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Anniversaire des 10 ans de règne de Raul Castro, vers la fin de 60 ans de castrisme à Cuba ?

Raul Castro a été élu président des Conseils d'État et des ministres de Cuba le 24 février 2008, succédant à son frère Fidel Castro. Mais cela fait près de 60 ans qu'il est au sommet du pouvoir, dans l'ombre de son frère.

Accroché au pouvoir

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Anniversaire des 10 ans de règne de Raul Castro, vers la fin de 60 ans de castrisme à Cuba ?

Atlantico : Le 24 février, Raul Castro a fêté ses dix ans à la tête de Cuba, après avoir succédé à son frère Fidel. Quel bilan faire de son action à la tête du gouvernement : a-t-il été l'agent d'une certaine ouverture (notamment avec le tourisme) ou, par delà les apparences a-t-il poursuivi l'oeuvre "révolutionnaire" de son frère ?

Jacobo Machover : Le dixième anniversaire de l’accession officielle de Raúl Castro au pouvoir est un non-événement. Cela aurait pu en constituer un s’il l’avait quitté, comme il l’avait promis, le 24 février 2018. Mais il s’est ravisé, sous prétexte des dégâts causés par l’ouragan Irma à la fin de l’été 2017 (au cours duquel il a brillé par son absence auprès de la population cubaine) et des difficultés à organiser les « élections » (avec candidats uniques du Parti communiste unique) à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, le Parlement-croupion.

Il a donc retardé son départ de quelques semaines, peut-être à cause de difficultés dans la succession, pour le fixer au 19 avril, date-anniversaire des combats de la baie des Cochons en 1961 contre les expéditionnaires cubains qui avaient tenté de renverser le pouvoir castriste, avec l’aide -limitée et rapidement interrompue- de Etats-Unis. Dans un pays figé dans le temps comme Cuba, tout n’est qu’anniversaires : le 24 février est celui de la deuxième guerre d’indépendance contre l’Espagne en 1895. On y commémore la moindre escarmouche de Fidel Castro et de ses hommes. Bientôt, le 1er janvier 2019, ce sera celui du soixantième anniversaire de la révolution contre le gouvernement de Fulgencio Batista. C’est depuis ce jour-là que Raúl Castro est au sommet du régime, dans l’ombre de son demi-frère aîné Fidel jusqu’en juillet 2006, date à laquelle celui-ci lui a transmis ses prérogatives, puis en pleine lumière, ce qu’il ne semble pas apprécier particulièrement : c’est un bien piètre orateur.

Son « mandat » de deux fois cinq ans s’est caractérisé par une tentative frustrée d’instaurer un système communiste à la chinoise ou à la vietnamienne. Il y a eu quelques signes d’ « ouverture », le plus important étant celui d’autoriser (enfin !) les Cubains à voyager à l’étranger, avec certaines restrictions. Le séjour « historique » de Barack Obama à Cuba en mars 2016, après le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, n’a été qu’une parenthèse, en partie refermée avec l’élection de Donald Trump. Cela n’a pas empêché Obama de faire un ultime cadeau, quelques jours à peine avant son départ de la Maison Blanche, à son nouvel ami Raúl Castro, en fermant la porte du territoire américain aux fugitifs cubains. Cette disposition a pour le moment été maintenue par l’administration Trump, qui a toutefois fait montre d’une hostilité envers le régime castriste et d’un appui (moral, mais largement insuffisant et qui ne s’est guère traduit par des actes) aux dissidents. Les relations entre Cuba et les Etats-Unis connaissent un refroidissement certain depuis la révélation d’étranges « attaques acoustiques » menées sur le territoire cubain (par qui ? c’est là tout le mystère) contre des diplomates américains et canadiens et les membres de leur famille. Le tourisme, en forte hausse et particulièrement visible, en provenance du grand voisin du Nord s’en ressent. Fini le défilé de stars internationales à La Havane, de Katy Perry et Madonna aux Rolling Stones ou à Karl Lagerfeld. Mais les Européens continuent d’y affluer. Que vont-ils y chercher ? Sans doute le souvenir de leurs rêves évanouis dans la capitale en ruines d’un pays en déliquescence.  

 
Commentaires

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  • Par vangog - 25/02/2018 - 17:03 - Signaler un abus Le fascisme rouge avait besoin d’un drapeau...

    et ce drapeau est celui de la dictature castriste! Il n’est pas étonnant de voir nos fausses élites bobos sacrées par des médias gauchistes à la ramasse, se prosterner devant ces tyrans: Claude Miller, Hidalgomygode, Ségolène Royal, Melenchouile-la-fripouille sont les représentants de cette gauche immorale et pervertie, qui croit détenir la vérité mondialiste, parceq’elle gueule plus haut que les autres, et que ses encouragements pour un autre monde à la Raul Castro sont amplifiées par des médias complices et complaisants avec ce fascisme rouge...déjà mort!

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Jacobo Machover

Jacobo Machover est un écrivain cubain exilé en France. Ses derniers livres sont : La face cachée du Che (Armand Colin) et Castro est mort ! Cuba libre !? (Éditions François Bourin).

 

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