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Abuse-t-on du franglais ?

De plus en plus de mots anglais se retrouvent dans la langue française, et les journalistes sont les premiers à les utiliser. Un problème, car le Français moyen ne parle pas forcément anglais et ne comprend donc pas toujours de quoi il s'agit.

Seriously quoi !

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Abuse-t-on du franglais ?

"Le franglais, ce n'est pas beau", selon François Appert. Crédit FlickR / Sweet One

Atlantico : Les anglicismes sont fréquents dans la langue française comme dans d'autres langues étrangères. Pour vous, que révèle cette forte présence de mots provenant de la langue de Shakespeare ?

François Appert : Pour moi, c'est du snobisme, les gens jargonnent simplement parce qu'ils veulent montrer qu'ils sont "in".  Les journalistes notamment vont préférer employer des termes comme "fact checking" ou "management". Cela fait quatre ans que je fais une revue de presse quotidienne de 15 titres et l'utilisation de mots anglais dans la presse française s'est particulièrement accélérée depuis un an. On utilise des mots anglais à tout propos et j'ai constaté un accroissement de ce type de pratiques depuis à peu près un an. Il s'agit d'une pratique très fréquente chez les journalistes, bien que cela se retrouve dans d'autres professions.

Les journalistes vont essayer de rendre un titre intéressant en y insérant un mot anglais, parce que c'est plus accrocheur. Ce qui me gêne le plus c'est que le Français moyen ne parle pas forcément anglais et donc ne comprennent pas toujours de quoi il s'agit. Je ne sais pas si cela donne aux journalistes l'impression d'être importants. Par exemple, dans le cas de l'affaire DSK, les journalistes ont employé le terme "escort girl" à tout va, alors que le mot "prostituée" aurait très bien pu faire l'affaire.

Pour moi qui ai fait des études techniques et me suis cultivé à travers les journaux, aujourd'hui je me demande quelle est la culture encore diffusée par la presse.

Pourquoi combattre cette tendance, ne faut-il pas s'en réjouir ? Certains mots provenant de l'anglais ont intégré le dictionnaire, les langues ne s'enrichissent-elles pas mutuellement ?

Dans ce cas pourquoi n'empruntons-nous que des mots anglais et pas allemands par exemple ? Je ne pense pas que les Anglais le fassent. Nous leur avons donné beaucoup de mots venus du français, mais aujourd'hui les Anglais n'empruntent plus de mots à notre langue. Mais que l'on ne s'y méprenne pas, j'aime l'anglais. Simplement, je n'aime pas le franglais. Le franglais ce n'est pas beau. 

Selon vous peut-on trouver un équivalent français pour tous les mots provenant de la langue française ? Comment traduire "buzz" par exemple ?

Bien sûr, je pense que l'on peut trouver un équivalent français pour la plupart des mots provenant de l'anglais. Par exemple, le mot "buzz" a été traduit en français par "ramdam", malheureusement cette traduction étant apparue un peu trop tard, elle n'est pas utilisée.

D'autres termes comme "podcaster" ou "week-end", ne me choquent pas. Traduire "week-end" par " fin de semaine" représente pour moi un combat d'arrière-garde. Il faut vivre avec son temps ! Néanmoins, les mots issus de l'anglais utilisés dans la langue française doivent rester dans des proportions raisonnables.

Mais pour des termes comme "business plan", j'estime que l'on peut dire "plan de financement". Le magazine Elle est un bon exemple de ce genre de pratiques. On ne parle plus de "maquillage" mais de "make up". Quand les articles sont intelligents, ils sont en français, pour le reste c'est du franglais.

La langue française n'est-elle pas trop figée ? Ne nous oblige-t-elle pas à emprunter des mots à l'anglais, notamment en ce qui concerne les mots relatifs aux nouvelles technologies ?  

Les gens utilisent l'anglais dans leurs relations professionnelles, mais je pense que l'on peut très bien remplacer think-tank par les termes "groupement d'experts". Certains journaux utilisent des mots anglais dans leur titre et je ne sais même pas ce que cela veut dire, alors que je parle anglais correctement. Quand à 8h30 du matin sur France Inter vous entendez parler d’ "understatement", et qu'il faut aller chercher dans le dictionnaire pour comprendre que l'on parlait d'un euphémisme, c’est un peu dur ! Je pense que la langue française est suffisamment riche pour ne pas constamment emprunter des mots à l'anglais. 

 
Commentaires

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  • Par cWal - 18/11/2012 - 11:49 - Signaler un abus Pas très grave !

    Vu que de toute façon d'après ce qu'on voit dans les écoles et lycées depuis plusieurs générations les français sont déjà infoutus de comprendre et d'écrire correctement leur propre langue ! Alors autant se mettre à l'anglais, c'est plus utile.

