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Après Chrysler et Ford, Renault-Nissan dans le collimateur de Donald Trump (et Carlos Ghosn s‘énerve)

Les tweets de Donald Trump secouent l’industrie mondiale de l’automobile. Renault Nissan ne sera pas épargné...

Atlantico Business

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Après Chrysler et Ford, Renault-Nissan dans le collimateur de Donald Trump (et Carlos Ghosn s‘énerve)

Donald Trump a commencé à gouverner en envoyant des tweets aux quatre coins de la planète. Méthode curieuse mais efficace. Ces tweets dessinent le repli protectionniste et nationaliste de l’industrie américaine qui était délocalisée. 

Les premiers visés sont les constructeurs automobiles : ou bien vous réinvestissez des productions sur le territoire américain et vous créez des emplois, ou alors je relève les droits de douanes à 35% sur les véhicules fabriques à l’étranger et vendus aux Etats-Unis. 
Ford et Chrysler ont semble-t-il obtempéré en annonçant qu’ils stoppaient des investissements au Mexique pour les relocaliser du côté de détroit. 
Au total et en deux tweets menaçants, Donald Trump peut se vanter d’avoir recréé 5000 emplois aux Etats-Unis. 
 
Tous les constructeurs qui vendent massivement aux Etats Unis courbent l’échine et étudient tous les scenarios possibles pour échapper aux foudres.
Carlos Ghosn de passage à las Vegas et en partance pour le salon automobile de Detroit a simplement dit « nous sommes prêts à tout !!! » un commentaire très sibyllin. Prêt à tout quoi ? Tout entendre et surtout tout faire pour s’adapter aux conditions de la gouvernance américaine, sous-entendu, nous serons pragmatiques, soit on relocalise sur le marché américain ce qui est fabriqué au Mexique, soit on paiera les droits de douane de 35% pour les produits qui entreront aux USA. On est prêt à tous, c’est le refrain le plus entendu chez les chefs d’entreprise. Un gouvernement peut décider ce qu il veut, à deux conditions :  
Un, à condition de ne pas changer d’avis tous les deux jours. 
Deux, à condition que la régulation s’applique à tous les concurrents. 
Et d’ajouter que le gouvernement peut aussi, ne pas délivrer la promesse qu’il a faite pendant la campagne présidentielle quand elle va a l’encontre des intérêts du pays. Quand on sait que 70% du programme présidentiel de Trump est irréalisable.
 
Et c’est un peu ce qui agace les chefs d’entreprise américains ou ceux qui travaillent sur le marché US. Si Donald Trump tient la promesse de protéger l'industrie américaine en rapatriant une grande partie du potentiel de production, il court à l’appauvrissement général de l’économie américaine. Et si Carlos Ghosn s’agace tellement des options de Trump, c’est que son groupe Renault Nissan produit au Mexique, 800 000 véhicules par an (presque autant qu'en France,) plus de la moitié de ces voitures sont destinées au marché US.
Toutes mesures de restriction ou cde fermetures du marché américain sera évidemment gravissime pour le groupe.
En fait, si les constructeurs ne font pas état de leur mécontentement et si Renault va rester discret, c’est qu’ils ne croient pas que Donald Trump ira jusqu’au bout de sa promesse. Evidemment ! 
D’abord parce que un déménagement massif des usines mexicaines, mettrait le pays à feu et à sang. Donald Trump n’a pas forcement intérêt à créer un foyer de désordre sur le flanc sud des Etats Unis et surtout il n’a pas intérêt à provoquer une situation sociale dégradées qui incitera les mexicains à passer la frontière pour venir travailler aux USA. Il a beau avoir promis de construire un mur, la frontière restera poreuse. 
En déménageant des usines aux Etats Unis, il rapatrie des emplois certes, mais il se retrouvera dans l'obligation de faire appel à une main d’œuvre immigrée ce qui n’est pas forcement du gout de ses électeurs. 
Ensuite, si Trump élève les droits de douanes sur les voitures importées, cette taxe sera forcément répercutée sur le prix de vente des voitures. Des voitures de premier prix, disons moins de 15 000 dollars sont toutes fabriquées au Mexique. Elles augmenteront de 30 % minimum ?
C’est donc le consommateur américain, électeur de Trump très souvent qui fera les frais de cette préférence nationale sans pour autant gagner des emplois plus intéressants. 
 
Toute la négociation entre les constructeurs, les importateurs et les conseillers de Trump porte sur ce type de raisonnement. Et ce qui s’applique à l’automobile peut très bien s’appliquer aux autres produits importés de Chine par exemple. 
 
L’ambition de Donald Trump sera donc très difficile à réaliser. Il n’est pas sur qu‘il y croit lui-même. 
 
