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Plutôt que dans 60 000 enseignants,
l'Éducation devrait miser sur le e-learning

L'Education a parfois du mal à évoluer avec son temps. Alors qu'en France, on parle de multiplier le nombre d'enseignants, d'autres s'interrogent sur l'intérêt de développer le e-learning. Accéder aux contenus des meilleures écoles du monde et aux cours des meilleurs professeurs, c'est presque à portée de clic.

Cyber-mammouth

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Plutôt que dans 60 000 enseignants, 
l'Éducation devrait miser sur le e-learning

Un simple clic suffit aujourd’hui pour accéder à un espace d’apprentissage quasi illimité... Crédit Reuters

Vouloir la création de 60 000 postes d’enseignants sur cinq ans comme s’est engagé François Hollande, quand la France n’en a plus les moyens est symptomatique de ce mal politique français qui consiste à recourir à la facilité de la dépense publique faute d’avoir intégré le nouveau contexte technologique dans lequel nous évoluons.

Depuis vingt ans les nouvelles technologies de l’information ont révolutionné l’accès aux connaissances : qu’on le déplore ou non, le professeur n’est plus l’unique détenteur du savoir. Dans les salles de classe, les écrans tactiles remplacent les anciens tableaux noirs et peuvent procurer à leurs utilisateurs une masse de connaissances jusque là inégalée.

Un simple clic suffit aujourd’hui pour accéder à un espace d’apprentissage quasi illimité, que l’on soit à Marseille ou à Tourcoing, à New York ou Calcutta. Autrefois unique clé d’accès au savoir, l’enseignant est aujourd’hui un accompagnateur. Son rôle doit être revu à l’aune des possibilités offertes par l’apprentissage en ligne : il doit désormais être un guide, un coach qui s’appuie sur les nouvelles technologies pour la transmission du savoir académique.

L’enjeu de l’éducation des nouvelles générations s’en trouve profondément changé. Il n’est plus celui du nombre de postes de professeurs mais celui de la qualité des contenus pédagogiques et de leur facilité d’accès en ligne. Il est désormais possible de permettre à une équipe restreinte d’enseignants de haut niveau d’enseigner à des dizaines de milliers d’élèves. Pour quelques dollars par mois, des centaines d’étudiants peuvent « s’offrir » en ligne les cours des meilleures écoles du monde. Aux Etats-Unis, le MIT diffuse gratuitement les cours dispensés durant les semestres passés par ses professeurs triés sur le volet. Le e-learning s’est aussi développé comme levier de développement pour les populations rurales et les populations pauvres. Dès 1997, le programme World Link, financé par la Banque mondiale a offert une formation conçue par quelques enseignants très qualifiés à des centaines d’enseignants et d’élèves de 25 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient. Ailleurs, le succès de l’Académie Khan, un ensemble gratuit de plus de 2200 mini-leçons en ligne abordant les mathématiques, l'histoire, la finance, la physique, la chimie, la biologie, l'astronomie et l'économie a poussé son créateur à développer un projet d’école entièrement virtuelle.

Démultiplicateur et facilitateur d’apprentissage pour les élèves, les technologies de l’information sont aussi un formidable dispositif pour la formation continue des enseignants à l’heure où leurs porte-paroles revendiquent son urgent besoin. Le e-learning offre une réactivité et une souplesse immédiate que ne permettent pas les lourds rouages administratives. Si « en 2050, 95% du savoir dont on aura besoin pour travailler n’existe pas aujourd’hui » comme l’affirme Padmasree Warrior, on saisit mieux toute l’importance stratégique des possibilités pédagogiques du e-learning.

Rendre hommage à Jules Ferry, comme l’a fait notre nouveau président, cela veut-il dire appliquer basiquement les vieilles recettes du passé ou plutôt être un visionnaire ancré dans son temps ? Il serait plus utile de s’interroger sur les réformes adaptées au progrès de notre époque qu’engagerait aujourd’hui le père de l’école gratuite, laïque et obligatoire, que de regarder ce qui a qui a été fait hier.

Notre monde a changé. Les solutions d’hier ne sont pas les réponses aux problématiques d’aujourd’hui. Face à la dispersion géographique de notre population, à la désertification rurale et au développement des ghettos urbains, nous devons nous battre pour permettre non plus seulement une école pour tous qui existe déjà mais un enseignement de qualité facilement et librement accessible à chacun.

