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Anti-européens : la stratégie des "fronts de libération nationale" réunissant droite et gauche est-elle réaliste ?

Dans un article publié sur son site et intitulé "Scission au Front national", l'économiste Jacques Sapir appelle à la constitution des "Fronts de libérations nationales", évoquant par là l'idée de la création d'un "front commun" avec "les courants souverainistes de gauche." afin de lutter contre la "tyrannie montante de l’Union européenne et à ses relais en France".

Cartel des nons

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Anti-européens : la stratégie des "fronts de libération nationale" réunissant droite et gauche est-elle réaliste ?

Atlantico : Quelle est la crédibilité d'un tel rapprochement que Jacques Sapir compare à la logique du CNR ?

Jean PETAUX : Jusqu’à ce que l’historiographie de la Résistance remette ce point en cause en apportant la preuve contraire, le Conseil National de la Résistance (CNR) n’a pas rassemblé des communistes et des fascistes pro-vichystes. Jacques Sapir peut appeler de ses vœux la « grande convergence » entre toutes les formations politiques hostiles à « l’Union européenne et à ses relais en France », c’est une pure vue de l’esprit et une construction mentale qui n’a ni pertinence ni probabilité de concrétisation. Sapir peut évoquer le « grand soir » du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen où le « cartel des Non » l’a emporté.

Rappelons d’abord dans quelles conditions : un score net et sans bavure en faveur du « non » (54,67% des SE soit 15.449.508 voix) et un nombre de « oui » tout juste supérieur à 45% (45,33% pour 12.808.270 voix. Autrement dit 2.641.238 voix d’écart en faveur du « non ». Si l’on prend en compte la participation, celle-ci est effectivement très supérieure à d’autres référendum, tel celui sur le « quinquennat » en 2000, mais elle n’est pas « glorieuse » : 30,64%. Ceux qui, depuis le 7 mai, n’ont de cesse de répéter que l’abstention à la dernière présidentielle a été vertigineuse, allant même jusqu’à remettre en cause la légitimité d’Emmanuel Macron élu avec 66,1% des voix (soit 43,61% des inscrits, presqu’identique au score de VGE et Mitterrand respectivement en 1974 et 1981) pour 25,44% d’abstention soit 5 points de moins que l’abstention enregistrée au référendum sur le TCE le 29 mai 2005. Les procès en légitimité électorale peuvent très souvent se retourner contre leurs auteurs.

Pour revenir à « l’utopie sapirienne » il convient de rappeler que la coalition des contraires contre un bouc émissaire commun n’a jamais constitué une alliance politique solide et stable. Le « Front national », structure essentiellement « faux nez » et « paravent » du PCF en 1994-1945, rassemblant les « mini-partis » issus de la Résistance, jusqu’au retour du général de Gaulle au pouvoir consécutivement à la crise du 13 mai 1958, va perdurer une bonne partie des années 50. Mais l’idéal commun de la Résistance contre l’occupant nazi n’a rien à voir du tout avec l’Union sacrée qui devrait se lever telle l’Armée de l’an II contre la « pseudo tyrannie montante de l’UE » que Sapir craint mais appelle tout autant de ses voeux pour sortir de cet épisode avec une convergence enfin réifiée. Comment des intellectuels comme Sapir, parfaitement respectables au demeurant, peuvent-ils penser de tels schémas politiques tous plus fumeux les uns que les autres. ?

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 22/09/2017 - 09:27 - Signaler un abus Question

    Question : un article qui, dès sa première phrase, prétend que Marine Le Pen dirige un parti de fascistes pro-vichystes, mérite-t-il d'être lu ?

  • Par vangog - 22/09/2017 - 21:39 - Signaler un abus Oui à un Front de Libération nationale!

    Unissant les patriotes souverainistes de gauche et de droite. Petaux étant parti, comme d'habitude, dans ses vieux délires fascistes et communistes, nous allons faire le travail à sa place...Les patriotes souverainistes peuvent se rencontrer dans tous les partis, excepté le parti Macroniste et le Modem, partis opportunistes du mondialisme immigrationniste. L'union des patriotes souverainistes peut donc être aussi large que possible, à l'exception de ceux-là! Si nous évoquons un programme commun de rétablissement des services publics, de sauvegarde de la sécurité sociale très prioritairement française, et des fonctions régaliennes de l'état, nous pouvons rassembler à gauche, et même à l'extrême-gauche non mondialisante...Si nous évoquons un programme d'économies étatiques, de baisse des impôts et des charges pesant sur salariés, retraités et entreprises, alors nous pouvons séduire de la droite à la droite forte...et si nous évoquons la reindustrialisation obligatoire de la France, et le patriotisme économique, la renégociation de Schengen et des directives travailleurs détachés, alors nous séduisons une très grande majorité de Français...Sapir a raison!

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, responsable, au sein de cet établissement, du parcours de master « Métiers du politique ».Il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac : « Paroles politiques ».  Il a co-publié aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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