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Accès aux soins : le système de santé français sous pression

Le système français de santé, confronté à plusieurs évolutions d’ordre structure, est sous pression depuis plus de trente ans. Plus une population s’enrichit et vieillit, plus la demande santé s’accroit. Le recours à des technologies de plus en plus coûteuses contribue à augmenter les dépenses de santé.

A bout de souffle ?

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Le problème de l’accès aux soins est devant nous

Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), la France compterait 226 000 médecins en activité au 1er janvier 2018. 102 000 sont des généralistes (45 % de l’ensemble) et 124 000 des spécialistes (55 % de l’ensemble). Les spécialités qui regroupent les effectifs les plus importants sont la psychiatrie (6,8 % des médecins), l’anesthésie-réanimation (5,1 %), le radiodiagnostic et l’imagerie médicale (3,9 %). 57 % des médecins sont des libéraux. 46 % ont une activité libérale exclusive et 12 % un exercice « mixte » (cumul d’une activité salariée et d’une activité libérale).

La France n’a jamais compté autant de médecins en activité. En six ans, la hausse a été de plus de 10 000. Cette augmentation n’est pas homogène. Si depuis 2012, le nombre total de médecins a progressé de 4,5 %. Celui des médecins généralistes a stagné (+0,7 %), quand celui des spécialistes a progressé de 7,8 %. Le nombre de médecins généralistes exerçant en libéral s’est contracté de 2,0 %). Près d’un médecin sur trois a plus de 60 ans, 47 % des médecins ont 55 ans ou plus (alors que c’est le cas de 18 % des cadres et professions intellectuelles supérieures) et 30 % ont 60 ans ou plus. L’âge moyen des médecins (51 ans) est élevé car les générations actuellement proches de la retraite sont issues des numerus clausus élevés des années 1970 (proches des niveaux actuels, autour de 8 000), tandis que les générations suivantes ont connu des numerus clausus plus bas (inférieurs à 4 000 dans les années 1990).

Le secteur médical se féminise très rapidement. 46 % des médecins sont des femmes. Elles sont majoritaires parmi les médecins de moins de 60 ans (52 %). Moins représentées parmi les libéraux (38 %), elles sont tout de même les plus nombreuses parmi ceux de moins de 50 ans. Cette féminisation devrait s’accroître car pour 2017, les femmes ont représenté 59 % des nouveaux inscrits au Conseil national de l’Ordre national des médecins. Par ailleurs, les jeunes médecins préfèrent être salariés et délaissent l’activité libérale jugée trop contraignante.

La question de l’accès aux soins est complexe car elle dépend tout à la fois de la densité de médecins et d’établissements sur un territoire donné, de la composition de la population (une population âgée a besoin de plus de médecins qu’une population jeune), des facilités de transport.

Le Ministère des Solidarités et de la Santé a établi un indicateur d’accessibilité aux soins, l’APL (accessibilité potentielle localisée) permettant de tenir compte à la fois de la proximité et de la disponibilité des médecins d’une part et des besoins de soins de la population locale en fonction de l’âge d’autre part. Selon cet indicateur, 8,6 % de la population vivent dans une commune sous-dense en médecins généralistes. En prenant en compte le seuil de 2,5 consultations par habitant et par an, près de 5,7 millions de personnes résident, en 2016, dans une commune sous-dense en médecins généralistes. 9 142 communes sont en situation de sous-densité. Ce sont le plus souvent des communes rurales périphériques des grands pôles ou des communes hors influence des pôles. Des zones urbaines sont également concernées. Un quart de la population habitant dans une commune en sous densité de médecins généralistes vit dans un pôle urbain, dont près de 18 % habitent dans la région parisienne.

 
Commentaires

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  • Par MIMINE 95 - 09/05/2018 - 15:00 - Signaler un abus Si au lieu de toujours accuser le péquin d'être le responsable,

    on s'interrogeait aussi sur les tarifs de plus en plus délirants de certains médicaments réclamés par les laboratoires et autres, prix d'ailleurs fixé ... en fonction des pays ?? . En 2016 médecins du monde dénonçait ces dérives : " "Chaque année en France, le cancer rapporte 2,4 milliards d'euros", "Bien placé, un cancer peut rapporter jusqu'à 120.000 euros", "Une leucémie, c'est en moyenne 20.000% de marge brute". [... "Pour Olivier Maguet, responsable de cette campagne, ces prix élevés "mettent en danger le système de santé" et notamment la Sécurité sociale, qui "peut de moins en moins payer" les traitements. Les tarifs s'envolent au point qu'on "a déjà assisté au rationnement du traitement efficace de l'hépatite C pour la première fois de notre histoire", ajoute-t-il. L'organisation ne manque d'ailleurs pas de remarquer que le Solvadi, contre l'hépatite C, coûte 41.000 euros pour un traitement de trois mois, alors qu'il ne coûterait que 100 euros à produire, selon les travaux d'un chercheur de l'université de Liverpool"] Vous avez dit choquant, comme c'est bizarre !!!!

  • Par MIMINE 95 - 09/05/2018 - 15:14 - Signaler un abus Une mine d'or en perpective

    Maladies tropicales persistantes chez les migrantsRev Med Suisse 2014; volume 10. Laurent Gétaz, Juan Carlos Lozano Becerra, Hans Wolff, François Chappuis, Pedro Albajar-Viñas, P. Bodenmann, H. Wolff, Y.-L. Jackson lien à entrer dans votre mateur de recherche : https://www.revmed.ch/RMS/2014/RMS-N-425/Maladies-tropicales-persistantes-chez-les-migrants

  • Par gerint - 09/05/2018 - 20:39 - Signaler un abus Contrairement aux affirmations de Macron

    à Rouen selon lequel il maintiendrait les budgets hospitaliers, un article APM relatant la réaction de la Fédération Hospitalière de France parlait quelques jours après d’un plan d’écô plie de 1 milliard et un autre article APM de 6,2 milliards au global dont 1,2 milliard sur la masse salariale hospitalière (30 000 postes) entre 2018 et 2022. Pas de quoi se réjouir ! Pas le moment de faire plaisir aux labos avec la malheureuse décision des 11 vaccins obligatoires avant 2 ans....

  • Par DANIEL74000 - 10/05/2018 - 08:34 - Signaler un abus C'est l'état qui tue la France !

    La solidarité imposée est source d'inégalités et de régression. La santé n'a pas de prix mais elle a un cout ! Pourquoi les cliniques privées avec moins d'argent s'en sortent et que dans le public règne le désordre des actes privés et publics et tout cela sous la puissance du trésor public. Et si tous les hommes étaient égaux en droit y compris de rendre les prisons payantes comme le sont les Ephad ? Justice dites-vous quelle Justice. Tout le monde doit payer pour consulter à l'Hôpital ou en argent ou avec un bon de prise en charge avant l'acte. L'Ordre et le respect de soi et de l'autre s'organisent en bonne conscience et non par misérabilisme ou victimisation

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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