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Accusé libéralisme, levez-vous : les réformes dites libérales sont-elles anti-sociales (et sont-elles d’ailleurs si libérales que ça...) ?

Le président de la République est souvent accusé de mettre à mal le modèle social français à travers sa politique qualifiée comme néolibérale. Qu'en est-il réellement ?

Procès

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Accusé libéralisme, levez-vous : les réformes dites libérales sont-elles anti-sociales (et sont-elles d’ailleurs si libérales que ça...) ?

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

Atlantico : La politique menée par Emmanuel Macron est souvent qualifiée de libérale, ou de néolibérale, et parfois d'anti-sociale. Derrière ce qui apparaît comme des slogans politiques qui parfois relèvent d'une approche émotionnelle, comment y voir plus clair ? Par un jeu d'équation, en quoi le libéralisme serait-il anti-social ? 

Jean-Baptiste Noé : Emmanuel Macron n’est pas vraiment un libéral.

Il n’a jamais cité aucun auteur de la tradition libérale française ou autrichienne et les mesures qu’il prend ne vont pas dans le sens de ce que défendent les libéraux : restriction de la liberté de la presse avec la loi sur les fake news, restriction de la liberté de circulation avec l’abaissement de la vitesse sur les routes, multiplication des taxes (huit en huit mois), refus de privatiser la SNCF, etc.

Mais le mot libéral est connoté de façon tellement négative qu’il sert à discréditer l’adversaire. Accuser une personne d’être libérale, c’est empêcher tout débat, discréditer d’avance son action et ne mener aucune réflexion.

Là où les étatistes ont raison, c’est que les libéraux remettent en cause le modèle social français. En ce sens oui, ils sont anti-sociaux. Sur quoi repose le modèle social français ? Le vol légalisé et la spoliation légitimée qui permettent par l’impôt de capter presque les trois quarts des ressources des personnes qui travaillent pour les redistribuer à d’autres. On a inculqué dans l’esprit des Français que les inégalités étaient synonymes d’injustice et qu’elles étaient forcément mauvaises, que la redistribution était une bonne chose, que les services sociaux étaient gratuits, parce que payés par l’État. Si être social c’est défendre la spoliation légalisée, l’endettement massif de l’Etat, c'est-à-dire le vol des générations futures, accepter l’injustice de la redistribution, alors oui les libéraux sont anti-sociaux.

Bien souvent d’ailleurs, l’argument de la défense du service public et des acquis sociaux sert uniquement à défendre les rentes et les situations de capitalisme de connivence. L’intérêt général est trop souvent invoqué pour défendre des intérêts particuliers comme, actuellement, le statut de cheminot.

Les libéraux défendent et proposent une société qui repose sur des fondements éthiques et anthropologiques complètement différents de ceux des étatistes : le droit des personnes, le droit naturel, la justice individuelle, la responsabilité. Il ne peut pas y avoir de conciliation possible puisque ce sont deux visions sociales différentes.

Christophe de Voogd : J’avoue mon agacement croisant devant la confusion totale du débat français sur le libéralisme : comment parler de libéralisme dans un pays dont les dépenses publiques représentent 57% du PIB et les prélèvements obligatoires plus de 45% ? Si les mots et les chiffres ont un sens nous sommes en fait dans une société plus qu’à moitié collectivisée. Quant au gouvernement, il poursuit rappelons-le, cette hausse des prélèvements et des dépenses. Son inspiration n’est pas libérale mais saint-simonienne, ce qui est tout autre chose comme le disait Saint-Simon lui-même, très peu confiant dans les mécanismes de marché. IL souhaitait la direction -autoritaire si nécessaire- du pays par les techniciens, les experts et les entrepreneurs. Là où le saint-simonisme rejoint le libéralisme, c’est dans son opposition aux rentes, dans la volonté de libérer les énergies créatrices et dans le souci d’améliorer le sort des plus pauvres, but que l’on retrouve chez Saint-Simon comme chez les grands penseurs libéraux d’Adam Smith à Hayek et Rawls. Face à cet accord entre libéraux et saint-simoniens, l’on trouve donc très logiquement les défenseurs des rentes actuelles qui sont souvent liées aux retombées de la manne publique, si énorme dans notre pays. Ils se dissimulent, c’est de bonne guerre, derrière la rhétorique de « l’intérêt général » et du « service public » : syndicats « durs », partis et groupuscules d’extrême gauche, associations militantes, soutenus par certains médias dont la survie dépend également des fonds publics. Or les plus faibles sont les premières victimes de leur « Front social ». La grève de la SNCF, celle d’Air France l’occupation des universités en sont autant de preuves : qui est en pointe dans la contestation et qui en souffre le plus ?  Mais le gouvernement serait plus crédible s’il dénonçait aussi les rentes de la haute fonction publique ou les niches fiscales qui pullulent en faveur d’innombrables catégories. Le libéralisme, c’est, historiquement et philosophiquement, le rejet des privilèges : or nous sommes bien loin d’une nouvelle nuit du 4 août.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 15/04/2018 - 10:03 - Signaler un abus Le libéralisme, c’est le pragmatisme, l’absence de dogmatisme

