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L'activité solaire au plus bas depuis plus d’un siècle : serions-nous à la veille d'une mini ère glaciaire ?

De nombreux scientifiques constatent une baisse de l'activité solaire plus forte et plus longue que d'habitude, ce qui pourrait provoquer une baisse des températures terrestres, voire même, selon certains, provoquer une mini-ère glaciaire d'ici trente ans. Des études à prendre toutefois avec des pincettes, car l'activité solaire est loin d'être le seul facteur capable de provoquer des changements climatiques de grande ampleur.

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Publié le - Mis à jour le 19 Février 2016
L'activité solaire au plus bas depuis plus d’un siècle : serions-nous à la veille d'une mini ère glaciaire ?

Atlantico : Pouvez-vous expliquer précisément ce qu'est "l'activité solaire" ?

Frédéric  Decker : On pourrait traduire le terme "activité solaire" par l'énergie et donc la chaleur dégagée par le soleil.

Elle est visible depuis la terre via le nombre de taches présentes sur la surface du soleil, qui varient en fonction de l'activité solaire. Plus l'activité solaire est basse - voire nulle, comme en ce moment - moins les tâches sont visibles.

L'activité solaire est naturellement cyclique, c'est-à-dire qu'elle croit et décroit tous les 11 ans.

L'activité solaire est en ce moment au plus bas depuis 1906.

En quoi a-t-elle un impact sur la terre ?

Frédéric  Decker : Même si d'autres facteurs peuvent entrer en jeu, une forte activité solaire a tendance à réchauffer l'atmosphère, et inversement.

Une activité solaire faible ou nulle pendant une période prolongée, comme c'est particulièrement le cas depuis un an, peut donc conduire à un refroidissement des températures terrestres.

Si l'activité solaire continue d'être aussi faible sur une longue période, des chercheurs prévoient l'arrivée d'une mini-ère glaciaire d'ici trente ans. Cela vous parait-il plausible ?

Frédéric  Decker : En climatologie, tout est possible et il y a souvent de nombreuses surprises.

Mais je pense d'abord que prévoir un tel changement climatique sur une échelle de quinze à trente ans me parait trop court. Pour qu'un véritable changement de climat se produise, il faut à minima partir sur une échelle de plus de 30 ans, voire 50 ans.

Ensuite, de telles prédictions ne doivent pas se faire sur l'unique critère de l'activité solaire. Beaucoup d'autres facteurs entrent en jeu dans le changement de climat.

D'abord, il y a l'activité humaine, qui, par la génération du réchauffement climatique, contre-balance la faible activité solaire du moment. On pourrait d'ailleurs presque espérer que ces tendances se maintiennent, car cette faible activité solaire pourrait ralentir voir stopper le réchauffement climatique.

Pour qu'une mini-ère glaciaire soit prévisible, il faudrait au moins qu'on perde - toutes choses égales par ailleurs - deux degrés dans un futur très proche, ce qui est loin d'être gagné.

A l'inverse, des éruptions volcaniques intenses pourraient par exemple nous précipiter d'un seul coup dans une période glaciaire, sans que l'activité solaire n'y soit pour quelque chose. En effet, une série de fortes éruptions volcaniques enverrait beaucoup de poussières dans l'atmosphère, ce qui formerait une sorte d'écran à la lumière du soleil, et ferait chuter les températures de façon drastique.

De la même manière, la faible activité solaire de ces dernières années n'a pas empêché les années 2014 et 2015 de battre des records de chaleur, dus notamment au courant marin chaud El Niño. A l'inverse, alors que l'activité solaire était forte, la terre a connu une baisse des températures après la seconde guerre mondiale jusqu'aux années, sans doute due à une perturbation des courants marins.

 
Commentaires

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  • Par Outre-Vosges - 16/02/2016 - 10:17 - Signaler un abus On ne peut qu’être fataliste

    Je me rappelle que, voici un demi-siècle, un professeur de faculté nous disait dans un cours : « Que pourrions-nous faire si une nouvelle ère glaciaire commençait ? (silence dans l’auditoire) … absolument rien. » Et il nous rappelait simplement que nous sommes en réalité dans une ère interglaciaire. Aujourd’hui c’est plutôt le réchauffement climatique qui nous menace ; peut-être pouvons-nous quelque chose mais, comme les responsables au pouvoir s’en moquent éperdument, la situation n’est pas meilleure.

  • Par Borgowrio - 16/02/2016 - 10:25 - Signaler un abus Le syndrome des épinards

    Après l'ordre , il faut toujours attendre le contre ordre ( sagesse militaire) . Les acteurs de la COP 21 se sont applaudis , très contents d'avoir pérénisé leur job en or . Hollande à donné généreusement un milliard de dollard et la populace avale tout ça . Pendant 50 ans on a fait manger des épinards aux enfants , pour le fer , alors qu'ils n'en contiennent pas plus que d'autre légumes

  • Par MONEO98 - 16/02/2016 - 10:53 - Signaler un abus viva la COP22

    le grand risque que nous prenons c'est que Fabius ne pourra être à la tête de la COP21;vous vous rendez compte du risque que nous prenons

  • Par john mac lane - 16/02/2016 - 10:54 - Signaler un abus Vite, vite vite, polluons faisons du CO2

    Face a cette nouvelle créons la COPUX, conférence pour réchauffer la planète et mettons des primes pour acheter des Volkswagen. Mettons le fils de Fabius président de la COPUX, Cahuzac le trésorier et Tévenous responsable de l'administration...Prions tous pour ne pas mourir congelé la semaine prochaine....

  • Par zouk - 16/02/2016 - 19:01 - Signaler un abus Activité solaire contre réchauffement climatique?

    Peut être, mais en la matière, nous savons si peu que les grands élans de générosité écologique risquent bien d'avoir sur le long terme beaucoup d'effets fâcheux.

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Frédéric Decker

météorologue à MeteoNews, spécialisé dans l'étude du système solaire

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Serge Planton

Serge Planton est ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts à Météo-France et responsable du groupe de recherche climatique au Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM-GAME, Météo-France/CNRS). Ses recherches en modélisation climatique l’ont conduit à s’intéresser plus particulièrement à la question de l’attribution des causes des changements climatiques observés, notamment en France, qu’elles soient d’origines naturelles ou anthropiques. Il est co-éditeur du chapitre «Evaluation des modèles climatiques» du 5e rapport du GIEC et éditeur du glossaire de ce rapport.

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