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Un an après Barcelone et Cambrils, pourquoi est-ce que l’Espagne se désintéresse-t-elle dangereusement de la menace djihadiste ?

Dans une semaine, l'Espagne commémorera l'anniversaire des attentats du 17 et 18 août 2017, qui avaient causé la mort de 15 personnes. Mais ses préoccupations sont autres.

Commémorations

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Un an après Barcelone et Cambrils, pourquoi est-ce que l’Espagne se désintéresse-t-elle dangereusement de la menace djihadiste ?

 Crédit Emilio Naranjo / POOL / AFP

Atlantico : Un an après les attentats de Cambrils et Barcelone, où en est la question du terrorisme islamiste en Espagne ?

Alexandre Del Valle : Ce que l’on constate en Espagne, contrairement à l’Italie et à la France, c’est une relative indifférence sur ces questions (dans les médias, les maisons d’édition, les discours des politiques, etc), ceci malgré deux gros attentats jihadistes-islamistes survenus l’un en 2004 (Madrid- gare d’Atocha, attribué à Al-Qaïda et revendiqué par le commando Abou Hafez al Masiri), puis en aoüt 2017, à Barceone et Cambrils et attribué à Daech. Dans les deux cas, les dramatiques polémiques qui divisent la société et la classe politique espagnole ont faussé le débat et empêché de vraiment faire un travail de dénonciation de l’idéologie islamiste, très présente en Espagne : la première fois, à cause du terrorisme séparatisme basque de l’ETA, qui était l’obsession de José Maria Aznar et des services espagnols, d’où l’erreur fatale de Aznar qui avait refusé d’attribuer la responsabilité de l’attentat de 2004 à Al-Qaïda en chargeant contre toute évidence l’ETA basque.

La gauche espagnole avait quant à elle entièrement axé sa rhétorique vers la dénonciation de la participation de l’Espagne à la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein et l’idéologie islamiste avait été littéralement épargnée voir disculpée. L’an passé, en 2017, c’est l’omniprésence de la question séparatiste catalane qui a en quelque sorte éclipsé le rôle de l’idéologie islamiste radicale pourtant de plus en plus présente en Catalogne et ailleurs en Espagne (Madrid, Valencia, Alicante, Andalousie, Ceuta-Melilla). Les séparatistes catalans de la Genaralitat (ou région autonome, dont Carles Puigdemont à l’époque était encore président) et la gauche tiersmondiste à la tête de la Mairie de Barcelone (Ada Colau et Podemos), ont alors développé un véritable propagande négationniste visant à disculper totalement l’islamisme radical et à nier sa nuisance et la gauche catalaniste ne cessa d’attribuer la « vraie » responsabilité des attentats à la droite espagnole de Rajoy « impérialiste » et même au « roi bourbon », les deux étant conspués et insultés massivement le jour même de la commémoration des attentats attribués au « fascisme espagnol ». Aujourd’hui il faut se mettre à la place du gouvernement et des minorités et voir que l’Espagne est totalement divisée entre pro et anti-séparatistes, elle accaparée, obsédée par les problèmes du sécessionnisme catalan ou basque, et cela capte toute son attention au détriment des débats sur l’islamisme. Étonnement ce pays qui a été plus frappé que l’Italie se sent beaucoup moins concerné par le problème. Le nouveau président du Conseil opportuniste Pedro Sanchez, élu lui-même grâce aux voix vindicatives des séparatistes basques et catalans et à l’extrême gauche de Podemos, équivalent du NPA français, donne lui aussi dans l’islamophilie béate à la Zapatero, défend une immigration clandestine incontrôlée majoritairement islamiste et refuse d’aborder de façon réaliste les thèmes sécuritaires et identitaires laissés au nouveau parti populaire (PP) de M. Casado, aux accents populistes et au parti outsider Ciudadanos. La gauche est littéralement aveuglée par sa haine de soi anti-espagnole et sa xénophilie et pour elle l’islam n’est qu’un bloc civilisationnel positif qui rappelle Al-Andalous et non une idéologie pouvant servir de caution au jihadisme.

 
Commentaires

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  • Par lasenorita - 12/08/2018 - 11:53 - Signaler un abus Le gouvernement espagnol est socialo!

    Comme tous les gauchistes le gouvernement actuel espagnol est un lèche-babouches..Isabelle la Catholique a,au 15ième siècle,renvoyé les musulmans dans le pays d'où ils étaient partis:l'Arabie... parce que les musulmans maltraitaient les non-musulmans dans les pays qu'ils avaient ''colonisés''..Les musulmans ont chassé TOUS les non-musulmans de leur pays natal (en 1962) et,actuellement,ils envahissent l'Europe sous l'oeil bienveillant de nos gauchos-islamos-collabos..en 1978,Houari Boumedienne,ex-président de l'Algérie,a dit:''Les musulmans iront dans l'hémisphère nord pour le conquérir,ils n'iront pas là-bas en tant qu'amis.Ils le conquerront avec leurs fils.Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire''..sa prophétie se réalise et nos ''zélites'' ne voient rien..c'est à croire qu'elles ont de la m..de dans les yeux!...

