Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 26 Août 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Ancien de Goldman Sachs et architecte du sauvetage des banques, il trouve aujourd'hui qu'elles sont trop grosses et puissantes et propose des mesures radicales

Les grandes banques sont plus dangereuses que jamais et il faut des mesures qui vont "transformer" le système, déclare l'actuel président de la Fed de Minneapolis. Neel Kashkari veut mettre les banques au pas.

180°

Publié le
Ancien de Goldman Sachs et architecte du sauvetage des banques, il trouve aujourd'hui qu'elles sont trop grosses et puissantes et propose des mesures radicales

Pendant un temps, dans la politique américaine, Neel Kashkari avait représenté l'incarnation de la connivence entre l'Etat et les grandes banques. Cet indo-américain aux études brillantes avait vite grimpé les échelons chez Goldman Sachs, la plus prestigieuse des banques d'affaires américaines, avant de se retrouver au ministère des finances américain, attiré là par Hank Paulson, ancien PDG de Goldman Sachs (bien sûr), et d'être chargé au creux de la crise financière de 2008 de l'administration du "TARP", le programme de renflouage des grandes banques américaines à hauteur de 800 milliards de dollars. 

C'est pour cela que c'est d'autant plus choquant que ce soit Kashkari qui aujourd'hui défraye la chronique en déclarant que les banques américaines sont aujourd'hui plus grosses et plus tentaculaires que jamais, et qu'il faut donc des "mesures radicales" pour empêcher une nouvelle crise. 

Après la fin de l'administration Bush, Kashkari s'est retiré dans une cabane au milieu de la forêt dans le nord de la Californie pour se remettre de ses émotions.

Après une candidature sans succès pour être gouverneur de Californie, il a été nommé président de la Federal Reserve Bank de Minneapolis, une des banques publiques régionales qui sont actionnaires de la Fed, la banque centrale américaine. Les Fed régionales ont un rôle de régulation des banques de leur région, mais également de réalisation d'études économiques et de proposition de réformes. C'est dans ce rôle que Kashkari s'est exprimé. 

Et pour lui, c'est clair, il faut tirer le signal d'alarme. Dans un discours rendu ce mercredi à la Brookings Institution, un des think tanks les plus vieux et les plus respectés de Washington, il a déclaré que malgré les réformes, "les plus grosses banques continuent à [...] poser un risque pour l'économie". Il a déclaré que sa banque organisera plusieurs événements pour solliciter et proposer des réformes. Kashkari veut des mesures qui "transformeront" la situation. 

Bien que sa banque n'ait pas encore publié toutes ses idées, Kashkari a donné plusieurs pistes, analysées par Jim Pethokoukis de l'American Enterprise Institute

  • Scinder les plus grosses banques en plusieurs entités plus petites, moins inter-connectées, moins importantes ;
  • Faire des plus grandes banques des services publics en leur imposant des ratios de capitaux propres si élevés qu'elles n'ont presqu'aucun risque d'échouer, avec une réglementation "digne de centrales nucléaires" ; 
  • Créer un impôt sur l'endettement à travers le système financier afin de réduire les risques systémiques.

Comme l'écrit Pethokoukis, le discours de Kashkari a déjà "transformé le débat", en "rallumant" la discussion au sujet de la "prochaine génération" de réformes de la finance. 

De telles mesures seraient accueillies par le monde des grandes banques avec des cris d'orfraies. Il s'agirait pour toute grande banque, soit de la briser en deux, soit de la réglementer si fort qu'elle ne peut plus avoir d'activité rentable ou intéressante. Ce serait une transformation du système financier tel que nous le connaissons. 

Il est également frappant que, plusieurs années après la crise, un homme comme Kashkari, ancien de Goldman Sachs et du sauvetage des grandes banques, aujourd'hui tire la sonnette d'alarme en disant que les banques sont trop grosses et plus dangereuses que jamais...

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par zouk - 01/03/2016 - 12:13 - Signaler un abus GRANDES BANQUES TROP GROSSES?

    Avec son CV, il est difficile d'ignorer les opinons de N. Kashkari. Qui organisera le débat, au niveau planétaire,après l'exposé complet de ses propositions? Cela devrait normalement incomber au FMI, mais qui va le saisir? s'il ne le fait pas lui même

  • Par Texas - 01/03/2016 - 17:27 - Signaler un abus Sans le ...

    ...Plan Volcker de 2008 , tout ce petit monde serait déjà à la rue . L' interéssé s' est quand même recyclé auprès de la FED qui mériterait elle aussi d' être auditée .

  • Par Texas - 01/03/2016 - 20:33 - Signaler un abus Erratum

    Confusion avec le plan Paulson .

  • Par kaprate - 01/03/2016 - 20:56 - Signaler un abus Suspect...

    Difficile d'imaginer que le discours et les positions d'un tel personnage ne soient pas au moins tolérés, au plus favorisés par l'omnipotente Goldman Sachs dont sont issus les principaux dirigeants financiers de la planète, banques centrales comprises. La question est : dans quel but?

  • Par cloette - 02/03/2016 - 07:39 - Signaler un abus Krapate

    en effet , dans un but évidemment interessé !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€