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Al-Qaida toujours aussi dangereux seize ans après le 11 septembre 2001 ?

Seize années ont passé après les terribles attentats du 11 septembre 2001. La guerre contre le terrorisme lancée par le président G.W. Bush a laissé espérer que l’organisation Al-Qaida « canal historique » avait été si considérablement affaiblie que la nébuleuse ne représentait plus un risque majeur pour la planète.

16 ans

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Ailleurs, Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) a fait de même en s’agrégeant à d’autres groupes pour former le Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin, « Le Groupe pour le soutien de l'islam et des musulmans ». Iyad ag Ghali, l’émir d’Ansar Dine, en a été habilement désigné comme le chef car il n’est pas membre d’AQMI. Cette coalition a lancé en 2016 plus de 250 attaques au Sahel.

Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) gagne en importance au Yémen avec 4.000 hommes et Al-Qaida est présent aux côtés des talibans en Afghanistan dans à peu près la moitié des provinces. Les Shebabs en Somalie sont forts de 7.000 militants qui dépendent toujours d’Al-Zawahiri.

Mais si les autres groupes alliés ont souvent des objectifs plus « nationalistes », Al-Qaida « canal historique » reste « internationaliste » avec comme objectif final la création d’un califat mondial. Il n’a pas renoncé aux attentats terroristes même s’ils ont été peu nombreux jusqu’à présent (en dehors des zones de guérilla décrites plus avant(3)).

A titre d’exemple, les volontaires étrangers ont été « invités » à participer à la guerre en Syrie, non pas parce que Al-Qaida a besoin d’eux, il a assez de combattants, mais dans l’optique de les former pour un retour à domicile pour ensuite y bâtir des cellules clandestines. Selon les propres mots de Hamza Ben Laden, l’un des fils du leader défunt, les « loyalistes doivent frapper les juifs, les Américains, les Occidentaux et les Russes ». A remarquer qu' Al-Zawahiri fait une véritable fixation sur les Etats-Unis où il aimerait bien renouveler de grandes opérations terroristes. Le fait que cela ne soit pas encore arrivé ne veut pas dire qu’elles ne sont pas en gestation.

Seize ans après le 11 septembre 2001, les salafistes-djihadistes d’Al-Qaida « canal historique » et Daech restent persuadés qu’ils triompheront un jour, même si cela doit prendre plusieurs générations. Leur idéologie de retour à l'islam des origines continue à se propager insidieusement au sein des populations musulmanes sans que les autorités religieuses ne semblent être à même de faire grand-chose car elles sont aussi remises en question. Dans un message récent, un djihadiste français contestait la légitimité des imams officiels en Europe. Ce qui serait terrible, c’est si les deux organisations parvenaient à des accords pour mener des actions communes. C’est ce qui risque d’arriver si Abou Bakr al-Baghdadi était neutralisé car le différent personnel qu’il entretient avec al-Zawahiri tomberait de lui-même.

 
Commentaires

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  • Par xenophon - 13/09/2017 - 16:29 - Signaler un abus Quel ennemi?

    Al qaïda, Daesh, l'islamisme politique? Cette approche globale permet de donner aux politiques un appui argumentaire pour prendre des mesures spectaculaires, comme Sentinelle par exemple en France où l'état d'urgence est décrété à grand bruit, à grand renfort de caméras, écoutes, n....attentats déjoués, c'est à dire intention d'attentats possible.. Mais le terrorisme qui nous concerne n'est pas à ce niveau! Un bonhomme loue un camion et fonce dans la foule en tuant 86 personnes. Aucun indice précurseur. C'est à ce type d'action auquel nous sommes essentiellement confrontés. Et la réponse est difficile à trouver, même par une accroissement de moyens "modernes". Après l'attentat, "On connaissait ce fiché S, mais pas assez de charges. On aurait pu...". Mais ceci est une autre histoire: la Justice est insensible aux "intentions" sans preuves matérielles. Peut-être heureusement d'ailleurs! Mais alors, quel est le coût véritable des Droits de l'Homme?

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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