  • Par jerem - 18/11/2012 - 12:49 - Signaler un abus 2012 ,m'année du fameux "spread"

    qu'ils etaient passiionnant tous ces journalistes a repeter "le spread" au lieu de parler tout simplement de "l'ecart de taux ". le "must" , les explications d'Apathie chez Denisot ..... "so fun" (la cerise, tellement drôle)

  • Par jerem - 18/11/2012 - 12:51 - Signaler un abus think-tank - "groupement d'experts".

    pardon il ya des lustre que le terme consacré est "le cercle de reflexion" sans aucune reflexion spontanée a des experts .

  • Par jean-paul - 18/11/2012 - 14:42 - Signaler un abus plus lié à l'économie de merde et la vague anti-français

    notre économie socialiste nous prive de faire des innovations et de réaliser des nouveautés culturelles, ce qui donneraient à notre langue et culture la pertinence et la confiance par ailleurs, en france c'est cool de ne pas aimer la france, ou bien, de n'être pas patriot, de toujours s'autocritiquer au point ou on est complètement desamoureux de la france etc. on aime nier l'existence de la france, suivant les penseurs élites comme derrida et nancy, parce qu'on ne veut pas être 'fasciste'...eh bien, merci Le Monde, vous avez réussi, et j'ajoute que "le Monde" adore parler Frenglish!

  • Par michel_m - 18/11/2012 - 17:06 - Signaler un abus Des fois vaut mieux la fermer...

    au risque de passer pour un c... plutôt que de prouver qu'on en est un... Traduire "business plan" par "plan de financement" ne prend en compte qu'une toute petite partie du "business plan". Et les autres composantes comme le marketing, la pub, les ressources humaines, les outils, etc., on en fait quoi, on les jette ? Pour l'histoire DSK, une "escort girl" n'est pas forcément "prostituée". Bien que la plupart en aient probablement aussi été dans ce cas précis. Il est par ailleurs plus dérangeant d'avoir des contresens de francisation de faux amis. Par exemple "avoir l'occasion de" est souvent remplacé par "avoir l'opportunité" (opportunity) alors que ce n'était pas forcément opportun... comme dans "Solon disait que le sceau de la parole est le silence, le sceau du silence le moment opportun."

  • Par kettle - 18/11/2012 - 19:09 - Signaler un abus "escort girl"

    @michel_m "une "escort girl" n'est pas forcément "prostituée". --- Si. "escort girl" = prostitué. C'est l'appelation politiquement correct. Comme "non voyant" est a "aveugle" ou "pesonne a mobilité reduite" a "handicapé".

  • Par kettle - 18/11/2012 - 19:15 - Signaler un abus Les mots "anglais"

    ..qui n'existent qu'en francais: Speakerine, tennis man, surbooking, brushing, voix off, camera man, caddie, dancing, perchman, rugbyman, etc LOL !

  • Par eheime - 18/11/2012 - 20:59 - Signaler un abus L'anglais est dominant comme

    le français avant lui et le latin encore avant. Pour des raisons economiques. 60% du vocabulaire anglais (langue germanique à la base) provient du français (les francs était un peuple germanique à la base) qui provient lui meme du latin pour une bonne part. Ca s'appelle l'évolution. C'est comme ça. Ce sera probablement le chinois dans quelques années mais l'anglais a probablement de encore de beaux jours devant lui. Si vous voulez défendre le français, il faut d'abord défendre l'economie française. Si l'ordinateur avait été créé en France et la finance sauvegardés en France (qui a été la plus grosse puissance financière du monde il y a quelques temps), le monde utiliserait probablement le français. Mais nous on a préféré réinventer le communisme. Et ça, le reste du monde s'en fiche totalement.

  • Par eheime - 18/11/2012 - 21:05 - Signaler un abus "escort girl" = prostitué.

    non meme si l'un n'empeche pas l'autre ou alors les secretaires sont aussi des prostituées

  • Par eheime - 18/11/2012 - 21:16 - Signaler un abus y a aussi que l'anglais est pratique

    on attaque les mots pour un faire un nouveau, on decline pas les verbes, ou met ...ing derriere un mot et on a une action. Alors que le français .. quelle galère. L'anglais repond à un besoin de mots que nous n'avons pas (puisqu'on les créé alors qu'ils n'existent meme pas en anglais parfois). Et puis ensuite quand on se penche sur un sujet , par exemple la programmation d'ordinateurs, en anglais, on a du tout envie de perdre son temps à traduire puis retraduire dans l'autre sens. Ce serait une perte de temps et preterait à confusion. C'est ainsi que les langues finissent par en dominer d'autres

  • Par texarkana - 18/11/2012 - 21:57 - Signaler un abus Le franglais = massacre du français ET de l'anglais

    Exemples : vol low coast (au lieu de low cost ou à prix cassé) sweet sheurt (au lieu de sweat shirt ou chemise de corps) looser (au lieu de loser ou perdant) ze champion (au lieu de the champ ou le champion) etc horrible!

