Auf Wiedersehen
Et si c'était l'Allemagne
qui sortait de l'Euro ?
Alors que l'avenir de la Grèce au sein de la zone euro paraît incertain, une rumeur toute différente a circulé cette semaine parmi les opérateurs de marché : à en croire un employé de la société britannique De La Rue, l'Allemagne aurait récemment commandé une série d'impressions de Deutschemarks. Simple prudence ou scénario possible ?

L’Allemagne sortira de l’euro si la BCE pratique le péché mortel de la création monétaire. Crédit Flickr/World Economic Forum
Une rumeur non démentie court depuis l’été : l’Allemagne a commandé au britannique De La Rue une impression de Deutschemarks. De La Rue est une société leader mondial de l’impression de billets de banque. La fuite provient d’un employé. Elle a été relayée par la presse britannique.
Lorsque vous déclarez que l’Allemagne pourrait sortir de l’euro, la réponse de votre interlocuteur est invariable : « c’est impossible, l’Allemagne profite de l’euro, l’Europe est son plus gros partenaire commercial, elle n’exporterait plus, blablabla… ».
Avez-vous remarqué que bien des choses réputées impossibles sont récemment arrivées ? Des faillites de banques que l’on vous disait confrontées à une simple crise de liquidité (Lehman Brothers, RBS, Hypo Real Estate, Dexia…) ; des faillites d’États développés : l’Irlande, ce merveilleux Tigre Celtique, le Portugal, la Grèce ; la dégradation des Etats-Unis qui ont perdu leur triple A. Autant d’évènements jugés impossibles seulement un an avant qu’ils ne se produisent.
Les plans de relance, les stress tests, les plans de renflouement et de sauvetage; se succèdent tandis que les autorités politiques se discréditent. Le problème est trop de dette, les autorités pensent que la solution est plus de dette. Le problème s’aggrave. C’est logique.
L’Allemagne aime l’Europe mais pas l’Euro
L’Allemagne est rentrée dans l’Euro par devoir. Après la chute du mur de Berlin et au moment de la réunification du pays, il fallait donner un gage de paix à l’Europe inquiète de la résurrection de la Grande Allemagne.
Ce gage fut l’Euro. Faire la guerre aux gens qui partagent la même monnaie que vous, c’est une guerre civile. La monnaie est un ciment qui dépasse même la langue (voir la Suisse ou le Canada).
Le prix politique de la réunification allemande fut l’euro. Le prix comptable de cette réunification fut de 1 300 Mds d'euros selon l’institut de recherche IWH de Halle qui a fait l'addition en 2009, soit plus de 50 % du PIB de 2008.
La sécession de l’Allemagne ne lui coûterait pas plus cher que sa réunification
La banque UBS a récemment estimé le coût d’une sortie de l’euro de l’Allemagne : l’année de la sécession la facture serait de 6 000 à 8 000 € par Allemand soit 20 à 25 % de perte de PIB, puis de 3 500 à 4 000 € ensuite. Le PIB allemand est d’environ 2 400 Mds d'euros, 25 % de PIB c’est donc 600 Mds d'euros.
La sécession n’est pas si désastreuse. Par comparaison, les engagements de l’Allemagne dans le FESF européen s’élèvent à 348 Mds€ (en direct et en garanties) auxquels s’ajoute une recapitalisation de ses banques. Vous arrivez facilement à 400 Mds d'euros… si tout va bien. Car avec le ralentissement économique, la situation se dégradera très vite.
Sa décision sera politique et pas comptable
Le reste de l’Europe – ses autorités, ses élus et ses citoyens –- doit comprendre que la décision de l’Allemagne ne se fera pas sur cet aspect comptable. L’Allemagne sortira de l’euro si la BCE pratique le péché mortel de la création monétaire. Autrement dit, si elle a recours à la "planche à billets".
Les prises en pension (ou rachats sur le marché secondaire) d’obligations souveraines irlandaises, grecques, italiennes, portugaises… ne sont pas autre chose. Des euros surgissent du néant sans contrepartie de valeur créée. Les prétendus « gels » ou « neutralisations » de la BCE n’existent que sur le papier.
Quelqu’un devra payer un jour cette création monétaire. Personne ne sait pour le moment qui exactement. Mais l’Allemagne dit « pas moi, car je connais le prix ». Souvenez-vous, en 1922, déjà, Rudolf Havenstein, directeur de la Banque centrale allemande, la Reichsbank, justifiait son impression monétaire par « la lutte contre le chômage ».
Le prix politique, l’enchaînement des événements , c’est l’inflation, puis l’hyperinflation, le désordre et le discrédit absolu des autorités, la dictature vue comme seule « force de l’ordre » et la guerre.
Quiconque a des enfants sait que l’expérience n’est pas transmissible. Chacun apprend et murit par ses bêtises. Chaque Allemand a retenu sa leçon, elle est encore fraîche dans les mémoires. Nos faillites, à nous Français, sont trop vieilles (huit faillites dont la dernière remonte à 1812) : nous avons perdu la mémoire.
La Banque centrale européenne adopte la rigueur allemande
Mario Draghi, nouveau gouverneur de la Banque centrale européenne, vient d’adopter une ligne allemande : plus de rachat par la BCE d’obligations des pays en difficulté.
