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Anti-terrorisme et bugs de fonctionnement : quand la direction centrale du ministère de l’intérieur et la préfecture de police se sont révélées incapables de s’entendre au soir des attentats

En moins d’une semaine, la police a neutralisé les auteurs des attentats de Paris. Certains ont joué les kamikazes. Un, deux, plus encore peut-être, sont encore dans la nature. Pourtant, le début des investigations se présentait mal. Avec de l’électricité dans l’air entre la PJ de la préfecture de police et la Direction centrale de la PJ du ministère de l’Intérieur

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Info Atlantico
Anti-terrorisme et bugs de fonctionnement : quand la direction centrale du ministère de l’intérieur et la préfecture de police se sont révélées incapables de s’entendre au soir des attentats

Depuis plusieurs mois, on le pressentait. Quelque chose de terrible allait se produire. Pire encore que Charlie Hebdo. Les services de renseignement le prévoyaient. Le Premier ministre le laissait entendre. Mais où ? Quand ? Et puis c’est arrivé, le vendredi 13. Le carnage absolu. Jamais Paris n’avait été si frappé. Et pourtant, les services connaissaient les Salah Abdeslam et autres Abdelhamid Abaaoud présenté, lui, comme le chef d’orchestre des attentats du Stade de France, du Bataclan et des deux cafés restaurants.

Depuis des mois, les services pistaient les deux hommes ainsi que d’autres. Tous faisaient l’objet de la fameuse fiche S, Abaaoud avait vu son nom cité dans la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Dans le projet d’attentats contre une église de Villejuif. C’était lui encore qui projetait de tuer des policiers à Verviers en Belgique. On savait aussi qu’ils se baladaient dans la ville Molenbeek, la ville-fabrique de terroristes.

On savait qu’ils venaient en France. Mais jamais ils n’ont été arrêtés. Ainsi Abaaoud s’est trouvé un temps en Grèce. Puis en Syrie. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international, voyageant en Europe, il échappait  à la police… Il passait à Molenbeek (Belgique), mais personne ne le voyait.. Il a fallu que les services marocains donnent un tuyau à leurs homologues français pour qu' Abaaoud soit finalement localisé à Saint-Denis et abattu mercredi 17 novembre. D’autres courent encore. Comme Salah Abdeslam recherché par toutes les polices d’Europe. Il aurait été vu dans le métro le vendredi 13 aux stations Chatelet et Les Halles, avant que l’on ne perde sa trace. Peut-être s’est-il planqué à Molenbeek. Pour l’heure rien.

Certes, depuis les attentats de vendredi, les forces de l’ordre, fonctionnaires de la DGSI, PJ et policiers de la sous-direction anti-terroriste ont fait un énorme travail  en portant un  coup d’arrêt  aux terroristes qui ont déferlé sur Paris.  Même si un, deux voire plus semblent s’être évaporés dans la nature. La collaboration entre différents services de police a bien fonctionné. Encore qu’au début de cette soirée du vendredi 13 novembre, les choses ne se présentaient pas bien. C’est ainsi qu’Atlantico peut révéler qu’entre la préfecture de police et la direction centrale du ministère de l’Intérieur il y a eu de l’électricité dans l’air.

Voici ce qui s’est passé. Dès l’annonce du carnage, des policiers de la PJ parisienne, sur place par nature, dont bon nombre de la sous-direction des affaires économiques et financières, spontanément, font savoir qu’ils sont prêts à travailler pour recueillir les témoignages des rescapés et commencer le travail de procédure. Un travail long et méticuleux, car il faut recueillir le témoignage de nombreuses personnes, voire de blessés qui ont assisté au carnage des terroristes. Ce qui représente l’audition, sur procès-verbal, de 300, voire 400 personnes. Plus on va vite, mieux c’est, pour le déroulement de l’enquête. Eh bien non et non, le concours de la PJ de la préfecture de police est refusé par la direction centrale de la PJ du ministère de l’intérieur. Résultat, une perte de temps. Et pour cause : on est obligé de solliciter l’aide de fonctionnaires d’Orléans et de Lille, dépendant eux de la DCPJ, qui mettent un certain temps, forcément, avant d’arriver dans la capitale !

 
Commentaires

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  • Par de20 - 21/11/2015 - 10:40 - Signaler un abus Incompétence ou sabotage? peu

    Incompétence ou sabotage? peu importe le premier entraine le deuxième. Heureusement les spécialistes de terrain sont la. Vont ils tenir le rythme? Ne le demandez pas a nos élus mais aux forces de l ordre que vous croiserez en leur manifestant votre soutient: une sorte d amphetamine du cœur.

  • Par c.gail - 21/11/2015 - 11:35 - Signaler un abus Pourquoi pas ?

    N'importe quel ordinateur est capable d'ingurgiter des millions de critères et faire des tris, des recoupements et autres opérations sans problème. Le problème semble plutôt les recoupements entre services de police, administrations diverses, gendarmerie, armée etc...

  • Par mymi - 21/11/2015 - 11:43 - Signaler un abus non, cazeneuve

    et le gouvernement veulent simplement tout contrôler et pouvoir s'arroger le bénéfice des résultats. L'exploitation cynique de ces atrocités est en marche avec l'aide des médias inféodés pour tenter de redonner de la popularité à Hollandouille, décrit désormais comme un "chef de guerre !!!!" et qui a d'ores et déja commencé sa campagne électorale

  • Par zouk - 21/11/2015 - 12:00 - Signaler un abus Guéguerre entre services de police

    Nous savons depuis longtemps que c'est le cas, mais pas à ce point vraiment criminel. Et n'oublions pas les rivalités police-gendarmerie qui ont depuis longtemps permis à des criminels de se cacher en ville, alors que la gendarmerie les avait identifiés par leurs déplacements entre autres.

  • Par vangog - 22/11/2015 - 03:14 - Signaler un abus Le problème vient de nouveau de la Justice...

    Certains évoquent des interpellations préventives pour éviter ce type de drame, mais la justice gauchiste remettra immédiatement en liberté les fiches S, avec le même zèle qu'elle applique pour remettre en liberté les condamnés. Le problème est sans solutions autres qu'hyper-securitaires (difficile à mettre en œuvre sur la durée) et anti-constitutionnelles, après que les UMPSECOLOCOCOS en aient fait rentrer des millions en France!

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Gilles Gaetner

Gilles Gaetner est journaliste d'investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à L'Express, chargé de l'investigation.

Il est l'auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Réglements de comptes pour l'Elysée - La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut),  La République des imposteurs (L'Archipel Editions, 2014) et Les journalistes ne devraient pas dire ça (L'Artileur, 2017).

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