 17/10/2017 - 21:28 - Signaler un abus Je rejoins aussi Pharamond

    car la jalousie existe bien sûr à tous les niveaux de la société et malheureusement on peut le constater tous les jours et encore plus malheureusement parfois pour des motifs tellement futiles qu'on se demande comment on peut vivre avec un pareil sentiment vis-à-vis d'autrui.

  • Par lilasbleu - 18/10/2017 - 02:17 - Signaler un abus Jalousie et lutte des classes

    Je n'ai pas voter Macron En effet ,je suis d'accord les français sont jaloux du voisin , du cousin qui a plus , parce que souvent il a travaillé plus. Nous ne sommes pas sorti de la lutte des classes dans ce pays. Et tout encourage ce comportement jaloux, puisque l'état passe son temps , grâce a la pléthore des fonctionnaires, à récolter charges , dîmes et gabelles diverses , pour redistribuer aux plus "pauvres". Il ne faut pas qu'une tête depasse, sauf la leur,aux politiques et leurs amis richissimes, pas riches , j'ai bien dit richissimes

  • Par Deudeuche - 18/10/2017 - 06:30 - Signaler un abus @Ganesha

    Super bien dit. La Fraternité est complètement écrasée par les obsessions de Liberté (droite) et d’Egalite (gauche).

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 18/10/2017 - 07:52 - Signaler un abus Rayski va bientôt éécrire des

    Rayski va bientôt éécrire des papiers dans Libé...! Il s'entraîne actuellement à écrire des chroniques(t')amères.....

  • Par DANIEL74000 - 18/10/2017 - 07:53 - Signaler un abus JALOUX,FENEANT? CYNIQUE

    Et si notre président supprimait la pire des inégalités : le statut public. Ce statut doit protéger uniquement ceux qui nous protègent et non tous les pilleurs d'Etat. Tous les citoyens naissent et demeurent libres et égaux en Droit, tout le reste n'est que mensonge ou conflit d'intérêt

  • Par LouisArmandCremet - 18/10/2017 - 13:01 - Signaler un abus Gabin

    Gabin a eu énormément de mal à dire cette phrase, tant elle le heurtait. On imagine moins de scrupules pour notre président ! Article bien acide, comme on les aime !

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Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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