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Apprentissage actif : l’étude qui pourrait révolutionner les manières d’enseigner

Selon une récente étude, le travail de groupe serait plus bénéfique aux élèves que les méthodes dites traditionnelles. Une donnée qui ne devrait pas passer inaperçue, et qui pourrait à terme employer davantage de travaux de groupe ou de débats dans les classes et les salles de cours.

Émulation de groupe

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Apprentissage actif : l’étude qui pourrait révolutionner les manières d’enseigner

Selon une récente étude américaine, le travail de groupe serait plus bénéfique aux élèves que les méthodes dites traditionnelles Crédit Reuters

Atlantico : Les méthodes d'apprentissage "actives" (débat, discussion, travail de groupe...)  seraient plus efficaces que la simple lecture selon une étude de Scott Freeman, chercheur en sciences de l'éducation à l'université de Washington. Les étudiants qui se contentent d’utiliser la lecture traditionnelle verraient le risque d'obtenir un D ou un F augmenter de 55 %. Comment expliquer les effets bénéfiques de l'apprentissage collaboratif ? Quel rôle l'oral joue-t-il dans la mémorisation ?

Richard Etienne : Le fait de passer de l'écrit à l'oral, de multiplier les supports, permet d'obtenir de meilleurs résultats.

C'est ce que proposent les nouvelles méthodes d'apprentissage. On passe de consignes ou d'un texte écrit à des débats ou des travaux qui nécessitent l'expression orale. Un test appelé test de la NASA, où les astronautes doivent trouver 5 objets important parmi une liste de 20 objets. Ce test appliqué aux étudiants parle de lui-même : les groupes le réussissent toujours mieux que le premier de la classe seul. Mieux vaut donc favoriser le travail collectif, ce que proposent ces nouvelles méthodes. De plus elles séduisent les élèves et les étudiants car il est plus intéressant d'avoir un projet à mener par exemple que de devoir restituer des connaissances, ou avoir un texte a apporter. Les élèves sont plus motivés, plus impliqués, ce qui rend l'exercice plus efficace et la mémorisation plus rapide. 

Consacrer 10% du temps en classe à ces nouvelles méthodes d'apprentissage suffirait à améliorer les résultats des élèves. Comment se fait-il qu'aussi peu de temps soit nécessaire ? 

Selon moi, il s'agit plutôt d'un pallier à introduire afin de développer ces méthodes. Si l'on passe 10% de son temps à faire quelque chose d’intéressant, où l’élève peut s'impliquer, et que les 90% restants, l’élève retourne à des méthodes classiques, il voudrait augmenter ce temps passés à travailler avec les nouvelles méthodes. Les résultats s'expliquent de la même façon que dit précédemment, l’élève sera plus impliqué et donc, retiendra mieux. 

La France emploie-t-elle ces méthodes d'apprentissage ? Quels sont les freins à l'application de ces nouvelles méthodes ? 

Non la France n'applique pas ces méthodes. Il y a 15 millions d’élèves et d'étudiants, et plus d'un million de professeurs. C'est énorme. La difficulté réside dans le fait qu'une réforme doit imposer les mêmes règles à tous simultanément, et c'est difficile à mettre en place. De plus, les professeurs n'y sont pas formés, cela nécessiterait un apprentissage, de l'accompagnement... Les parents sont également réticents aux nouvelles méthodes, ils peuvent avoir l'impression que leurs enfants servent de cobayes. En outre, la France est un pays plus individualiste car le fonctionnaire doit obéir au ministre. L'esprit et le travail de groupe ne sont pas des idées suffisamment rependues. 

Pourquoi la lecture individuelle, obsolète si l'on en croit les résultats de cette étude, tient-elle toujours une place de choix dans nos salles de classe ? Faut-il pour autant la mettre au placard ?

La lecture comme moyen d'apprentissage est toute aussi importante que ces nouvelles méthodes. Il s'agit de déchiffrer un texte, d'y trouver du sens... L'acte mécanique de la lecture sera toujours individuel. La lecture participe à la mémorisation visuelle. Dans les travaux de groupes, les consignes sont données par écrit, les élèves débâtent de ce qu'ils ont lu individuellement, ils en discutent, reviennent au texte... Toutes ces réactions participent à la production d'un meilleur résultat et aident l’élève à multiplier ses compétences. 

 
Commentaires

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  • Par sandhom - 18/08/2014 - 13:01 - Signaler un abus Médiocrité

    Eh ben, si cela s'applique, on n'a pas fini de descendre dans le PISA. Rien que le terme "éducation du citoyen" donne envie de quitter le pays.

  • Par Benvoyons - 18/08/2014 - 16:09 - Signaler un abus Cela s'appelle réinventer l'eau froide! je ne voudrais pas dire

    mais dans l'antiquité du savoir et bien les Grecs, les Romains avaient ce mode de fonctionnement. La discussion amène le raisonnement et donc les apprentissages et le savoir ne sont pas appris bêtement, mais assimilés sans avoir à apprendre par cœur. Ce qui n'empêche pas d'apprendre très jeune le théâtre pour faire apprendre par cœur car cela fait fonctionner le cerveau d'une autre manière.En plus qu'il fonctionne différemment cela permet à l'enfant d'exprimer, et d'avoir l'amour d’apprendre. Rien de nouveau sous le soleil, mais il y a nos pédagogues qui après moult révolutions pédagogiques depuis 30 ans s’aperçoivent que les anciens (Antique)avec moins de savoir qu’aujourd’hui étaient plus intelligents qu'eux. Maintenant ils vont inventer des grand mots pour s'approprier le sujet et prouver que cela sort de leur intelligence comme "l'éducation du citoyen" . Plus C.. que ça tu meurs!

  • Par bisontin - 18/08/2014 - 16:22 - Signaler un abus Déjà fait

    Quand j'étais lycéen en 1997, on avait ce type d'expérimentation mise en place... Conclusions : grosses difficultés faute de moyens (Terminale S, 35 élèves pour 36 places assises 1 prof) et résistances des élèves fassent à ce mode opératoire (facile de ne pas travailler, de faire du bazar, et de se cacher derrière celui qui va travailler). Très bon souvenir d'adolescence ! En 2014, prof : j'ai fait parti d'un groupe de travail cherchant des nouvelles voies pédagogiques sur ce thème... 15 profs sur l'expérience. Conclusion : ça peut marcher si : le travail s'y prête, les locaux sont adaptés aux travaux en groupe, que le nombre d'élèves est limité et que les élèves sont civilisés (autre chose qu'une classe/section poubelle). Bref même constat que 20 ans avant. Un emplâtre sur une jambe de bois : le problème n'est pas dans les méthodes, mais dans l'autorité et la construction de la place de tous à l'école et les règles qui s'y affèrent.

  • Par Benvoyons - 18/08/2014 - 17:07 - Signaler un abus bisontin - 18/08/2014 - 16:22 L'autorité c'est quoi pour toi

    comment tu procèdes????

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Richard Etienne

Richard Etienne est professeur en sciences de l'éducation. Il travaille notamment sur le changement en éducation, sur l'éducation du citoyen, ainsi que sur la pédagogie du voyage scolaire.

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