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Les affaires courantes, et le reste… Les deux scénarios très noirs qui pèsent sur la fin du quinquennat Hollande

Alors que les cinq prochains mois du gouvernement seront forcément marqués par les échéances électorales à venir en 2017, la menace terroriste et le risque de crise financière au sein de la zone euro pourraient bien plomber la fin du quinquennat de François Hollande.

François renonce, le reste du monde continue de tourner

Publié le - Mis à jour le 9 Décembre 2016
Les affaires courantes, et le reste… Les deux scénarios très noirs qui pèsent sur la fin du quinquennat Hollande

Atlantico : Alors que l'agenda politique des cinq derniers mois du quinquennat de François Hollande sera inévitablement tourné vers l'élection présidentielle à venir, l'hypothèse de voir une ou plusieurs attaques terroristes se dérouler sur notre territoire est-elle crédible selon vous ? Comment cela pourrait-il arriver ?

Alain Rodier : J’espère de tout cœur me tromper mais je pense que des actions terroristes sont non seulement possibles mais inévitables dans les prochains mois, si ce n’est dans les semaines à venir. Tous les éléments d’alerte sont au rouge : menaces réitérées et très claires (dont beaucoup en français) sur les réseaux sociaux, déclarations de haine de notre société par des résident(e)s, désir de venger les combattants qui sont actuellement en difficulté sur le front syro-irakien et en Libye, etc. A noter que nous ne sommes pas les seuls menacés, loin de là, car tous ceux qui participent à la coalition anti-Daech sont considérés comme des cibles potentielles (1).

Les actions peuvent provenir de deux sources :

  • des commandos infiltrés - Europol parle de plusieurs "douzaines" en Europe - qui sont capables de lancer des opérations en cascade sur différents lieux ; leur pouvoir létal est extrêmement important car ils sont entraînés et sans doute bien armés généralement avec la complicité d’organisations criminelles qui leur auraient fourni la logistique nécessaire ;

  • des résidents qui, répondant aux différents appels au meurtre lancés sur les réseaux sociaux se décident à passer à l’action. Le problème pour les services de renseignement se situe à ce niveau : qu’est-ce qui fait basculer un suspect (il y en a beaucoup) dans l’action ?

Pour leur part, les migrants peuvent servir à deux choses pour les terroristes :

  • des filières pour pénétrer en Europe en se mélangeant aux vrais réfugiés ;

  • des viviers où des recruteurs peuvent venir faire leur "marché" pour créer de futurs réseaux ou trouver des activistes à bon compte. En effet, les "déçus de l'exil" étant très nombreux.

(1) Même si les chiites, en particulier les Iraniens et les Russes, sont aussi souvent cités comme cibles prioritaires.

Pour en savoir plus à ce sujet, lire aussi : Alerte aux actions terroristes imminentes en Europe : où et comment auront-elles lieu ?

Quelles seraient les conséquences d'un tel scénario pour la France et le gouvernement en particulier ?

Alain Rodier : Je pense que, comme lors des évènements tragiques de l'année dernière, passé un effet de sidération, les Français connaîtraient une phase d’union nationale sachant que personne ne peut apporter "LA" solution tout simplement parce qu’elle n’existe pas. 

La France serait plongée dans le dernier stade du plan Vigipirate (qui en comporte trois) : "Urgence attentat". L’état de vigilance maximal serait déclenché sur tout ou partie du territoire national. Cela devrait, dans la théorie, être assez court mais la population en ressentirait les effets avec des blocages de certains moyens de transports (trains, métros, bus), des pénuries possibles (carburant) et des mesures contraignantes telles des interdictions de manifestations publiques ou même de pénétrer dans certaines zones jugées sensibles.

Nos amis allemands conseillent aux ménages d’avoir trois jours de vivres et d’eau pour "le cas où" il y aurait une catastrophe naturelle ou des actions terroristes d’envergure. Sans entrer dans une phase de paranoïa exacerbée (car il faut avant tout garder un maximum de calme), il s’agit de prendre de simples mesures de bon sens qui sont déjà souvent appliquées dans nos campagnes ; alors pourquoi pas en zones urbaines ? Les citoyens sont naturellement en droit d’attendre que l’Etat fasse tout pour leur venir en aide en cas de catastrophe majeure mais il est aisé de comprendre qu’il ait besoin d’un "certain temps" face à des évènements d’ampleur très importante. Chacun devrait apprendre à adopter les bonnes réactions pour ne pas ajouter à la pagaille (par exemple se précipiter au dernier moment sur les stations service ou dans les supermarchés). Dans l’armée, les véhicules sont toujours garés les pleins faits. Pourquoi ne pas faire la même chose dans le civil ? La solidarité de voisinage devrait aussi être mise en œuvre. Là aussi, elle existe globalement dans nos campagnes mais que dire des zones peri-urbaines et urbaines ?

Pour résumer, chacun doit se sentir "responsable" et ce n’est pas un gros mot et ne pas attendre la bouche ouverte que l’Etat vienne lui donner immédiatement la béquée.

 
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  • Par Marie-E - 07/12/2016 - 15:49 - Signaler un abus bon et bien ce n'est pas très réjouissant

    mais hélas je crains que cela ne soit la réalité et que nous devions nous y préparer

  • Par langue de pivert - 07/12/2016 - 18:14 - Signaler un abus Le changement c'est dans 5 mois !

    Cet exécutif de merde est en campagne depuis des mois ! La sécurité n'est plus assurée depuis des années en France. Le pays vit sous perfusion de dette avec l'Allemagne comme caution depuis 5 ans ! Je n'ai jamais rien attendu de l'état je ne vais pas commencer maintenant avec cette équipe de bouffons aux manettes.

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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