  • Par jean-paul - 18/11/2012 - 23:21 - Signaler un abus le mot français pour think tank n'a jamais su s'imposer

    on voit parfois boite d'idées, parfois groupe de réflexion, dans l'article ici on voit groupement d'experts, ce qui est beaucoup trop long pour etre pratique...je suis plutôt pour boite d'idées puisque c'est simple, mais voici un exemple d'un mot qui ne s'imposera jamais jusqu'à ce qu'on se met d'accord pour un mot français que tout le mond veut utiliser

  • Par Decebal - 18/11/2012 - 23:57 - Signaler un abus DU SNOBISME

    comme cela est dit, uniquement du snobisme. On est dans le vent, de toute façon les journalistes, il suffit de les d'entendre dans les JT , ne savent pas parler correctement le Français ( et je ne parle pas de l'orthographe )et a peu près sur qu'ils ne sont pas légion a parler une une langue étrangère. Il est connu que les gens ne maitrisant pas leur langue on du mal a en apprendre une autre. Ce qui est gênant c'est que des millions sont dépenses pour la Francophonie et pour quel resultat. Les Quebequois au moins trouvent des équivalences.. L'apprentissage du Français est de pire en pire a l'école et entendre Le langage approximatif, a la TV , usant d'Anglais n'aidera pas .Et dire que cela est normale, que toute langue évolue . Non pas de cette façon et surtout pas aussi vite.Nous allons faire une indigestion et dieu fasse que les correcteurs puissent corriger les conjugaison, la syntaxe etc. Cela fait ses années que ce pays est malade du j'menfoutsme ambiant, de la facilite et de la bêtise crasse. Niveler par le bas tel est le credo. Enfin prions pour voltaire, Rabelais, Balzac, etc M

  • Par Guff - 19/11/2012 - 08:50 - Signaler un abus Les Anglais eux aussi doivent faire le ménage!

    Rappelons que l'anglais est pourri de termes franco-normands. Par exemple " Documentalist" vient de l'Old French. Ou bien an impair. Ou bien Monarchism. Orangeade, itou. Orator.Perverse. Practise, Silence, Tocsin, Valid... Même Pudding vient de Boudin... des milliers. Ces mots sont d'origine française et non (directement) latine. Amis Anglais, virez-les, au nom de la déraison chauvine.

  • Par Le gorille - 19/11/2012 - 10:06 - Signaler un abus Paresse

    Vous oubliez le principal : la paresse ! L'émetteur du mot anglais, entreprise ou institution, le fait par snobisme et surtout parce qu'il a oublié l'équivalent français. Le journaliste, lui, ne sait plus, et par paresse le laisse tel quel dans son article. Ailleurs, chez les commerçants et les informaticiens, essayez donc de les faire parler en français ! Ils sont perdus ! Ils découvrent alors leur vanité, voire même leur ignorance, et l'utilisation des mots anglais n'est plus là que pour l'esbrouffe de la vente.... Bref, la langue française devient régionale, c'est tout.

  • Par ISABLEUE - 19/11/2012 - 12:06 - Signaler un abus N'oublie pas non plus de dire qu'il y a

    uen flopée de mots français dans la langue anglaise...

  • Par Marcbf - 19/11/2012 - 22:00 - Signaler un abus Le problème...

    Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Nicolas Appert quand il dit que le problème que le franglais pose, c'est que tout le monde ne le comprend pas. Si tout le monde le comprenait, le problème ne serait pas résolu. Le vrai problème, c'est que l'on ne devrait pas AVOIR A le comprendre. L'anglicisation de notre environnement procède d'un mécanisme déjà décrit fréquemment : suprématie politique, économique et culturelle (voir les accords Blum-Byrne) qui ont installé les EAU au sommet de la hiérarchie mondiale suite aux succès de la première et de la seconde guerre mondiale et en parallèle, affaiblissement de la France (deux guerres mondiales, voir affaire de Suez en 1956, la décolonisation). Les journalistes et nos élites suivent une dynamique toute tracée mais il s'agirait de se réveiller et de prendre conscience que la domination et l'omniprésence de l'anglais ne sont pas le fruit du hasard mais de calculs politiques et d'une suprématie militaire. Tout le reste est de l'ordre de la conséquence. L'effondrement de Wall Street + City renverserait cela en 30 ans. http://lefrancaisenpartage.over-blog.com/ http://lefrancaisenpartage.over-blog.com/

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François Appert

François Appert est typographe de profession, il a réalisé toute sa carrière dans l'impression. Amoureux de la langue française, il aime aussi l'anglais, mais n'apprécie guère l'usage du franglais.

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