    le recentrage sur des fonctions régaliennes rénovées, un service public non pléthorique, moderne et efficace, l’abandon des politiques sociétales qui visent à changer la société dans le mauvais sens, l’abandon des dépenses indues par clientélisme gauchiste et pour satisfaire les minorités aboyantes...voila le vrai libéralisme! Et son application passe obligatorement par une forme de souveraineté retrouvée, et par la baisse des dépenses publiques. Macron et Philippe font tout l’inverse: pour satisfaire au dogmatisme de l’idéologie europeiste goldmannn-Sachs (et oui! « Ils » sont partout!) et au mondialisme immigrationniste: c’est l’ultra-liberalisme! Et ils augmentent sans cesse le périmètre étatique, multipliant les strates décisionnelles (prochainement étape: les grandes métropoles...), avec, pour conséquence immédiate, augmentation des taxes, impôts, agences, observatoires, conseils, fonctionnaires...c’est l’ultra-socialisme! Le mélange de l’ultra-socialisme à l’ultra-libéralisme, c’est un gloubi-boulga socialisto-libéral qui ne « marche » pas...Encore « quatre ans » se disent les électeurs naïfs, à chaque fois qu’ils leur réservent cette soupe...

  • Par Deudeuche - 15/04/2018 - 10:14 - Signaler un abus On fait quoi le 4 août prochain ?

    Si on abolissait les privilèges du ci devant « modèle social français «  !

  • Par Ganesha - 15/04/2018 - 11:15 - Signaler un abus Moment de Vérité

    Article de basse propagande, cherchant à semer le doute et la confusion, en accumulant les contre-vérités ! Macron refuse de privatiser la SNCF ? C'est vrai qu'il l'a dit devant JP. Pernaut, mais un mensonge aussi grossier, c'était encore plus insultant pour le peuple français, que Marie-Antoinette nous conseillant de manger de la brioche ! Si vous cherchez un moment de vérité, visionnez plutôt le passage de François Ruffin dans l'émission ''On n'est pas couché''. À la 42ème minute, il fait intervenir un guichetier de la SNCF et une caissière de Carrefour. Voir enfin la réalité telle qu'elle est, cela donne la chair de poule ! ==== https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/14/on-nest-pas-couche-francois-ruffin-invite-un-cheminot-sncf-a-sexprimer_a_23411479/

  • Par Deudeuche - 15/04/2018 - 11:24 - Signaler un abus @Ganesha

    Oui moment de vérité, c’est la lutte finale pas dans le sens du chant bien connu!

  • Par guy bernard - 15/04/2018 - 11:45 - Signaler un abus sortir d'un etat voyou.

    remettre notre pays dans la normalité et dans les moyennes européennes ou de l'OCDE n'est pas du libéralisme, et on se rendra compta qu'appliquer le droit non plus. il s'agit de sortir d'un etat voyou.

  • Par Ganesha - 15/04/2018 - 12:06 - Signaler un abus Clairvoyant et sincère

    François Ruffin est manifestement un homme clairvoyant et sincère ! Un cas rarissime parmi les ordures qui paradent dans nos médias ! Dommage que, pour le moment il se laisse enfermer dans le groupe de Mélenchon l'immigrationniste islamophile. Rejoindra-t-il un jour Marine Le Pen ? Il l'a dit clairement : sa cible principale, c'est Macron, et le lobby de la banque et des milliardaires !

