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Lundi 23 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
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Airbnb, le grand méchant qui chagrinait tant la mairie de Paris

Posséder un bien, en France, fait immédiatement de vous un nanti, un riche, un propriétaire ventripotent. Si, par quelque malice torve d’un destin crapuleux, vous poussez le vice jusqu’à louer votre bien au lieu d’y séjourner, fortes sont les chances que vous ne soyez qu’un de ces méprisables vendeurs de sommeil. Et si ce n’est pas le cas, vous mériterez de toute façon le pal fiscal et la taxe vexatoire.

Collectivisme

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Point de surprise ici. Après tout, le collectivisme, c’est à ça qu’on le reconnaît : réclamer encore plus de quelque chose qui ne marche pas, sous le prétexte judicieux que si ça ne marche pas, c’est qu’on n’en a pas fait assez. 

Malheureusement pour le petit Ian et sa clique de ponctionnaires avides de tout régenter, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Une partie de moins en moins petite de la population commence à se lasser des vilenies et du flicage fiscal permanent que les kapos municipaux entendent faire régner dans la Capitale.

Ainsi, il est normalement obligatoire pour les propriétaires souhaitant louer leur bien de s’inscrire sur le magnifique site web 2.0 mis à disposition gratuitement avec vos sous par la mairie de Paris. Pourtant, sur plus de 100.000 biens en location disponibles dans la capitale, seuls 11.000 propriétaires ont fait la démarche.

Le petit Ian est tout frippé : « Le chiffre est insatisfaisant » maugrée-t-il dans un souffle, tout en pensant très probablement « Mais on les aura, ces gros bourgeois capitalistes ! »…

Ce qui, là encore, pourrait occasionner quelques problèmes puisqu’à mesure que les étatistes de son acabit tentent de nouvelles formes de ponction, le marché et les individus rivalisent d’ingéniosité pour contourner leurs gros doigts trop préhensiles.

Alors qu’AirBnB a déjà joué un rôle certain dans la bousculade des prix immobiliers dans la Capitale, allant jusqu’à remettre les pendules à l’heure en matière de services hôteliers, c’est encore une fois la firme américaine qui provoque des petits hurlements stridents chez les thuriféraires du Consentement À l’Impôt : depuis quelques temps, les bailleurs passant par leur plateforme peuvent disposer d’une carte de paiement Mastercard Payoneer qui fonctionne comme une simple carte de débit avec les loyers collectés, lorsque l’option est ainsi choisie par le bailleur. La carte étant émise hors de France, ceci veut dire qu’une partie de ces loyers et de ces dépenses ne sont pas visibles par l’administration fiscale française ou Ian Brossat qui se rejoignent alors pour entamer un chœur de pleureuses taxatoires maltraitées.

Au demeurant, la firme agit ici comme beaucoup d’autres (Amazon, Alibaba dans le monde et Abritel ou CDiscount en France) qui ne font que proposer un service pratique pour leurs clients. Charge à ces derniers de rester dans la légalité et de déclarer ce qui est dû au fisc. Ce qui, dans la bouche de notre Brossat de combat, se transforme évidemment en :

 

« Airbnb incite ses hôtes à faire de l’évasion fiscale en localisant leurs revenus dans une banque située à Gibraltar.(…) Je pense que Bercy gagnerait à regarder tout cela et à vérifier ce qu’il est possible d’entamer comme démarche, parce qu’on parle quand même de milliers et de milliers d’euros, sans doute beaucoup plus, qui échappent totalement au fisc français »

 
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H16

H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

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