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Lundi 24 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
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Affaire Tony Chapron : les arbitres sont-ils l’ennemi numéro 1 des professionnels du monde du football ?

L'"affaire Chapron" relance la question du respect des arbitres sur et en dehors du terrain. Boucs émissaires historiques du football, ils souffrent d'une culture de la contestation et de l'intimidation à leur égard que rien ne semble pouvoir endiguer, pas même la vidéo.

Carton rouge

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Dès lors, que pourrait-on faire, au-delà des amendes, pour que cette situation ne perdure pas ?

Je ne vois pas ce qui pourrait fonctionner d'autre.

On entend souvent dire que l'adoption de l'arbitrage vidéo déchargerait les arbitres de certaines responsabilités et rendrait leur travail plus facile. Qu'en est-il selon vous ?

L'arbitrage-vidéo est effectivement la solution trouvée par le monde du football à ce problème. Car à force de se plaindre et d'exprimer systématiquement son mécontentement vis-à-vis de l'arbitrage, de dire que le résultat est "à cause de l'arbitre", on s'est tourné vers cette solution. On s'est dit que la vidéo supprimerait tout ces problèmes et autres questions d'"injustices". Mais il faudra toujours un arbitre, c'est-à-dire un humain, pour arbitrer à partir de la vidéo. Et à part dans les cas d'erreurs manifestes (par exemple un ballon poussé dans le but de la main), ce sera toujours une question d'interprétation.

L'autre cas de litige manifeste est celui du franchissement de la ligne de but, mais on sait déjà que la "Goal Line Technologie" peut-être clairement défaillante.

De toute façon, ceux qui le font aujourd'hui continueront à polémiquer demain. Mercredi dernier, on a essayé la vidéo. A la fin du match, un joueur est tout de suite venu dire qu'il trouvait que ça ne marchait pas et qu'il fallait arrêter. Il y a eu trois polémiques en un soir. Je ne crois pas que cela soit la solution si ce n'est dans des cas très rares et particuliers de tricherie. Le cas du pénalty accordé après visionnage la semaine dernière est typique : sur les plateaux on a dit qu'il y avait pénalty. Le joueur a dit qu'il y avait pénalty : la pression reste toujours sur les épaules des arbitres, même s'ils passent derrière un écran.

Ne serait-il pas nécessaire, pour lui donner plus d'autorité, de changer les statuts des arbitres afin que toute contestation soit plus sévèrement punie ?

On l'a déjà fait : les cartons sont distribués plus vite qu'avant, on donne des suspensions plus longues. Là-dessus on a déjà avancé. Le plus difficile à changer, c'est la contestation culturelle, ce mal profond qui consiste à toujours s'en prendre à l'arbitre. Et le seul pas que le monde du football consente à faire aujourd'hui c'est la vidéo. On sent bien que sur ce point on a atteint un point de non-retour. Ils se disent que cela va changer les choses : cela reste à voir – et je ne suis pas du tout convaincu du résultat.

 
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Daniel Riolo

Daniel Riolo est journaliste sportif et écrivain.

Il est chroniqueur dans l'After Foot sur RMC et blogueur sur le site internet de RMC Sport.

Il est notamment l'auteur de OM-PSG, PSG-OM les meilleurs ennemis : Enquête sur une rivalité  (Mango Sport 2005)

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