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72% des Français pensent que la France pourrait connaître une explosion sociale dans les prochains mois

Depuis 1998 au moins, près de deux Français sur trois sont persuadés que l'explosion sociale est imminente. Si jusqu'à présent on ne peut pas véritablement dire qu'elle soit arrivée, ce sentiment traduit néanmoins une forte insatisfaction de la population à l'égard des (nombreux) dysfonctionnements de notre société.

Info Atlantico

Publié le - Mis à jour le 27 Mai 2016
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72% des Français pensent que la France pourrait connaître une explosion sociale dans les prochains mois

Atlantico : A en croire les Français, la situation de notre pays serait critique, puisqu'ils sont 72% à penser que la France peut connaître une explosion sociale dans les prochains mois. Seuls 3% de la population pensent que ce ne sera certainement pas le cas. Au regard de ces résultats, quels sont les enseignements à tirer de ce sondage ?

Jérôme Fourquet : En premier lieu, il est important de préciser qu'il est possible de lire ce sondage de plusieurs manières. Parmi ces différentes façons d'interpréter les chiffres, la première consiste à une lecture intrinsèque, sans comparaison, au pied de la lettre (ou plutôt des statistiques). En optant pour cette approche, on constate effectivement qu'une majorité claire et indiscutable, puisqu'il s'agit de presque trois Français sur quatre, de la population estime notre société soumise au risque d'une explosion sociale imminente.

Pour bien comprendre ce chiffre, il est nécessaire de le relier à deux éléments de notre culture nationale. L'un est assez ancien : cette vieille tradition de contestation (voire de révolution) propre au pays. L'autre est plus récent : le contexte immédiat de la situation. Nous assistons aujourd'hui à un enracinement réel de la contestation (que ce soit dans la rue ou au sein des entreprises) de la loi Travail portée par Myriam El Khomri. Ces deux éléments, tant la tentation de renouer avec une tradition contestatrice et révolutionnaire que les tensions contemporaines à la mobilisation sociale d'aujourd'hui, font partie intégrante des points expliquant le sentiment des trois quarts de la population. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'autant de Français anticipant l'explosion sociale la craignent : il est possible de penser que certains la souhaitent, en vérité.

La deuxième approche est nettement moins spectaculaire, mais pas forcément anodine. Certes, le mouvement social contre la loi El Khomri est particulièrement dur et le contexte général est effectivement tendu. Néanmoins, pour quiconque s'intéresse un peu plus au détail des chiffres, force est de constater que le niveau d'anticipation actuel n'est pas nécessairement aussi historique qu'on pourrait le penser. Et pour cause ! En janvier 1998, une étude IFOP soulignait déjà cette tendance et le sentiment d'une explosion sociale imminente, partagé par 64% des Français. En avril 2009, les débuts de la crise économique accentuaient cette impression et 66% des Français faisaient part de ce même sentiment. 2013 constitue un pic, puisqu'en avril 70% des Français pensaient que l'explosion ne tarderait pas et qu'ils étaient 76% en novembre. La crise économique avait été particulièrement virulente à ce moment. Très concrètement, on constate une forte proportion (elle n'est jamais inférieure à 2 Français sur 3) qui estime que le bouchon va bientôt sauter. Cela renvoie bien évidemment à un certain discours tenu par les médias et les experts (celui qui consiste à dire de la rentrée sociale qu'elle sera "chaude") et c'est pour partie lié à notre histoire et notre culture. Dans les faits, tout ce discours ambiant qui consiste à dire que la France est le pays records des grèves (ce qui pourrait être nuancé) et qu'elle est irréformable est un héritage de notre histoire comme de l'actualité récente. La France est en permanence confrontée à cette idée de la surchauffe. S'attarder sur cet aspect de la lecture nuance évidemment le côté historique qu'on pourrait prêter aux chiffres de cette étude.