  • Par Nargath - 15/04/2018 - 12:55 - Signaler un abus Tant que les libéraux

    Tant que les libéraux français ne parleront que de pognon, impôts, pourcentage du pib géré par l'état ou pire, citeront Hayek ou Bastiat sourate tant verset tant, tel de bon petits sectaires, ils se planteront à implanter les idées libérales dans ce pays. Qu'ils parlent de la base du libéralisme: la responsabilité individuelle. Jamais on ne les entend sur des décisions de l'état purement anti-libérale (politique anti-tabac, matraquage routier, infantilisation à outrance des citoyen etc. Bref Big Mother). Encore moins quand un politique à l'outrecuidance de dire qu'il faut "faire de la pédagogie" comme si le citoyen français n'était pas libre de se faire son avis. Que les libéraux commence par demander l'application de la doctrine pour les choses simples et du quotidien plutôt que de parler pognon, pognon et encore pognon. Comme si dans un pays à forte tradition collectiviste comme la France et où haïr celui qui a réussi est élevé au rang d’art, l'axe pognon et entrepreneuriat du libéralisme allait enchanter les foules... Les libéraux français ont encore du boulot

  • Par Citoyen-libre - 15/04/2018 - 13:20 - Signaler un abus Du réalisme

    Pour une fois Ganesha a raison. Tout le monde se focalise sur Macron, il faut le virer en pensant que le prochain sera providentiel. C'est l'anti-dépresseur de la cinquième république. Mais le clan Atalli a mis Macron en place uniquement pour cette raison. IL est là pour tout encaisser, pendant que le train du capitalisme bien organisé avance et écrabouille les peuples. C'est une vraie lutte des classes. Les très riches contre le reste de l'humanité. C'est à l'opinion publique de ne plus se laisser enfermer par les médias subventionnés, et d'afficher un rapport de force. C'est aux salariés du privé de s'organiser, pas aux fonctionnaires. AJM vient nous donner des leçons d'économie, mais il ne se rend même pas compte qu'il est un larbin du système qui le méprise. J'ai été dans le système, comme un drogué dans une secte, mais j'en suis sorti et repris ma liberté de pensée.

  • Par Anouman - 15/04/2018 - 13:23 - Signaler un abus Libéraux

    A ma connaissance il n'y a aucun parti politique en France qui a des idées libérales. Ils sont tous pour plus de lois, moins de libertés et toujours autant de redistribution. S'il y a un danger en France il n'est pas libéral.

  • Par Ganesha - 15/04/2018 - 15:35 - Signaler un abus Libéraux

    Ah, les ''papys-libéraux'' sur Atlantico ! Convaincus d'être incontestablement et définitivement les ''rois de la jungle'', ils rêvent d'un pays sans policiers, ni inspecteurs des impôts, où ils pourraient agir, selon leurs fantasmes, comme des ''renards dans un poulailler''. Ce site ne publie jamais de photos des commentateurs, on ne verra donc jamais qu'ils ne sont que des vieillards ratatinés, accrochés à leur clavier d'ordinateur !

  • Par gerint - 15/04/2018 - 17:26 - Signaler un abus Citoyen-libre

    D’accord avec vous sauf que Macron fervent défenseur du système et plys obéissent que les autres n’est pas là pour tout encaisser seulement mais surtout pour briser les freins imposés aux prédateurs mondialistes comme le Code du Travail, première urgence commencée sous Hollande. Je ne dis pas que Cide du Travail, SNCF et autres ne nécessitent pas de réformes bien au contraire mais surtout il faut exclure le peuple des choix qui sont faits et les lui imposer. Majorité godillot pour voter. Mêmes les frappes en Syrie résultent des choix imposés qui servent les intérêts des mêmes prédateurs

  • Par gerint - 15/04/2018 - 17:27 - Signaler un abus Désolé des fautes de frappe

    Ça se lit quand-même

  • Par ajm - 15/04/2018 - 22:12 - Signaler un abus Clarté

    Gerint: j'ai du mal à vous comprendre ( Ganesha, au moins c'est simple, les deux premiers mots éternels de ses phrases contiennent toujours la même conclusion). Êtes-vous vous favorable aux réformes du code du travail ou pas ?

  • Par ajm - 15/04/2018 - 22:29 - Signaler un abus Confusion.

    Citoyen Libre, vous ne me connaissez pas et réciproquement. Dans la vie, j'ai toujours dis ce que je pensais, plus ou moins diplomatiquement, et je n'ai jamais été le larbin de qui que ce soit. L'opinion , la mienne ou celles d'autres personnes, ne doit jamais se réduire à sa situation personnelle matérielle, psychologique ou contingente, mais au contraire découler du cheminement de son propre jugement, éclairé par son expérience et ses connaissances. Votre histoire de capitalisme qui écrase tout , de rapport de force, n'est pas claire, car vous ne semblez pas vous référer aux canons du marxisme habituel, comme beaucoup de ceux qui tiennent ce genre de discours . Que voulez-vous dire ?