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 24/05/2012 - 09:57 - Signaler un abus Un simple clic suffit

    L'informatique, ça fait gagner du temps, encore faut-il en avoir beaucoup devant soi... Bill Gates

  • Par Cap2006 - 24/05/2012 - 10:19 - Signaler un abus Confusion...

    Le e learning est un simple outil... ne pas en attendre plus qu'il ne peut faire... Et comme le dit l'auteur, le savoir est une chose en perpétuelle évolution... ce qui compte, c'est la curiosité, l'esprit de synthése, la créativité, la méthode d'apprentissage et utilisation et de restitution des savoirs... Bref, l'école est aujourd'hui un endroit de souffrance pour beaucoup trop d'élèves, un endroit qui décourage de lire ... IL y a du boulot... mais la technologie n'est pas d'un grand secours avant le secondaire...

  • Par De France et de plus loin - 24/05/2012 - 10:19 - Signaler un abus idée à la con

    C'est ça, et ensuite on remplacera les flics par des caméras et les fonctionnaires par des robots téléphoniques. C'est sure que ça coutera moins cher ..

  • Par crakotte - 24/05/2012 - 10:21 - Signaler un abus OUI mais

    Faire l'éloge du e-learning, trop facile, mais pourquoi ne pas donner la SOLUTION, sans que personne ne perde son pouvoir d'achat ? Je demande à Sebastien Breteau de construire un article sur cette idée avec autant d'envolée que celui du e-learning. Merci d'avance.

  • Par carredas - 24/05/2012 - 11:16 - Signaler un abus Trompe l'oeil...

    L'instruction et l'accès au savoir sont deux choses différentes. Oui, force est de constater que l'Education Nationale semble ignorer les nouvelles technologies mais il me semble que le gros problème n'est pas là. Pour que les jeunes en acceptent les contraintes, il est impératif que les parents valorisent l'instruction car seuls les adultes sont en mesure d'en mesurer les bienfaits. Sauf cas exceptionnels, les élèves en difficulté scolaire sont des enfants dont les parents n'ont pas intégré l'importance de l'instruction et sont incapables de transmettre cette valeur à leurs enfants. Comme souvent, le problème n'est pas l'enfant mais l'adulte en charge de l'enfant.

  • Par hibou - 24/05/2012 - 13:33 - Signaler un abus Sans motivation...

    de tous les acteurs, élèves et professeurs, un projet e-learning est voué à l'échec. Cela marche au MIT, mais dans une classe de 4e d'Aulnay-sous-Bois qu'en serait-il ? Je comprends la plaidoirie pour la promotion de cet outil, mais cela me semble bien hors sujet par rapport aux défis que l'école républicaine doit surmonter: refus de l'instruction, illétrisme, laïcité malmenée, anti moralisme. Et ce ne sont pas des tablettes tactiles qui résoudront ces problèmes.

  • Par ヒナゲシ - 24/05/2012 - 13:42 - Signaler un abus Ah ?

    Et quand l'élève bloque sur la démonstration de géométrie, et ne comprend pas pourquoi la médiatrice de [A,B] est aussi la hauteur du triangle (OCB), sur quelle touche doit-il appuyer pour être débloqué ?

  • Par pithylion - 24/05/2012 - 13:53 - Signaler un abus C'est l'éternel histoire...

    ... du "comment" et pas du "combien". Hollande répond avec le "combien", toujours plus facile de signer un chèque avec de l'argent qu'on a pas que de remettre en question les méthodes. Question de courage.

  • Par pithylion - 24/05/2012 - 13:54 - Signaler un abus @ ヒナゲシ

    Je sais pas tu nous parle chinois ;-)

  • Par ヒナゲシ - 24/05/2012 - 16:05 - Signaler un abus Ȏ que non !

    Pour moi le chinois c'est de l'hébreu ; c'est dire…

  • Par castrofidel - 24/05/2012 - 16:41 - Signaler un abus Un vrai scandale !

