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Alerte aux ouragans monstres : ces zones où l'on ne pourra plus vivre comme avant

Après le cyclone Harvey, c'est au tour d'Irma de frapper les Caraïbes, le golfe du Mexique et la façade est des Etats Unis. Des événements qui semblent de plus en plus fréquents et violents.

Changements climatiques

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Alerte aux ouragans monstres : ces zones où l'on ne pourra plus vivre comme avant

Atlantico : après le cyclone Harvey, c'est au tour d'Irma de frapper les caraïbes, le golfe du Mexique et la façade est des Etats Unis. Des événements qui semblent de plus en plus fréquents et violents. Comment anticiper l'avenir de ces régions ? Ces zones pourront elles continuer à être habitables ? Ou, à l'inverse, ces zones doivent être "restructurées" pour permettre à ses habitants de mieux face à ces situations ?

Isabelle Thomas : Cette première question est très importante, car elle vise un enjeu plus global. On a créé, malheureusement, par nos types d'aménagements, des problèmes que nous devons résoudre. Pourquoi? Parce que premièrement, démographiquement, nous nous concentrons de plus en plus dans les zones côtières, sur les trajectoires des ouragans. Ou même sur les fleuves. Malheureusement, il y a une concentration de la population dans ces zones très vulnérable. Le deuxième point, c'est qu'on a construit des infrastructures qui ne sont pas adaptées aux enjeux qui arrivent.

On n'a pas d'abri, on n'a pas de systèmes de protection où les gens peuvent se réfugier. On a quand même des houles avec des creux qui dépassent 12 mètres. Des bâtiments, censés permettre à la population de se réfugier, qui ont cédé. Le problème, c'est celui de l'anticipation. On n'anticipe pas ces catastrophes. Le passage des ouragans sur les Caraïbes, on sait que ça se renforce. Le problème, c'est qu'il faut accepter que l'on a déréglé le climat. Que les changements climatiques sont bien réels. Il faut maintenant faire de la prévention. Et cette prévention s'est parfois faite dans les pays développés. Mais lorsque l'on regarde à Houston, on n'a pas eu de plan d'évacuation organisé. On se rend compte aussi que dans les petites villes, la population est coincée. Et là, on a des problèmes pour la protéger, et l'évacuer. Ainsi, la solution, le dernier recours, c'est le repli. De demander de ne pas se reloger dans ces zones, et de laisser la place pour l'eau. On a très bien vu des citoyens, avec l'aide de l'Etat, qui ont décidé de ne pas reconstruire. Maintenant, on se rend bien compte que c'est extrêmement complexe, et qu'on a un besoin de reconstruire la ville sur elle-même. Mais il faut le faire avec des principes et un changement de paradigme. C'est le sujet du livre que je viens de publier : "la ville résiliente, comment la reconstruire"? Et dans un des chapitres, il y a l'exemple de Romorantin où le quartier Matra a été conçu comme un affluent de la rivière. Donc l'objectif est bien de reconstruire ces villes, avec des plans d'évacuations et des habitats adaptés. Il faut concevoir les quartiers et bâtiments de manière complètement différente. Mais il faut d'abord une éducation majeure de la population sur l'acceptation des changements climatiques. L'objectif est de dire que non seulement elles doivent être restructurées à l'échelle du bâtiment et du quartier. Il faut absolument concevoir des habitats qui laissent passer l'eau, sur pilotis. C’est-à-dire qu'on surélève le bâtiment, on n'utilise pas le sous-sol. Au niveau du quartier, il faut vraiment réfléchir d'une manière résiliente. Donc on construit pour laisser passer l'eau. On peut construire des quartiers comme des affluents, où on laisse passer la mer. Il faut aussi penser à un plan d'évacuation. Il faut que la population sache où aller pour se protéger. Qu'elle ne reste pas coincée chez eux. Ensuite, cela demande aussi un travail au niveau du bassin versant. On se rend compte à Haïti qu'on a quand même une demi-ile totalement dévastée. On n'a pas vraiment protégé la nature. L'explosion démographique de Port-Au-Prince fait que c'est vraiment difficile de faire des constructions résilientes. A partir de là, il faut changer de paradigme. Et ça, ça demande des nouvelles modèles de constructions.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 08/09/2017 - 00:25 - Signaler un abus Les ouragans, tornades, éruptions...

    ont toujours existé, mais les bobos en étaient protégé médiatiquement par le petit cocon douillet de la ceinture peri-urbaine...Aujourd'hui que ces benêts se cherchent désespérément une cause à défendre, ils se ruent sur le catastrophisme climatique et écologiste. Les autres humains, non protégés par ce cocon douillet, ont toujours su se défendre contre les catastrophes climatiques et n'ont jamais eu besoin de l'avis des bobos pour construire des murs épais, des rues étroites protégées de la brûlure du soleil, des systèmes anti-cycloniques naturels...à chaque catastrophe climatique, réapparaissent les bobos savants, qui croient régenter les vies des sans-dents, leur expliquant comment tout faire pour éviter les catastrophes climatiques..."Ne vous fatiguez pas les bobos, et retournez à votre cocon douillet, car vous ne remplacerez jamais l'expérience des anciens!"

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Isabelle Thomas

Isabelle Thomas est professeur d'urbanisme à l'Université de Montréal, spécialiste des zones exposées aux risques naturels, présente à la Nouvelle Orléans lors du passage de l'ouragan Katrina.

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Daniel Chérubin

Daniel Chérubin, étudiant en deuxième année de maitrise en Urbanisme à l’université de Montréal et chargé de recherche sur un projet de reconstruction viable de Port-au-Prince, financé par l’Union européenne sous la direction d’Isabelle Thomas. 

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