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Afghanistan : ces raisons qui expliquent le maintien des forces américaines décidé par Donald Trump

Contrairement à ses engagements de campagne, le président américain a annoncé le renforcement des troupes américaines à Kaboul.

Girouette ?

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Afghanistan : ces raisons qui expliquent le maintien des forces américaines décidé par Donald Trump

Atlantico : Dans un discours prononcé le 21 août à Fort Myers, Donald Trump semble avoir opéré une volte face en comparaison avec ses promesses de campagne, parmi lesquelles il renonçait le retrait des troupes américaines d'Afghanistan. Comment interpréter ce revirement du point de vue du rapport de force engagé entre Donald Trump et son administration, et les cadres de l'armée américaine ?

Le discours prononcé lundi dernier, par le Président américain à Fort Myer, en Virginie, devant un parterre de militaires issu de toutes les composantes des forces armées américaines, peut sembler en effet, comme un revirement à 180 degrés, notamment si l’on se souvient que le 20 janvier dernier, soit quelques jours après son entrée en fonction, ce dernier n’hésitait pas à répéter que contrairement à son prédécesseur, il n’enverrait pas un soldat de plus en Afghanistan.

Néanmoins, ce discours confirme les inflexions principales réclamées par le « quarteron »  de généraux (le Secrétaire à la Défense, John Mattis, le nouveau chef de cabinet de la Maison Blanche, John Kelly, le Conseiller à la Sécurité national, Herbert Raymond McMaster, auquel s’ajoute le général John Nicholson, qui commande le contingent américain en Afghanistan). Tout semble s’être joué le week-end précédent, à l’occasion du séminaire tenu à Camp David. Durant celui-ci, le camp des « idéologues » , parfois mentionnés comme les nationalistes identitaires, partisans d’un repli d’Afghanistan, représentés notamment par Steve Bannon et le directeur de la CIA, Mike Pompeo, n’a pu faire valoir ses arguments en faveur d’un repli pur et simple d’Afghanistan. 

Faisant fi des critiques quant aux résultats « mitigés » concernant l’efficacité de la présence américaine sur le terrain depuis 16 ans (2400 soldats américains tués, 20 000 blessés, 800 milliards de dollars dépensés dont 110 milliards dans des projets de reconstruction, fortement soumis à interrogation quant à leur portée), le Président américain a décidé de renforcer de 3900 soldats supplémentaires, l’actuel contingent de 8400 soldats - actuellement répartis dans plusieurs bases à travers le pays - Bagram, Kandahar, Jalalabad, Gardez, Laghman et à l'aéroport militaire de Kaboul.

Au-delà, ce dernier en indiquant quels seraient les contours de la nouvelle « Stratégie pour l’Asie du Sud », nous livre également quelques signaux intéressants sur un possible changement de paradigme quant à la nature et la philosophie de l'interventionnisme américain.

Plusieurs enseignements peuvent ainsi être tirés des propos du Président américain. Le premier élément frappant reste le « narratif » employé par Donald Trump. Volontiers sur le registre du pragmatisme stratégique, notamment quand ce dernier évoque la « recherche d’un résultat honorable et durable, au regard des efforts consentis », Donald Trump semble indiquer clairement qu’il entend que le fardeau de la lutte contre le terrorisme soit désormais partagé par les alliés des Etats-Unis. On se souvient, dès lors, qu'il n’avait pas dit autre chose, le 25 mai dernier, lors de l’inauguration du nouveau siège de l’Otan à Bruxelles.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 23/08/2017 - 19:30 - Signaler un abus Afghanistan

    Je ne sais pas trop ce que font les Américains (et les autres) dans ce pays mais il ne semble pas que ce soit très efficace, sinon ce serait fini depuis longtemps.

  • Par Liberte5 - 24/08/2017 - 14:58 - Signaler un abus En cas de retrait, les islamistes ou les talibans

    prennent le pouvoir. Et alors que risquons-nous? Il est curieux que cette hypothèse ne soit pas analysée par des experts.

  • Par lémire - 11/09/2017 - 11:10 - Signaler un abus infos manquantes

    a) Pertes des Talibans et autres : la presse occidentale ne semble pas s'en préoccuper dans ses "analyses", ni connaître la notion de guerre d'attrition. b) Montant des aides au Pakistan, évolution dans le temps, possibilités de sanctions. On parle beaucoup du Qatar, un peu de l'Arabie, trop peu du Pakistan. Imagine-t-on que les "démocrates" du pays sont nos amis ? c) 31000 ou 310000 Afghans ? Moins que pendant l'intervention soviétique ? d) Iraniens, Indiens, Russes ne sont pas une alternative crédible ; laisser faire le Pakistan serait capituler devant les Talibans et encore renforcer les extrémistes pakistanais, mais quels seraient les inconvénients de laisser les Chinois s'impliquer ? Ca ferait de la peine aux Indiens ? e) Différences entre les islamistes au pouvoir actuellement et les talibans ?

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Emmanuel Dupuy

Emmanuel Dupuy est président de l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe). Spécialiste des questions de sécurité européenne et de relations internationales, il a notamment été conseiller politique auprès des forces françaises en Afghanistan. Il est secrétaire national chargé des questions défense de l'UDI.

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