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Alerte aux déchets spatiaux : pourquoi tout ce qui n’est pas géré aujourd’hui risque de ne plus du tout l’être demain

Il n'y a pas que sur Terre que la pollution est problématique. Les déchets spatiaux qui gravitent autour de la planète sont la source de très nombreuses inquiétudes.

Wall-E

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Alerte aux déchets spatiaux : pourquoi tout ce qui n’est pas géré aujourd’hui risque de ne plus du tout l’être demain

Atlantico : A l'avenir, les scientifiques travaillant sur la conquête de l'espace devraient rencontrer un problème de taille : celui de la quantité très importante et croissante de déchets spatiaux orbitant autour de la Terre. On parle aujourd'hui de 500.000 débris moins gros qu'une bille et 20.000 plus gros qu'une balle de tennis, tous issus des fusées ou satellites envoyés dans l'espace ces 50 dernières années. Pourquoi ces débris deviennent-ils particulièrement problématiques ?

Olivier Sanguy : Les débris sur orbite sont potentiellement dangereux en raison de leur vitesse relative. En théorie, un débris qui est sur orbite tourne autour de la Terre à la même vitesse qu'un objet satellisé, par exemple la Station Spatiale Internationale (qui est à 400 km d'altitude) soit environ 28000 km/h. Donc, s'ils vont dans le même sens, la collision n'a pas lieu ou n'a pas de conséquences notables. Mais autour de la Terre, les objets ne suivent pas forcément les mêmes orbites : certaines passent par les pôles, d'autres sont peu inclinées par rapport à l'équateur, etc.

Dès lors, il y a une vitesse relative importante. Imaginez-vous sur une route à 90 km/h. La voiture derrière vous ne représente pas de danger si elle est à la même vitesse que vous (j'exclue l'hypothèse où vous freinez), mais celle qui arrive à un carrefour sur votre gauche ou votre droite causera un grave accident si elle vous percute. La situation est semblable pour les débris. De plus, certains peuvent être sur orbite rétrograde, c'est à dire en sens inverse des orbites courantes. En raison de l'importance des vitesses relatives en jeu (on parle de vitesses de l'ordre de 20000 à 50000 km/h !), un petit débris peut entraîner de gros dégâts.

L'agence spatiale française, le CNES, explique ainsi qu'un objet de 1 cm aura la même énergie qu'une voiture de type berline lancée à 130 km/h ! Les satellites sont généralement conçus pour résister aux impacts de débris jusqu'à 1 cm. De plus, les systèmes de surveillance radar détectent sans trop de problème ceux de 10 cm ou plus sur orbite basse (l'orbite de l'ISS et de la plupart des satellites d'observation de la Terre). On voit donc qu'il y a donc un "trou" dans cette logique de protection entre les débris suffisamment gros pour être repérés, et pour lesquels ont peut prévoir une manœuvre d'évitement, et ceux assez petits pour être stoppés par les protections. Pour le moment, les cas de satellites mis hors service par la faute de débris restent heureusement extrêmement rares. Mais il est clair que si les débris se multiplient, les pannes causées par les collisions augmenteront au point peut-être un jour de devenir un réel problème. C'est cette situation que les agences spatiales veulent éviter. Maintenant avant de continuer, lorsqu'on parle de pollution orbitale, il faut comprendre qu'on ne met pas en danger la nature là-haut ! Ce qu'on risque, c'est de se priver de la possibilité d'exploiter l'orbite terrestre ! Toutefois, il n'y a pas à proprement parler de loi internationale imposant des normes strictes en la matière avec sanctions à la clé. Le CNES souligne ainsi que la France est le seul le pays à avoir une loi sur les débris spatiaux.

 
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Olivier Sanguy

Olivier Sanguy est spécialiste de l’astronautique et rédacteur en chef du site d’actualités spatiales de la Cité de l’espace à Toulouse.

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