  • Par zen-gzr-28 - 12/08/2018 - 13:33 - Signaler un abus Les "zélites" ne

    les "zélites" ne veulent peut-être tout simplement rien voir. Pourquoi donc ?

  • Par Jean Dutrueil - 12/08/2018 - 14:02 - Signaler un abus bravo

    Excellent article très riche et complet et qui suscite la réflexion: on se demande si finalement la liberté d'expression n'est pas devenue la haine gauchiste et la démocratie le triomphe des démagogues et qu'il ne faudrait pas tout compte fait changer de régime. Sans aller jusqu'à la dictature (car l'inverse du fou est toujours fou), une monarchie (à la jordanienne, avec un roi qui gouverne) dominant une société tripartite (économie subordonnée au politique lui-même subordonné au spirituel - mais le catholicisme actuel et gauchisant peut il éclairer la nation?) ne serait-il pas plus adéquate et utile pour les petites gens formant les grands bataillons du peuple et qui n'en peuvent plus des délocalisation, de l'immigration de masse et de la haine gauchiste médiatico-politique à leur encontre?

  • Par vangog - 12/08/2018 - 15:28 - Signaler un abus La fuite en avant vers la collaboration avec l’slamisme...

    de Pedro Sanchez l’amènera à un gouffre mortel. Les islamistes ne feront pas d’attentat en Espagne, tant que le socialaud Sanchez collaborera avec eux. Mais l’islamisme veut toujours plus de collaboration par les lâches, et va jusqu’à leur imposer la soumission totale... Le porc du voile n’est qu’une étape. Lorsque les Espagnols sortiront la tête hors du sable, il sera trop tard, et les attentats reprendront de plus belle...

  • Par ajm - 12/08/2018 - 16:06 - Signaler un abus Pays en cours de disparition.

    L'Espagne n'existera plus dans un peu plus d'une génération. C'est une réédition en plus doucereux et rampant du Frente Popular de 1936, islamisation en plus. Franco avait pris la tête d'une " croisade " anti marxiste et pour l'unité du pays avec l'aide des régiments Africains et du Tercio. Cette fois les maures sont du côté des désintégrateurs de l'Espagne, désintégration territoriale ( Catalogne, Basque etc..) , démographique ( une des plus basses en Europe malgré " l'apport" migratoire) , moral et religieux.

  • Par quesako - 12/08/2018 - 17:13 - Signaler un abus Bon article assez complet tant le problème est difficile!

    Il y a 2 mois la revue Histoire a publié un numéro sur l' Espagne qui permet d'assez bien comprendre le problème de ce pays "qui n'en est pas un (pays)"! Le retour du PSOE au pouvoir (sans élection) est certainement ce qui a de plus dangereux pour l'avenir d'une Europe qui dans chaque pays "n'ose pas" traiter véritablement le problème mortifère de l'islam en Europe et de sa "colonisation" par le flux incessant d' émigrés musulmans. Notons tout de même que l'Espagne qui a écouté la ligne Merkel/Bruxelles est toujours dans une situation sociale et économique très mauvaise, avec taux de chômage important et très très faibles mesures sociales ! La Catalogne est assez une poudrière qui, comme en 36 peut bien tomber par gauche et extrême-gauche incapables de s'entendre !

  • Par Bobby Watson - 12/08/2018 - 21:36 - Signaler un abus Serafin Fanjul

    Cet historien espagnol a fait le lit dans un livre récent de l'utopie d'El Andalus.

  • Par Liberte5 - 12/08/2018 - 22:18 - Signaler un abus Pedro Sanchez est arrivé au pouvoir grâce à des alliances

    contre nature. Incompétent comme tous les socialistes, il ne peut qu'aller vers l'extrême gauche et flatter l'électorat musulman. L’Espagne va aller vers le chaos, les divisions et perdra peu à peu son identité. Mais nous connaissons bien en France , les forces qui ont amené le déclin et la décadence. La gauche, quelque soit le pays, a toujours collaboré avec l’envahisseur. C'est dans ses gênes.

  • Par Anguerrand - 13/08/2018 - 08:18 - Signaler un abus Ne fait on pas en France la même chose ?

    Mais on le fait d’une manière plus cachée, on accueille des migrants via l’Espagne où tous ceux qui arrivent par les montagnes entre autres. L’on garde bien précieusement ceux qui veulent aller en GB alors même que celle ci est sensée faire le Brexit. 14 millions de musulmans en France, il semble que se ne soit pas suffisant alors que les pays de l’Est ou du Nord comme la Norvège s’en débarrassent. On attend qu’ils aient une minorité de blocage à l’Assemblée ou autres pour faire évoluer la Charia en France, ça a déjà commencé avec 20 % de musulmans alors on n’est encore pas très loin du compte d’autant qu’ils se reproduisent très vite

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan)

Son dernier ouvrage, La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur) est paru en mars 2018

 

 

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