En revanche, les constructeurs américains ont une autre inquiétude dès qu’ils mettent le pied en Amérique. S’ils échappent aux fantaisies de Trump, ils auront plus de mal à éviter la puissance des entreprises digitales. Les Google, Microsoft, Apple, Facebook, Amazon et même Uber ou d’autres n’ont évidemment pas l’intention de développer des constructions automobiles. En revanche, ils investissent des milliards dans la recherche de procédés informatiques qui permettront de rendre les voitures autonomes. Ils investissent dans les capteurs, les radars, les protocoles de connections, les logiciels de localisations, etc. etc., bref tout ce dont, la voiture aura besoin pour fonctionner sans chauffeur. 
La recherche est très avancée, c’est la raison pour laquelle, les patrons de l’automobile mondiale étaient plus nombreux à las Vegas la semaine dernière qu’à Détroit cette semaine. 
Ils savent très bien que la part du digital représentera à l’avenir l’essentiel de la valeur ajoutée de l’automobile. Ce jour-là, Trump ou pas, les constructeurs seront d’une fragilité extrême sauf à développer une innovation qui leur appartiendrait complètement. Ce qui est loin d’être fait. 
 
 
Commentaires

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  • Par zouk - 10/01/2017 - 10:07 - Signaler un abus Trump et menaces sur les usines produisant pour les Etats Unis

    La moindre des choses est que les mêmes règles s'appliquent à tous et ne changent pas au gré des caprices de D. Trump

  • Par Citoyen Ordinaire - 10/01/2017 - 10:20 - Signaler un abus Ca fait plaisir....

    Mr Sylvestre s’inquiète que le capitalisme sauvage du nouvel ordre mondial sans foi ni loi qui consiste à produire le moins cher possible pour revendre le plus cher possible pour que quelques personnes soient le plus riche possible au delà de tout ce qu'elles pourront dépenser de leur vie et au mépris de ceux qui fabriquent...C'est donc plutôt une bonne nouvelle.

  • Par vangog - 10/01/2017 - 10:23 - Signaler un abus Sylvestre, le mondialiste parrainé par la grande

    famille des financiers et des multi-nationales, est comme Merryl Streep et les democrates americains: jusq'au dernier moment, il refusera de constater la défaite du mondialisme uniformisant. Il a décidé, tout seul devant son petit ordinateur, que 70% du programme de Trump est irréalisable, sans aucune eemonstration, et il nous assène cette vérité première, avec la régularité d'une prière coranique...Pourtant, les faits nous montrent que Trump est en train de réussir son pari. Il n'a jamais dit qu'il relocaliserait toute l'industrie délocalisée dans les bricks, ni qu'il construirait une muraille du pacifique jusqu'au golfe du Mexique, il a simplement dit qu'il construirait un mur (point!) et que ceux qui voulaient rester derrière ce mur payeraient une taxe de 35%. Alors Ghosn va faire comme tous les chefs d'entreprise prévoyants, et il va prendre sa calculette pour savoir si les gains salariaux des délocalisations compensent les taxes de 35%...et au final, ce ne sera pas une augmentation de 30% du prix des voitures importées, comme le pense bêtement Sylvestre, mais un retour de la compétitivité à la case départ. La voiture vaudra le même prix que celle qui sera fabriquée aux USA...

  • Par ikaris - 10/01/2017 - 10:52 - Signaler un abus Papy Sylvestre commence à paniquer, c'est bon signe

    papy Sylvestre n'est peut être pas aussi sourd que son grand âge le laisse suggérer. J'avais pointer l'exemple des tweet de Trump hier et il se fend d'un article dessus. Hé oui, papy et ceux dont il est le porte voix s'inquiètent du retour de la volonté politique. La route du libérlisme est pavée de mensonges. A chaque fois qu'une usine de voiture est ouverte dans un pays à faible coup de main d'oeuvre c'est à chaque fois pour "servir la demande locale". Quand on ferme quelque temps l'usine correspondante dans le pays occidental c'est car il y a "des problèmes de compétitivité". Et au final on a délocalisé l'emploi. Donc papy bidonen son article d'arguments à deux centimes en oubliant les mensonges précédents : toutes les usines mexicaines fermeraient (et la demande locale ?) , toutes les voitures aux USA prendraient 30% (ah ? ils les fabriquent toutes au Mexique ?) , il y aura de gros troubles sociaux au Mexique (et les dizaines de millions d'américains aux "food stamp" ?), les constructeurs vont se faire bouffer par les Google et compagnie si ils reviennent aux US (et pour me déplacer je me numérise ?). Article sans queue ni tête

  • Par jurgio - 10/01/2017 - 11:06 - Signaler un abus Un bon coup de gueule de Trump

    pour clarifier la situation.

  • Par Liberte5 - 10/01/2017 - 11:56 - Signaler un abus On ne peut pas perdre sur les 2 tableaux!!!

