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Affaire Naomi : après le SAMU de Strasbourg, les poursuites se multiplient ailleurs en France

Les langues se délient depuis la médiatisation de l’affaire Naomi. On apprend que plusieurs centres du SAMU sont poursuivis pour avoir éconduit leurs patients.

Scandale du SAMU

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Affaire Naomi : après le SAMU de Strasbourg, les poursuites se multiplient ailleurs en France

 Crédit MARTIN BUREAU / AFP

Il y a encore quelques jours, l’affaire Naomi deffrayait la chronique. La mère de famille se voyait ainsi redirigée vers son médecin d’un air moqueur malgré ses fortes douleurs au ventre. Elle décèdera quelques heures plus tard.

Aujourd’hui, les opératrices dénoncent les manques de moyens et le « lynchage en place publique » dont elles sont victimes. Seulement, il semblerait que le cas Naomi ne soit pas la seule défaillance à l’issue tragique auquel les centres du SAMU doivent faire face !

Indre-et-Loire : la petite fille se sectionne une artère. Le SAMU reste muet.

"Vous vous rendez compte, mes enfants me donnent les petits à garder, et j’ai failli leur rendre un enfant mort ?"  Mireille Lemaître

Le 21 avril dernier, Mireille Lemaitre, 71 ans, garde chez elle sa petite fille de 9 ans.

Seulement, cette dernière se sectionne l’artère cubitale de l’avant-bras gauche en cassant un verre. Les grands parents appellent immédiatement le SAMU pour demander l’envoi d’une ambulance ou au moins qu’on leur dise quoi faire. Par deux fois, l’opérateur lui répondra simplement qu’elle doit emmener sa petite fille à hôpital, malgré qu’elle ait perdu « un demi-litre de sang ! »

"Je me suis dit qu’on n’avait pas de temps à perdre, j’ai raccroché et j’ai fait un pansement compressif qui n’a pas fonctionné. J’ai refait un autre pansement dessus, mais le sang continuait à couler alors j’ai fait un garrot de fortune. Je l’ai placé pas vraiment où il aurait fallu, mais j’ai fait comme j’ai pu."  Mireille Lemaître

Le grand-père parvient néanmoins à emmener la fillette à l’hôpital. Elle y est opérée et ne souffre d’aucune séquelle grave. 

Isère : on lui demande de réduire lui-même sa fracture à la jambe. Il sera amputé.

Si Thomas Veyret arrive à garder son sourire et à expliquer s’être fait « croquer la jambe par une requin », la rancoeur reste encore tenace vis à vis de l’opérateur du SAMU qui l’a « pris en charge » après sa chute à ski. Le 7 février, alors qu’il ne sait pas qu’il souffre d’une grave fracture du plateau tibial, l’opérateur lui demande de réduire lui-même sa « luxation du genou ». Un geste réservé aux professionnels. 

"J’ai mis longtemps, j’avais super mal." Thomas Veyret

Finalement transporté par les pompiers à l’hôpital Nord de Grenoble, on lui prescrit un angioscanner à 3h du matin. Examen réalisé le lendemain à 10h. Le verdict tombe : l’artère est sectionnée et la jambe n’est plus irriguée depuis la chute. Il est amputé le 16 février. 

Ce que la famille note, c’est aussi l’absence de remise en question du service

"Avec le représentant du conseil de l’ordre local, ils se sont même permis de nous faire des leçons de morale, nous expliquant qu’on ne connaissait rien à leur travail." Me Bourgin, spécialiste du préjudice corporel

 
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  • Par kelenborn - 23/05/2018 - 16:21 - Signaler un abus Eh oui

    Il m'est arrivé exactement la même chose en novembre 2015: j'étais malade à l'époque et avis perdu 17 kilos avec démusculation . Je fais une chute sur la terre mouillée en voulant ramasser des pots de fleurs. Je m'étais fendu la lèvre en tombant sur le bord d'un pot sur 2 centimètres. On est dimanche en début d'après midi . J'ai bu trois portos et comme je ne mange pas (agueusie ) je ne suis pas vraiment en état de conduire . Le SAMU refuse de se déplacer. J'ai donc le choix entre rester chez moi avec une plaie ouverte ou aller à l'hôpital en voiture, ce que je fais. Pourtant, au vu des règles, je ne suis pas en état de conduire. A l'arrivée, un gros con remarque que j'ai une démarche hésitante mais quand on a perdu 17 kilos et que l'on fait des chutes à répétition c'est un peu normal. On me recoud mais on confisque mes clés et j'ai droit à une série d'insultes. Je passe sur la suite J'ai déposé un recours en responsabilité contre l'hôpital de Laval devant le TA de Nantes. L'affaire doit être jugée le 30 mai! On verra mais... prudence: j''ai une confiance très moyenne dans la justice de mon pays!

  • Par OLYTTEUS - 23/05/2018 - 19:58 - Signaler un abus deux remarques à propos de

    deux remarques à propos de ces drames inacceptables: laisser des opérateurs répondre 12h durant au public est une hérésie: 8h est le maximum que l'on puisse demander . le manque d'empathie devient la règle: l'hopital fait partie de la société et la dégradation des rapports interpersonnels l'atteintbien évidemment.

  • Par zen-gzr-28 - 23/05/2018 - 21:23 - Signaler un abus Et c'est parti...!

    Bien sûr, il y a des défaillances humaines ( qui n'en a pas connues, même dans sa vie de tous les jours : des enfants qui arrivent aux urgences parce qu'ils ont avalé de l'eau de javel... etc... etc...) mais on en arrive à citer une infime partie d'accidents très regrettables, inacceptables qui prennent des proportions énormes par rapport à combien d'interventions couronnées de succès ? Le reproche qui pourrait être fait à ces services d'urgence c'est le fait que le personnel ait choisi de travailler12 heures d'affilée...pour avoir plus de temps de congés. Voila un sujet de débat qui mérite d'être discuté ! Et qui sont les responsables de cette situation...? Les syndicats, le personnel, les services administratifs, les médecins chefs de service ,

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Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

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