La riposte du milieu bancaire ne s’est pas faite attendre : puisque les obligations souveraines deviennent du crédit subprime, nous n’en prendrons plus. C’est en substance le message de Baudouin Prot, le président de BNP Paribas sur BFM vendredi 4 novembre.
Faute de refinancement possible sur les marchés ou auprès d’une banque centrale complaisante, l’Italie, l’Espagne et même la France sont en route vers la faillite. Les faillis demanderont leur sécession. L’Allemagne n’aura pas besoin de quitter l’euro.
Il restera alors un euro du haut, du nord et un euro du bas, du sud. L’Euro du haut sera peut-être une union monétaire de l’Autriche, de la Finlande et du Danemark autour du nouveau deutschemark imprimé par De La Rue …
Simone Wapler
Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).


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On s'oriente vers cette solution avec le Benelux, l'Autriche et la Finlande. Cela ferait une monnaie très solide. L'Euro resterait pour les PIGS (France comprise).
http://blog.mondediplo.net/2010-03-29-Ce-n-est-pas-la-Grece-qu-il-faut-exclure-c-est-l
les bons élèves vont encore payer pour les mauvais..
Car elle pourrait envisager rentrer dans un groupe d'Union monétaire vertueuse des pays du Nord où les habiles financiers de la City feraient merveille. Sans refinancement possible (bravo Draghi), les pays non vertueux (du Sud) seront forcés(enfin) de prendre des mesures concrètes pour éponger leur dette. La France semble enfin l'avoir compris, mais il lui faudra plus que des sparadraps...
appremment US et UK craignent l'euro, ce genre de rumeur semble un peu grosse ...mais bon
Les allemands ont leurs propres entreprises d'impression de billets de banque, pourquoi iraient-ils voir une firme britannique pour faire des DMarks ?
Je confirme, nous allons très souvent avec ma femme à Neuenburg ou Müllheim faire nos courses, ce qui est nettement plus rentable qu'en France malgré les 70 km aller-retour ! Par exemple, les mêmes articles de "Toys Rus" vous coûteront 25 à 30 % moins cher chez les Teutons, alors qu'il s'agit d'une seule et même enseigne ! Même IKEA Freiburg est 20 à 25 % moins cher qu'IKEA Strasbourg !
@fms est bien naïf de croire que si les Allemands gardent une monnaie forte ils n'arriveront plus à vendre. Dans les années 1960 le mark valait moins d'un franc, quand l'euro a été créé il en valait 3,50! Entre temps nous n'avions cessé de dévaluer et pourtant les prix ont toujours été moins cher Outre-Rhin… et ils le restent: tous les Strasbourgeois (et moi le premier) font leurs courses à Kehl.
Les Britanniques n'en sont pas à ça près !
Il faut dire que l'Euro, monnaie Internationale, les agace
sérieusement....
Les spéculateurs cupides poussent au crime depuis des décennies en faisant élire leurs créatures et autres marionnettes. Quelque soit les étiqauettes le flamby est le même gruau visant à faire prendre des vessies pour des lanternes. Retournéez le masque de Hollande t vous verrez la version couillue de DSK. C'est les mêmes poupées de chiffon à l'intérieur desquelles s'agite la poigne gantée de poin
et les français râleurs auront des voyages a rabais en Grèce
ce n'est pas flamby qui ferait autant d'effort pour sortir de la crise
Parce que la situation économique de la France et l'incurie du personnel politique sont du même niveau que celles de nos voisins Italiens...
L'Euro fort habille très élégamment Mme Merkel et ses concitoyens...
Notre économie cigale a besoin d'une dévaluation pour survivre...
Dans le marasme on verrait la gauche irréaliste appuyée par les syndicats suicidaires (cf. ports, etc.) faire plonger la France dans les abîmes de l'inflation, des dettes avec la planche à billets.
De plus on a perdu beaucoup d'entreprises, la bourse (que faire entre la City et Frankfort ?), etc
laissons les allemands devenir les plus riches du cimetière !
ils font 60% de leur commerce avec les pays européens, sont-ils prêts à devenir non-compétitifs ?
N'y a-t-il aucune autre solution entre pressuriser la population et creuser les déficits ?
Les vieilles recettes monétaristes pour complaire aux financiers perdront le monde occidental.
Si l’Allemagne sort de l'Euro, tôt ou tard une vraie guerre.
l'avenir est aujourd'hui très ouvert donc la sortie de l'Allemagne est possible. Si l'on veut que cela n'arrive pas, il faut que le reste de l'Europe devienne allemande en termes de discipline économique : moins de dette, moins de dépenses, plus de rigueur, plus de compétitivité. Ce dernier point impliquant notamment plus de travail.
Le plus étonnant dans cette aventure européenne, c'est d'avoir vu une Allemagne disciplinée accepter un mariage avec des charlots comme les Grecs, les Italiens ou même nous autres Gaulois ! Peut-être assistons-nous à un retour à la raison ! Dans un mariage, si une entité du couple se barre en couille, il reste une solution pour l'être fort : le divorce ! On a envie d'être Allemand de nos jours !
et leur doctrine du "toujours plus de moyens pour le Public sans tenr compte de l'aspect comptable" car les pays en difficultés sont soit dirgés par des régimes de gauche soit les héritiers d'une dette potentielle énorme incomplètement financé plus des emprunts sans création de richesse pour le remboursement. Cf : Irlande, Grèce, Italie, Espagne, Portugal, France, etc..