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Ambition et audace pour le Medef, une nécessité réaliste !

Les lecteurs d’Atlantico auront pu lire ces derniers jours des propos bien curieux sur l’élection à la présidence du Medef à laquelle je me présente.

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Ambition et audace pour le Medef, une nécessité réaliste !

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D’un côté, des observateurs insistent sur l’importance d’une profonde modernisation de l’organisation, en particulier sur le paritarisme ou son fonctionnement interne, en estimant à raison que les attentes en la matière sont fortes dans le monde de l’entreprise. De l’autre, ils considèrent que mon positionnement dans cette élection, qui propose justement ces transformations, serait inacceptable pour les électeurs du Medef… Curieuse impasse où ce qui est présenté comme nécessaire et attendu deviendrait en fait impossible.

Je suis candidat pour proposer une transformation majeure de ce que fait le Medef et de ce qu’il est. Mon expertise d’économiste, mon expérience du monde patronal, à la direction générale du Medef et à la direction de l’Afep notamment, et celle que j’ai acquise en entreprise, depuis des fonctions de direction dans des groupes mondiaux jusqu’à la TPE que j’ai créée, m’ont conduit à construire un projet ambitieux, précis et rigoureux. Une première dans une élection à la présidence du Medef. J’ai ainsi présenté il y a quelques jours 55 propositions « pour un nouveau pacte social » (je n’ai pas le sentiment que nos commentateurs en aient pris connaissance…). Et je détaillerai prochainement mes propositions « pour un nouveau Medef ».

Il s’agit d’abord de mettre fin à une anomalie très française issue de l’après-guerre, celle d’un patronat qui gère directement avec les syndicats environ 130 milliards de prélèvements obligatoires sur les salariés et les entreprises du secteur privé, et qui impose à celles-ci des normes très nombreuses en complément de lois pourtant déjà exigeantes. Il me paraît indispensable de mettre fin à cette contradiction entre des discours patronaux demandant à l’Etat plus de libertés, moins de charges et moins de normes, et les actes des mêmes organisations qui cautionnent un système social contraignant et très lourd.

C’est bien ce modèle social français qui est au cœur des difficultés de notre pays. Notre surplus de prélèvements obligatoires et de dépenses publiques s’explique d’abord par un excédent de dépenses sociales publiques, là où nos voisins ont fait bien davantage le choix du facultatif. Je propose en conséquence de renvoyer ce qui ressort de la solidarité à l’Etat, donc au financement par l’impôt au lieu des seules cotisations sociales sur le secteur privé. Et de confier au marché, au libre choix des entreprises et des individus, les quelques points de PIB de dépense sociale que nous sommes les seuls à imposer à tous.

D’autant que les partenaires sociaux sont de très mauvais gestionnaires de ces mécanismes, par incapacité à décider autre chose qu’un plus petit dénominateur commun. La dette de l’Unédic atteint ainsi une année entière de cotisations, et les régimes Agirc-Arrco voient fondre leurs réserves. Les systèmes paritaires sont aussi les champions de l’inefficience, comme l’illustrent une assurance chômage bourrée d’effets pervers, des caisses de retraite complémentaire à la gestion plus coûteuse que le régime général, la gestion d’une partie des fonds de la formation professionnelle par les Opca, un rôle anachronique dans le logement social, des services de santé au travail chers et peu utiles…

 
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Jean-Charles Simon

Jean-Charles Simon est économiste et entrepreneur. Chef économiste et directeur des affaires publiques et de la communication de Scor de 2010 à 2013, il a auparavent été successivement trader de produits dérivés, directeur des études du RPR, directeur de l'Afep et directeur général délégué du Medef. 

Il a fondé et dirige depuis 2013 la société de statistiques et d'études économiques Stacian, dont le site de données en ligne stacian.com.

Il tient un blog : simonjeancharles.com et est présent sur Twitter : @smnjc

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