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Alabama : défaite cinglante de Donald Trump au plein coeur de son électorat

C’est donc au milieu de ses terres, là où il compte les plus fidèles de ses fidèles que Donald Trump a subi indirectement la plus sévère des défaites. Le siège en jeu était celui de Jeff Sessions, qui a dû le laisser après avoir été nommé ministre de la Justice dans le gouvernement Trump.

Victoire des démocrates

Publié le
Alabama : défaite cinglante de Donald Trump au plein coeur de son électorat

Dans cet Etat de l’Alabama, les électeurs ne s’étaient pas tournés vers les démocrates depuis 1992, et celui qu’ils ont élu cette année-là n’était même pas resté démocrate bien longtemps puisqu’il avait changé d’étiquette deux ans plus tard, lorsque les républicains avaient pris le contrôle du Congrès. Le sénateur qui avait alors été choisi était Richard Shelby, qui est toujours le deuxième sénateur à ce jour mais qui a appelé à voter pour un autre candidat que son camarade de parti : n’importe quel nom pouvait convenir.

Il demandait à ce que l’on raye celui de l’ancien juge, trop controversé, et que les électeurs écrivent un autre nom à la place, comme la loi permet de le faire aux Etats-Unis, parce que « l’Alabama mérite mieux ». Ses espoirs auront donc été satisfaits : les électeurs ont mis fin à la domination républicaine avec un petit peu moins de 20 000 voix. La course a toutefois été serrée : le candidat démocrate a finalement recueilli 49,5 % des votes alors que son challenger n’a pu atteindre que le score de 48,8 %. On sait déjà que le vote blanc n’a pas beaucoup varié, en réalité, mais qu’une incroyable mobilisation de l’électorat afro-américain a permis un tel bouleversement dans cette région du sud des Etats-Unis.

Ce scrutin est surtout un cuisant revers pour le président Donald Trump, qui s’était très fortement impliqué et avait appelé ses partisans « à sortir et voter Roy Moore », comme il leur demandait voici à peine quelques jours lors de son meeting à Pensacola, en Floride. Car si le juge Moore est une personnage controversé, il était l’homme le plus à même de permettre la poursuite de son programme électoral, répétait le locataire de la Maison-Blanche. C’est aussi une défaite pour Steve Bannon, l’ancien conseiller très proche de Donald Trump et chef de file de l’Alt-right, dont la présence aux côtés du perdant de la soirée a été très forte et très voyante. La veille du scrutin, il tenait encore un meeting avec lui et s’en était même pris à la propre fille du président : « il y a une place spéciale en enfer pour les républicains qui ne votent pas pour Roy Moore » avait-il déclaré en écho à la phrase d’Ivanka, qui avait promis le même destin à ceux qui, au contraire, voterait pour lui.

La réaction de Donald Trump a été très rapide, dès l’annonce du résultat. Il a reconnu la défaite républicaine et félicité Doug Jones par un tweet sur son compte officiel, rappelant que la bataille électorale avait été dure et soulignant qu’« une victoire est une victoire ».

Roy Moore, de son côté, n'a pas reconnu sa défaite et a appelé à un recomptage : « Quand le vote est aussi serré, ce n'est pas terminé », a-t-il dit dans une courte intervention devant ses supporters à Montgomery. Pourtant, il n’y a quasiment aucune chance qu’il obtienne satisfaction car la loi de l’Alabama ne permet pas de recompter lorsque l’écart est supérieur à 0,5%. « Nous attendons un signe de Dieu », a également dit celui qui a toujours placé sa foi au-dessus de toutes ses convictions.

 
Commentaires

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  • Par A M A - 13/12/2017 - 10:19 - Signaler un abus Les républicains, qui

    Les républicains, qui détenaient 52 des 100 sièges au Sénat avant l'élection d'aujourd'hui, ne comptent plus qu'un seul siège de majorité. Il n’a donc plus qu’une seule voix d’avance pour faire passer ses textes législatifs alors que c’était déjà tellement difficile lorsqu’il en comptait deux. Ce qui s'appelle une défaite cinglante d'après ce Monsieur Branaa. Le curieux phénomène c'est de constater que tout ceux qui en Europe se proclament spécialistes des Etats-Unis manifestent contre Trump une hostilité systématique absolument déconcertante.

  • Par assougoudrel - 13/12/2017 - 12:08 - Signaler un abus Les résultats étaient serrés et

    question idées entre le démocrate et le républicain, il n'y avait aucune différence, car tous deux des puritains absolus.

  • Par kelenborn - 13/12/2017 - 16:31 - Signaler un abus OUI

    Qui était le grand spécialiste qui, hier, nous annonçait le contraire ? Oh ce doit être Sylvestre qui fait les prévisions!!!! Encore heureux que l'on n'ait pas droit à Bacharan !!!

  • Par Deudeuche - 13/12/2017 - 19:18 - Signaler un abus @assougoudrel

    Oui Doug est un outsider chez les démocrates. Puritain venants de Français est à prendre comme un compliment, connaissant la propension à tout relativiser, dénigrer ou ricaner de tout. Le pouritanisme français?

  • Par Liberte5 - 13/12/2017 - 22:29 - Signaler un abus Une défaite qui complique la situation....

    qui déjà était compliquée. Avec 52 voix soit 2 voix d'avance les choses étaient difficiles. C'est dire que les Républicains ont depuis longtemps été limite et cela à cause d'une ligne politique sans cohérence. Il est clair que D. Trump rame souvent à contre courant. De là à dire qu'il s'agit d'une défaite cinglante, c'est aller vite en besogne. Le combat continue.

  • Par ikaris - 14/12/2017 - 11:23 - Signaler un abus Défaite cinglante ?

    Pour une fois le titre et le texte sont en accord mais je ne vois pas ce qu'il y a de ci "cinglant" à être défait avec un candidat qui a eu droit à un déballage de cadavre dans le placard au dernier moment et qui a perdu avec des poussières de pourcentages ... par contre M Brannaa montre bien ce qu'il y a d'embarrassant du point de vue législatif. Dans un pays ou la mobilisation électorale est (me semble t il) plutôt faible il y aurait peut être lieu d'épiloguer sur les succès du parti démocrate à mobiliser au nom du "camp du bien'. Ca serait bien également qu'on nous décrive un peu la mobilisation dans les assemblées législative ... notre référence c'est la France avec ses votes avec 1/5 ème des effectifs mais avec une logique partisanes très marquée.

  • Par jurgio - 14/12/2017 - 14:13 - Signaler un abus Il n'est jamais bon dire brusquement sa vérité

    et quelques candidats américains devraient faire un stage en France pour apprendre comment se déguiser.

  • Par vangog - 15/12/2017 - 01:44 - Signaler un abus Grosse mobilisation du vote communautariste noir...

    la revanche des communautés, après la défaite d’Hilarious...

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

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