  • Par Citoyen-libre - 16/04/2018 - 14:08 - Signaler un abus Gerint

    N'ayez crainte, je ne suis pas marxiste, ni révolutionnaire. Quand je dis larbin, ce n'était pas personnel, moi-même ayant été le larbin consentant d'un système. Travaillant dans un grand groupe mondial, j'avais des objectifs financiers oppressifs, et complètement schizophrène par nécessité et par carriérisme obligatoire, j'ai débordé d'imagination. C'était même jubilatoire. Régulièrement, on nous focalisait sur la position mondiale que nous devions atteindre. C'est une course en avant perpétuelle, qui ne s'embarrasse pas de l'humain. C'était ça, ou nous étions absorbé. C'est cette course effrénée que j'appelle système capitaliste. Que ça corresponde à des règles économiques, je n'en disconviens pas. Mais aujourd'hui, je me rends compte qu'il n'y a plus d'équité, que les peuples subissent cette dictature de l'argent et du pouvoir, sans réaction. C'est pour ça que je parle de rapport de force. L'être humain ne peut pas être simplement une variable d'ajustement. Et vraisemblablement, si le grand capital mondial ne se régule pas, cela finira par une guerre, car en plus, nous avons une lutte des classes. Si j'étais en fonction,un tel discours ne me viendrait même pas à l'idée...

  • Par Citoyen-libre - 16/04/2018 - 14:10 - Signaler un abus Mes excuses !

    Mon post précédent est pour AJM

  • Par ajm - 16/04/2018 - 15:56 - Signaler un abus Souplesse et recentrage.

    Citoyen-libre: Il n'y a un pas un grand système capitaliste homogène qui fonce dans le même sens. Il y a un immense bouillonnement de forces économiques et autres ( reveils nationaux, evolutions technologiques, démographiques et migratoires, bouleversements dans les moeurs) qui se déverse dans un immense chaudron en éruption et largement imprévisible dans ses consequences , notamment locales ( pays, métiers. ..) Il n'y a pas un esprit, maléfique ou pas, qui met â l'oeuvre un projet planifié, mais un déversement chaotique d'énergies vitales issues du monde entier, qui, contrairement à ce qui existait autrefois, grâce à Internet et aux communications modernes , commence à se voir et à se vivre comme faisant partie d'un tout humain. Face à ce déluge, la meilleure stratégie, c' est un mélange intelligent et raisonné de souplesse , de capacité adaptative ( libéralisme économique ) et , en même temps ( désolé cela fait Macron) de recentrage ( respect des frontières et des règles, connaissance de sa culture ..) et de resourcement. C'est ce que font depuis longtemps des petits pays intelligents : Suisse, pays scandinaves, Pays-Bas, Israël etc..

  • Par ajm - 16/04/2018 - 16:20 - Signaler un abus Nécessité d'une inversion des réflexes Français.

    La France a gardé les raideurs d'un grand pays continental et centralisé qui, au fil du temps, sous l'influence mortifère de la gauche principalement, a gardé une grande rigidité héritée de son passé là où elle aurait dû montrer de l'ouverture et du pragmatisme, en matière economique et financière essentiellement, et fait , au contraire, preuve d'une souplesse étonnante et disproportionnée ( on pourrait dire "laxisme" dans les domaines régaliens de la sécurité, de la justice etc..) Un grand projet Français serait d'inverser les choses. Être inflexible sur les grands invariants structurants de notre pays et très pragmatique et opportuniste sur tout le reste. Culturellement, on peut douter de cette possibilité, tellement sont ancrées dans l'esprit Français les vielles balivernes neo-marxistes qui prolifèrent un peu partout, sur fonds d'inculture et de non connaissance de la réalité du monde, y compris à droite et, encore plus, à" l'extrême " droite.

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Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé, historien, spécialiste de l’histoire du christianisme. Il est rédacteur dans la revue de géopolitique Conflits. Dernier ouvrage paru Géopolitique du Vatican (PUF), où il analyse l'influence de la diplomatie pontificale et élabore une réflexion sur la notion de puissance.

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Christophe de Voogd

Christophe de Voogd est normalien et docteur en histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques qu’il enseigne à Sciences Po et à Bruxelles. Dernier ouvrage paru : « Réformer : quel discours pour convaincre ? » (Fondapol, 2017).

Spécialiste des Pays-Bas, il est l'auteur de Histoire des Pays-Bas des origines à nos jours, chez Fayard. Il est aussi l'un des auteurs de l'ouvrage collectif, 50 matinales pour réveiller la France.

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