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Alstom / General Electric : l’abdication française que signe l’accord final malgré l’implication de l’État

L'Autorité des Marchés Financiers vient de dénoncer ce 3 juillet un accord constitutif d'une "action de concert" en violation des règles du droit boursier. Les seules options pour le gouvernement seraient donc d'augmenter la participation au capital de l'entreprise ou d'y revoir son implication stratégique. Un rebondissement peu étonnant qui en dit long sur les modalités de l'accord passé avec General Electric.

Bon pied mon oeil !

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Alstom / General Electric : l’abdication française que signe l’accord final malgré l’implication de l’État

La récente vente d’ALSTOM à General Electric (GE) pose un problème fondamental de souveraineté à notre pays. Crédit Reuters

La récente vente d’ALSTOM à General Electric (GE) pose un problème fondamental de souveraineté à notre pays, tant en matière énergétique que militaire, deux domaines dans lesquels notre indépendance est désormais, il faut bien le dire, révolue.

En matière de turbines pour les bâtiments de surface et les sous-marins de la marine nationale, GE se trouve désormais être un fournisseur en situation de quasi monopole, ce qui rendra notre flotte de guerre très largement dépendante de ses livraisons.

En matière de surveillance de l’espace, nous cédons également la filiale d’ALSTOM Satellite Tracking Systems, qui fournit nos armées - en particulier la Direction du Renseignement militaire (DRM) - et qui contribue à l’efficacité de notre dissuasion nucléaire par la surveillance constante de l’activité et de la position des satellites alliés ou adverses.

Sur le plan du nucléaire civil, nous sommes, par cette vente, totalement entre les mains de GE pour l’approvisionnement de nos centrales en turbines, en pièces de rechange, mais aussi en matière de développement de ces composantes essentielles pour le fonctionnement d’installations nucléaires. Le rachat de cette filiale critique remet directement en cause notre maitrise intégrée de la construction d’une centrale - donc notre autonomie - et nous prive de débouchés export, car ALSTOM est l’un des leaders mondiaux en la matière.

Dans tous ces domaines, nous venons d’abandonner à la fois notre souveraineté, des savoir-faire technologiques essentiels que peu de pays au monde maîtrisent et que nous avons mis des années à construire, et une entreprise rentable qui dispose de débouchés commerciaux indéniables

Pour ceux qui considèrent que « tout cela n’est pas très grave », il convient préciser que désormais les priorités de R&D pour ces composants ne se feront plus selon les critères de la Marine Nationale ou d’EDF, mais selon les priorités de GE décidées outre-Atlantique.

En ce qui concerne plus précisément la filiale Satellite Tracking System, véritable joyau technologique, il est indispensable de bien connaître les enjeux de ce secteur et la logique des entreprises américaines pour comprendre l’intérêt qu’elle revêt pour General Electric. Certes, il ne s’agit pas ici de l’unique motivation, mais elle est néanmoins l’une des principales.

J’en suis d’autant plus convaincu que personne, ni côté français, ni côté américain n’en a parlé. Or un tel silence assourdissant est révélateur. Pourquoi ? Parce que le contrôle de l’espace et notamment des données montantes et descendantes vers les satellites est un enjeu majeur pour les décennies à venir. Cela est stratégique non seulement pour la connaissance des moyens satellitaires adverses, mais aussi pour la protection de notre force de dissuasion. De plus, cela concerne aussi les drones, Google, les télécommunications, etc.

 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 04/07/2014 - 11:59 - Signaler un abus Monsieur le Fonctionnaire dit des choses intéressantes mais

    sans une véritable armée Européenne et bien pas de marché suffisamment grand pour la rentabilité du secteur stratégique d'Alsthom. C'est pas le marché de l'armée Française qui est suffisant pour alimenter un tel secteur.Il fonctionne pour le moment pour Alsthom because les subventions. Mais la France n'a plus d'argent donc plus de subvention et donc mort du secteur. Il suffit de voir le Raffal et bien il est conçu et vendu qu'avec des motorisations SNECMA. Il searit vendu avec des motorisations P.W.et R.R. et bien les débouchés seraient plus grands depuis longtemps et en Europe et autres pays. L’État Français qui l'a subventionné et qui intervient sur ce marché et bien a refusé une telle proposition. D'ailleurs se qui fait vivre Dassault n'est pas le marché du Raffal comme le suppose les incompétents, mais l'aviation civile avec le Falcon qui lui s'adapte avec différentes motorisations et autres services et cela sur le marché mondial dont le plus gros le marche Américain. Chercher l'erreur monsieur le Fonctionnaire.

  • Par Benvoyons - 04/07/2014 - 12:15 - Signaler un abus Je voudrais aussi informer le docteur Fonctionnaire que

    Morpho société Française du Safran est n° 1 aux USA et même dans le monde dans son domaine. Comme quoi si la société était restée que sur le Marché Français en pensant que Franco Français et bien elle ne serait plus. Elle aurait été déjà mangé par un autre groupe. J'ajoute l'ancienne Snecma donc Safran maintenant fabrique des moteurs avec GE pour Airbus et qu'Airbus utilise aussi des concurrents à SafranGe. Les P.W. et R.R pour son marché mondiale. Que Snecma qui était une entreprise Franco Française qui avec l'entente avec GE a ainsi conquis des marchés à l'export. De fait sans cette accord et bien Snecma n'existerait plus. et cerise sur le gateau ne pourrait plus fabriquer les moteurs du Raffale. Et même cette accord permet à la France de garder le prix du moteur du Raffale encore à un prix acceptable. Comme quoi avant d'écrire quelque chose il faut bien étudier les situations.

  • Par vangog - 04/07/2014 - 22:59 - Signaler un abus Alsthom absorbé par GE gagne un

    marché plus large, mais perd le pouvoir décisionnel et l'atout francais en matière de turbines. Denecé est lucide en dénonçant l'extrême naïveté du gouvernement français, incapable de faire accéder ses entreprises à une taille critique Européenne ( d'où l'erreur de subir le marché unique, sans le maîtriser...) et qui tente de récupérer quelques croûtes, après avoir laissé échapper le fromage...

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Eric Denécé

Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

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