    Qu'il y ait des usines de constructeurs automobile au Mexique , personne ne peut être contre. En revanche cette production doit servir à approvisionner l’Amérique du sud et non pas a revenir vers les USA. En un mot on ne peut pas perdre des milliers d'emplois et se faire fournir par ceux qui vous les ont pris. Et qui plus est, laisser des millions de clandestins latinos entrer aux USA pour encore prendre le travail des Américains. Il y a un moment où cela ne marche plus. La mondialisation existe, elle doit-être équilibrée,ce n'est plus le cas. Nous constatons cela en France. Renault fabrique des voitures en Turquie, au Maroc . Parallèlement nous faisons entrer plusieurs milliers de Turcs, de Marocains etc. La production faite dans ces pays devrait alimenter l'Afrique, mais ne pas revenir en France. Le libéralisme doit réguler le marché. Nous sortons là du libéralisme qui doit bénéficier à tous, pour favoriser des groupes qui n'ont ni foi, ni loi. Les Etats doivent contraindre à une régulation pour que les intérêts vitaux des nations soient préservés. D. Trump a compris tout cela. Ceux qui sortent de l'ENA ne savent pas agir contre ceux qui veulent nous détruire

  • Par Deneziere - 10/01/2017 - 12:59 - Signaler un abus Populo = double peine

    Les usines Renault au Maroc ont empêché 6000 ouvriers et leur famille d'immigrer en France. Ce type d'investissement rendrait légitime l'étranglement de l'immigration. Fermer les usines au Mexique pour en rembaucher les ouvriers au Texas (ce qui in fine va mécaniquement se produire) ET dire ensuite qu'on construit un mur anti-immigration, c'est l'imposture typique des gros beuglards popu.

  • Par Deneziere - 10/01/2017 - 14:47 - Signaler un abus Avant que les Japonais ne leurs bottent les fesses...

    ...les Américains construisaient et vendaient des autos de qualité médiocre, et ils pouvaient se le permettre car le protectionnisme leur offrait sur un plateau le marché des gens modestes. Pareil, en France : les riches arrivaient à se payer les droits de douane et n’étaient pas condamnés à acheter de la daubasse made in Billancourt. Les camarades qui produisaient cette daubasse sont aujourd'hui sans boulot, et votent FN pour qu'on ferme les frontières et qu'ils puissent à nouveau produire de la cochonnerie hors de prix sur le dos des autres. C''est beau, c'est socialo-populo. Aux US, il est possible de construire des voitures. Mercedes a investi massivement à Atlanta, avec des coûts de formation exorbitants, tellement les standards de qualité locaux étaient loin du compte. Mais les marges sur des voitures de luxe pouvaient éventuellement rentabiliser l'investissement. Nissan n'a pas ce niveau de marge et ne pourra pas construire aux US. Et donc les classes-moyennes inférieures auront le choix entre les droits de douane ou la daubasse.

  • Par clint - 10/01/2017 - 21:31 - Signaler un abus @Deneziere : merci de vos précisions économiques et réelles !

    Cette très mauvaise qualité des constructeurs américains a notamment couté très cher quand les semi-fonctionnaires de la Régie ont décidé de jouer au grand patron avec le gouffre que fut AMC. Bien évidemment la fermeture des usines françaises au Magreb seraient un appel fort à l'immigration ? Mais les bases économiques des "fermeurs" de frontières sont encore à l'heure soviétique !

  • Par valencia77 - 10/01/2017 - 23:11 - Signaler un abus Wake up everyone!

    Hondas 90% fabriques USA. Prix competitifs avec les marques americaines et une qualite incomparables. Ils utilisent des employes americains. Comment font ils? Sylvestre is what is called a bullshiter.

  • Par valencia77 - 10/01/2017 - 23:13 - Signaler un abus Deneziere

    Encore plus con.

  • Par DESVESSIESPOURDESLANTERNES - 11/01/2017 - 06:31 - Signaler un abus deneziere clint sylvestre= même combat

    Ce sont les chinois et les mexicains qui payent vos retraites et autres avantages sociaux ? et depuis quand produit délocalisé = moins cher (cf le polo caiman à 124 € made in asia) Les bagnoles sont certainement le produit qui génère les plus grosses marges :remarquez bien que c'est un secret bien gardé de la curiosité es journalistes et qu'au US leur prix est -30% moins cher qu'en europe. PS : Ghosn s'enerve surtout pour ses bonus mexicains.

  • Par Karg se - 11/01/2017 - 07:11 - Signaler un abus Plein le c***

    de cette folie ultra libérale, libre échangiste et globaliste. Content d'avoir annulé mon abonnement.

  • Par Anguerrand - 11/01/2017 - 17:40 - Signaler un abus A vangog

    En tant que fN vous devriez vous réjouir de cette politique, c'est exactement ce que le FN veut comme politique, je ne vous comprend pas. Trump est riche et alors les Le Pen père et fils Le sont aussi mais pas par leur travail. MLP fera t elle comme Trump, renoncer à son salaires, et ses avantages, je le doute d'autant qu'elle touche sa grosse paie du parlement européen sans y mettre les pieds. Elle est loin de ce qu'imaginent les électeurs FN.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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