Attention, néanmoins : il ne s'agit pas de dire des Français qu'ils sont experts en sciences sociales et voient venir les événements : mai 1968 ou décembre 1995 illustrent bien le fait qu'une majorité de la population n'est pas nécessairement détentrice d'un savoir particulièrement affûté en la matière. Cependant, il s'agit d'un ressenti généralisé et aujourd'hui les Français ont à peine plus le sentiment d'une explosion à venir que d'habitude. L'inversion de la courbe constatée en 2014 est due à une tension sociale moins forte quand, fin 2013, celle-ci atteignait un pic. Cependant, d'un point de vue global, la fourchette reste assez stable dans le temps, quand bien même elle connaît quelques petites oscillations. Encore une fois, c'est dû à l'intégration du trait historique et culturel, particulièrement présenté médiatiquement. En partie, du moins, mais pas que. En effet, cela s'explique aussi parce qu'une partie de la population se sent exclue et a du mal à joindre les deux bouts. Se savoir dans une situation objective qui touche également d'autres personnes peut pousser à une volonté de voir les choses changer, estimer que cela ne peut pas continuer de cette façon et que tout cela finira par déborder. En un sens, ces chiffres (et c'est d'autant plus parlant qu'il s'agit d'une tendance continue dans le temps) disent beaucoup de la perception que les Français peuvent avoir de notre société. Cette dernière apparaît bloquée, le jeu semble fermé et, au final, la pression monte. Elle se traduit par une défiance forte vis-à-vis des politiques, que nous avons déjà abordée à plusieurs reprises chez Atlantico. Cette insatisfaction à l'égard du fonctionnement de notre société pousse généralement au vote extrême et se traduit très clairement dans les chiffres du sondage. L'ensemble des dysfonctionnement accumulent, in fine, des frustrations et des colères qui s'épanchent dans le désir de voir tout cela bouger.

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 25/05/2016 - 10:32 - Signaler un abus Grâce à la gauche

    Le prochain gouvernement aura du mal à réformer la France, pourtant si nécessaire. Encore une preuve que la gauche ne sait que foutre le bordel. Je plains le futur president quelqu'il soit.

  • Par vangog - 25/05/2016 - 10:49 - Signaler un abus Dissolution prochaine de l'assemblée nationale...

    et enfin, une modernisation de la vie politique française, grâce aux patriotes, voilà ce qui attend la France! Quand l'Assemblée nationale verra un tiers de patriotes sur ses bancs, elle ne sera plus gouvernée par les fascistes gauchistes, comme actuellement. Ce pays ne peut plus être gouverné par des partis archaïques, qui laissent un syndicat, représentant moins de 3¨% des salariés, exercer son chantage continuel sur la démocratie...non?

  • Par lasenorita - 25/05/2016 - 11:30 - Signaler un abus Les gauchistes encouragent les casseurs!

    Trois des quatre casseurs cagoulés ''mis en examen'' qui avaient incendié un véhicule de police ont été libérés!...Les policiers (et les Français) ne sont plus protégés...les manifestants ont tous les droits surtout ceux de la C.G.T. avec leurs affiches ignobles...Les ''vrais'' Français travailleurs et honnêtes ne sont bons qu'à payer des impôts. .Les gauchistes ont augmenté mes impôts de 40%:ils donnent mes sous aux terroristes musulmans qui nous envahissent et qui sont leur électorat....Quand je me rends dans un bureau des P.T.T. je vois mes impôts qui partent en Algérie, chez les Algériens qui nous ont chassés de ''leur'' pays et volé nos biens!..

  • Par ISABLEUE - 25/05/2016 - 11:39 - Signaler un abus mois de juin :

    fin du lycée et des écoles , donc pas mal de jeunes crétins dans les rues + le sacro saint foot.... bien sûr. Surtout que je remarque que la racaille est de plus en plus agressive dans les rues, surtout ne pas les regarder d'un sale œil, les gens de plus en plus mal élevés..... tout va mal ma bonne dame.. les jean foutre s'en donnent à cœur joie.

  • Par langue de pivert - 25/05/2016 - 18:33 - Signaler un abus On connait la musique ! Que de la gueule !

    Ça va péter ? Rien du tout ! Le plouc va tranquillement finir son mandat en roue libre ! Bien contant si il n'en refait pas un autre. En fait 72 % des Français pensent que les 28 % qui restent vont se bouger le cul à leur place ! Les agités de la gauche tournent à vide dans les rues en gueulant le jour et en jacassant debout la nuit : c'est pas ça qui va faire avancer le schmilblick ! Ça finira juste de couler le pays ! Les frondeurs sont repartis à la niche ! Si le sénat arrive à tout faire péter ça serait une bonne surprise ! Compter sur les sénateurs pour faire tout péter : "mais il est fou ce piaf !" ☺ On peut rêver non ? :-(

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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