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De 7 à 77 ans : y a-t-il un âge pour être heureux ?

Dans la vie, il y a deux pics de bonheur : l'un à 23, l'autre à 69 ans. C'est ce qu'a observé une équipe de chercheurs britanniques de la London School of Economics. De là à dire que nos vies sont faites de quarante années de morosité, il n'y a qu'un pas... que nous ne franchirons pas !

A la poursuite du bonheur

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Atlantico : Selon les travaux menés par une équipe de chercheurs britanniques du Center for Economic Performance de la London School of Economics (voir ici), on distingue deux périodes de bonheur dans l’existence : à 23 ans et 69 ans. Pourquoi serait-on plus heureux autour de la vingtaine et de la soixantaine ?

Florence Servan-Schreiber : Quand on regarde la courbe du bonheur en France, on se rend compte qu’à partir de 18 ans l’indice du bonheur ne fait que baisser, mais très progressivement : trente ans, quarante ans… jusqu’à atteindre le "fond du seau", qui se situe entre 50 et 53 ans. C’est à parti de là que les chiffres remontent et atteignent des niveaux que l’on n’a même pas connus à vingt ans.

Pour un indice de cinq points à vingt ans, on atteint facilement les dix points après soixante ans.

A 20 ans, on est en pleine possession de ses moyens physiques, les possibilités sont multiples, tout est encore à l’état de projet. Au fur et à mesure, ces projets se réalisent : on se lance dans des relations amoureuses à long terme, on a des enfants… Si on demande à plusieurs femmes  ce qui les rend heureuses, elles répondront que ce sont leurs enfants. Mais si on leur demande d’évaluer leur niveau de bonheur dans chacune des situations de leur quotidien, on s’aperçoit que les moments pendant lesquels elles sont le moins heureuses, sont ceux passés avec leurs enfants.  Cela s’explique par le fait que lorsqu’elles sont avec leurs enfants, elles font toujours d’autres choses en même temps, souvent contraignantes. La raison pour laquelle nos enfants sont la prunelle de nos yeux est génétique : nous sommes conçus pour que l’espèce se reproduise.  La vie de famille est une somme de responsabilités, de complications et d’abandon de son temps. On perd la maîtrise de son temps puisqu’on est constamment en train de s’occuper d’autres gens.

Une autre raison à l’amenuisement de notre bonheur réside dans nos affres professionnelles et vocationnelles. C’est-à-dire que la maturité est une chose qui s’obtient jour après jour. Quand on commence une carrière, même si on sait exactement ce qu’on veut faire, on traverse aussi bien des moments formidables que difficiles. Entre 20 et 50 ans, on passe une bonne partie de son temps à chercher la place qui est la nôtre.

Pourquoi est-on plus heureux une fois arrivé à 60 ans ?

A 60 ans, on trouve enfin sa place. Il est d’ailleurs très surprenant de constater que c’est au moment où ses capacités physiques et cognitives commencent à décliner que l’on est plus heureux.  C’est pourquoi il ne faut pas être effrayé par le vieillissement. Acceptons que certaines choses nous échappent dans ce domaine. Statistiquement, c'est à ce moment-là que nos enfants deviennent indépendants. On retrouve donc son autonomie ; les préoccupations financières sont moindres puisque tout ne dépend plus de nous ; on a fait beaucoup de choses, ce qui réduit l’impression d’inachevé ; et la chose la plus importante : on a atteint la connaissance de soi.

 
Commentaires

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  • Par Monkeyman - 13/08/2013 - 21:32 - Signaler un abus A chacun(e) sa vision de la vieillesse et du bonheur !

    60 ans symbolisait avant l’âge de la retraite, le début de la possibilité de s’affranchir des normes usuelles du monde du travail ! Mais seulement si on a conscience d’avoir été constamment conditionné(e), manipulé(e), normalisé(e) ! ! ! Comme ce n’est pas du tout le cas habituel, pourquoi ajouter quoi que ce soit ? ! Choisit-on d’être conditionné (e) ? ! De ressentir un « manque » ou pas ? ! Personnellement, le concept de « cycle » me paraît plus intéressant que celui de la droite qui croît indéfiniment jusqu’à l’infini (L’histoire qu’on nous a racontée à l’école sous le nom de géométrie euclidienne !), D'un autre point de vue, si la mort n’existait pas, il faudrait l’instituer (Sinon, ne serions-nous pas actuellement environ 100 milliard d’individus ? ! V Jacques Attali: Cent milliards (Slate.fr) ou Cent milliards de naissances : Express le 3 septembre 2012 18H00 | par Jacques Attali), J’ai 68 ans et suis heureux tout simplement d’être programmé de façon à accéder bientôt au cycle suivant ! C’est vrai aussi que des tas de gens parlent comme des enfants qui ne veulent pas mourir ou comme s’ils désiraient connaître le sort de Sisyphe ! ! ! AMEN !

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Florence Servan-Schreiber

Florence Servan-Schreiber est journaliste. Formée à la psychologie transpersonnelle en Californie, elle a été l'animatrice d'une chronique dans Psychologies, un moment pour soi sur France 5 - la déclinaison télévisuelle de Psychologies magazine- en 2004 et 2005.

Elle est notamment l'auteure de "Trois kifs par jours et autres rituels recommandés par la science pour cultiver le bonheur" publié aux éditions Marabout.

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