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Afghanistan : ces raisons qui expliquent le maintien des forces américaines décidé par Donald Trump

Contrairement à ses engagements de campagne, le président américain a annoncé le renforcement des troupes américaines à Kaboul.

Girouette ?

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Les critiques se font ainsi particulièrement vives quand il s'agit de constater que cette notion de la reconstruction politique n’a jamais pris en compte ce que les anglo-saxons appellent une « exit seeking strategy », à savoir un « but final recherché » ou plus prosaïquement une stratégie de sortie de crise, ni suffisamment pris en considération la notion du temps long. D'où l’émergence d’une réflexion autour d’un engagement dans la longueur, à l’instar de la présence depuis plus de 50 ans de troupes américaines en Europe ou encore en Corée.

Donald Trump a ainsi évoqué, à l’occasion de son discours de Fort Myer, un « commitment for a sustainable military presence ». Ce changement de nature des missions dévolues au contingent américain, donne à Washington des arguments de poids (sur le plan diplomatique et militaire) coupant quelque peu l’herbe sous le pied des voisins chinois, pakistanais, indiens, russes et iraniens, qui ne rêvent que d’offrir leurs services.

Il convient d’ailleurs de garder en tête que depuis 2001, ce sont 31 000 Afghans qui sont décédés. Depuis 2016, ce sont 11 500 civils afghans, dont 1/3 sont des enfants, qui ont été tués ou blessés, faisant de l’année 2016, l’année la plus meurtrière depuis 2009.

C’est d’ailleurs ce contexte « sécuritaire » tendu qui permet de relativiser quelque peu l’affirmation présidentielle américaine de lundi dernier, selon laquelle il convient d’« apprendre de l’histoire » ou encore de « ne pas commettre les erreurs commises » par Barack Obama. Le chemin vers la stabilisation reste encore long. Le processus électoral qui verra les Afghans élire leur président en 2018 devrait ainsi confirmer que l’Afghanistan, ne peux hélas toujours se débrouiller seul pour assurer sa sécurité.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 23/08/2017 - 19:30 - Signaler un abus Afghanistan

    Je ne sais pas trop ce que font les Américains (et les autres) dans ce pays mais il ne semble pas que ce soit très efficace, sinon ce serait fini depuis longtemps.

  • Par Liberte5 - 24/08/2017 - 14:58 - Signaler un abus En cas de retrait, les islamistes ou les talibans

    prennent le pouvoir. Et alors que risquons-nous? Il est curieux que cette hypothèse ne soit pas analysée par des experts.

  • Par lémire - 11/09/2017 - 11:10 - Signaler un abus infos manquantes

    a) Pertes des Talibans et autres : la presse occidentale ne semble pas s'en préoccuper dans ses "analyses", ni connaître la notion de guerre d'attrition. b) Montant des aides au Pakistan, évolution dans le temps, possibilités de sanctions. On parle beaucoup du Qatar, un peu de l'Arabie, trop peu du Pakistan. Imagine-t-on que les "démocrates" du pays sont nos amis ? c) 31000 ou 310000 Afghans ? Moins que pendant l'intervention soviétique ? d) Iraniens, Indiens, Russes ne sont pas une alternative crédible ; laisser faire le Pakistan serait capituler devant les Talibans et encore renforcer les extrémistes pakistanais, mais quels seraient les inconvénients de laisser les Chinois s'impliquer ? Ca ferait de la peine aux Indiens ? e) Différences entre les islamistes au pouvoir actuellement et les talibans ?

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Emmanuel Dupuy

Emmanuel Dupuy est président de l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe). Spécialiste des questions de sécurité européenne et de relations internationales, il a notamment été conseiller politique auprès des forces françaises en Afghanistan. Il est secrétaire national chargé des questions défense de l'UDI.

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