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Extra

Bienheureuse Allemagne
qui bénéficie à fond les ballons
de la relance budgétaire
de ses partenaires...

Pourquoi l'Allemagne devrait-elle se soucier de création monétaire ou de grands plans de relance ? Le reste de l'Europe les financent pour elle grâce aux excédents commerciaux qu'elle accumule chaque année! 2ème partie de notre série en deux volets consacrée à la relance économique et budgétaire allemande.

Transitivité

Publié le

Pour lire la première partie de cette contribution sur la relance économique et budgétaire allemande, c'est ici

Au début de la crise de 2008, Angela Merkel, n’était pas du tout enthousiaste pour lancer l’Allemagne dans une politique de relance budgétaire. Elle n’en avait pas besoin ! Il lui suffisait  que les autres pays se lancent dans une relance active quitte à s’endetter. Alors, mécaniquement, par le jeu des importations, c'est-à-dire par le jeu d’une demande adressée aux entreprises allemandes, l’activité industrielle de l’Allemagne serait stimulée mieux encore qu’elle ne l’aurait été si les finances publiques avaient été mises à contribution !

Berlin n'est pas Washington et n'est pas besoin de l'être grâce à ses excédents commerciaux, pourquoi la BCE devrait-elle donc copier la FED et son « Quantitative easing » récurrent ? 

Une politique du type américain ou anglais, les fameux QE (quantitative easing) ne peut pas avoir de sens pour l’Allemagne ! [NDLR : le quantitative easing ou assouplissement monétaire consiste à imprimer de la monnaie supplémentaire] C’est parfaitement superflu ! Pourquoi monétiser de la dette publique alors que l’argent arrive dans les caisses allemandes sous la forme d’un excédent commercial en constant accroissement ?

Elle n’est pas nouvelle, cette hostilité à la création de monnaie par la Banque centrale. Hormis la période peu satisfaisante sur le plan budgétaire et sur le plan du commerce extérieur qu’a été l’unification économique et monétaire des deux parties de l’Allemagne, il n’a jamais été nécessaire pour notre voisin de fabriquer de la monnaie. Elle venait toute seule. Si, parfois les finances publiques étaient déséquilibrées, le financement global était assuré par les excédents de la balance commerciale. La monnaie des autres était  "siphonnée" par la vertueuse Allemagne ! Le besoin en monnaie était assuré par les vertus de l’économie réelle : les grosses voitures vendues aux voisins. Attention "siphonner"  ne s’entend pas uniquement de façon négative. L’argent qui arrive dans les caisses allemandes n’est pas "gelé" comme les dollars qui s’accumulent dans les caisses de la Banque centrale chinoise. Il n’y a pas de "trappe à liquidité", cet argent est effectivement réintégré dans le circuit économique.

Au surplus, le financement de la dette publique est assuré localement ! De même que les Japonais placent leurs économies dans la dette publique japonaise, la part des résidents allemands dans la détention de la dette atteint 46%. Le reste des porteurs et investisseurs en dette souveraine allemande sont en majorité des banques centrales. Ironie de l’histoire : la dette allemande est utilisée par les banques centrales pour placer leurs réserves de change en euro ! Pas la dette espagnole ni la portugaise !  L’euro est pourtant une monnaie à 17 ! Malgré cela, les pays étrangers ne constituent pas leurs réserves sur un panier de dettes souveraines pondérées émises par les 17 membres de l’euro : c’est la dette Allemande qui est préférée (avec la dette française pour être juste). Résidents et non résidents sont si heureux de pouvoir prêter de l’argent à l’Allemagne ! Qui a parlé de monétiser la dette ?

 
Commentaires

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  • Par montfallout - 29/12/2011 - 10:15 - Signaler un abus Ecrivain a sensation !

    Encore un article avec des mots qui frappent, des tournures de phrases qui pirouettent et des réflexions purement spéculatives. Du vent dans l'air du temps, tapons sur la réussite des autres il en restera toujours quelque chose!

  • Par Cassandre - 29/12/2011 - 10:19 - Signaler un abus Malheureuse Europe sans Fédéralisme !

    L'hétérogénéité des pays de la zone euro est claire. Le fait que l'Allemagne ait des excédents extérieurs durables et que d'autres pays comme l'Italie,l'Espagne et à présent la France est un vrai problème dans une union monétaire sans fédéralisme. D'ou les divergences de vue entre la France et l'Allemagne qui font perdurer la crise financière dans la zone euro. Merci de votre attention.

  • Par Cassandre - 29/12/2011 - 10:23 - Signaler un abus Malheureuse Europe sans Fédéralisme

    Il fallait lire"l'Italie, l'Espagne et à présent la France aient des déficits extérieurs durables...." Mais votre article est excellent.

  • Par alankin - 29/12/2011 - 19:31 - Signaler un abus l'Allemagne peut bomber le torse mais ce n'est que temporaire

    son commerce extérieur est déficitaire en dehors de la Zone Euro. -20 MDE pour l'allemagne avec la Chine, en France on a le même chiffre. Autrement dit, sa "vertu" provient de nos déficits. Si on prend la balance commerciale de la Zone Euro, celle ci est à l'équilibre. l'Allemagne n'a rien d'un modèle. Il y a peu de chômage chez eux parce qu'il n'y a pas de smic, des salaires horaires à 3 E! super

  • Par alankin - 29/12/2011 - 19:36 - Signaler un abus NS aura été le pire défenseur de la Zone Euro en cédant

    aux allemands. Un excédent Allemand en Zone Euro se compense à somme nulle par un déficit en France. pour la monnaie, le critère est la balance commerciale hors Zone Euro, seul ce chiffre devrait compter. Aux USA, entre les états, les deficits sont compensés par les éxcédents, le tout sous la bannière du $. donc, traiter les états independamment, c'est de la pure fiction.

  • Par brennec - 31/12/2011 - 09:54 - Signaler un abus bof

    "le financement de la dette publique est assuré localement ", rien d'étonnant si les allemands ont plus confiance dans leurs politiciens que les français en les leurs. Quand au fédéralisme européen, on ne peut pas se plaindre de la domination allemande et souhaiter en avoir un peu plus.

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Pascal Ordonneau

Pascal Ordonneau est l'ancien patron du marketing chez Citibank, ancien Directeur général des groupes Crédit Lyonnais et HSBC.

Il a notamment publié La désillusion, abécédaire décalé et critique de la banque et de la finance, paru aux éditions Jacques Flament en 2011.  Il publie également "Au pays de l'eau et des dieux"

Il tient également un blog évoquant les questions économiques et financières.

 

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