    Eh oui ! Encore une fois, la gauche nous plonge dans le désespoir ! Comment peut-on avoir l'idée d'affecter des enseignants dans l'Education nationale , Y a qu'en France (socialiste) que l'on peut voir ça. C'est un peu comme si l'on voulait embaucher des policiers au ministère de l'Intérieur ou des prêtres pour dire la messe ! Voire pire (mais ils seront capables de le faire ces socialsites) des chirurgiens dans des hôpitaux ! Des professeurs, des Instituteurs, à l'Education nationale ! ! ! Ah, j'en reviens pas !

  • Par Melvill - 24/05/2012 - 17:05 - Signaler un abus Une idée pas vraiment neuve

    En même temps cela fait un petit bout de temps que l'écriture puis l'imprimerie ont été mises au point... Les éditeurs rivalisent d'imagination pour créer des ouvrages pédagogiques, richement illustrés, on croule sous les manuels, fiches annales. Tous ces outils sont très utiles mais n'ont pas rendu inutiles la présence de pédagogues pour transmettre le savoir. Et ce n'est pas l'écrant qui magiquement y change quelque chose Remarquez sur internet on peut même apprendre en chanson http://www.youtube.com/watch?v=q1SEbUI5214 Mais bon, tout le monde ne prépare pas l'internat.

  • Par issartier - 24/05/2012 - 21:08 - Signaler un abus vive l'e learning!

    dans un premier temps on pourrait garder l' école à papa pour ceux qui n'aiment pas apprendre et l'e leaning pour ceux qui désirent un enseignement de qualité. Ayant fait mes études à domicile faute de financement l'e learning aurait été le rève,comme pour tous les fauchés! d'autant plus qu'il facilite le contact avec les profs.Il est incomparablement supérieur aux cours à la télé!

  • Par issartier - 24/05/2012 - 21:17 - Signaler un abus hollande

    Pourquoi Hollande a équipé les scolaires d'ordinateurs en Corréze? 2 raisons :1- supprimer des enseignants 2- abrutir les enfants. vous ne le saviez pas?

  • Par vangog - 24/05/2012 - 22:44 - Signaler un abus Hollande est aux Pays-bas ce que la bougie est à la lampe LED!

    Notre Flamby national prône des politiques ringardes et totalement opposées à la modernité. Pendant que les Français naïfs et crédules continueront pendant des dizaines d'années (et même après que Flamby aura été débouté par la crise), à payer pour des enseignants pléthoriques et pour leur retraites, les autres pays du nord de l’Europe, qui sont déjà très en pointe sur l'enseignement à distance assisté par les technologies modernes, en seront à des effectifs enseignants réduits pour un enseignement par internet....

  • Par ヒナゲシ - 25/05/2012 - 18:50 - Signaler un abus CNED

    Ce fleuron de l'“enseignement à distance” inclus dans l'Éducation Nationale — à savoir le CNED — serait, grâce à la politique sarkoziste, en voie de démantèlement.   Son statut d'« Établissement public administratif » devait devenir « Établissement public industriel et commercial » ; les élèves devenant désormais des clients. Un ÉPIC est largement régi par le droit privé : son personnel est soumis en principe au Code du travail et s’assimile très largement aux salariés du secteur privé, et les contrats qu’ils passent avec leurs usagers relèvent du droit privé. Depuis 10 ans, les lois se sont accumulées qui déshabillent Pierre pour habiller Paul (Pierre = É. N., Paul = enseignement privé sous contrat [à 97 % catholique !] ou : comment faire en sorte que l'É. N. dysfonctionne en la privant de moyens, pour ensuite affirmer que le privé ça marche forcément mieux, c'est l'avenir, etc.). La vision sarkoziste de l'Éducation, c'est un service public transformé en Acadomia géant, un peu comme si — pour prendre une analogie — on cherchait à casser la sécu pour la livrer aux margoulins des fonds de pension (pardon ? qui a parlé de Malakoff-Médérick dont G. Sarkozy est délégué général… ?)

  • Par Valdenaire - 26/05/2012 - 08:25 - Signaler un abus Une vision idyllique

    Les gentils élèves avec leur ordinateur portable et le professeur coach. La preuve qu'il n'y a pas que la gauche pour faire de l'angélisme.

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Sébastien Breteau

Sébastien Breteau est chef d'entreprise, Conseiller du Commerce extérieur de la France pour la Chine, fondateur d’AsiaInspection et candidat divers droite dans la 11e circonscription des Français de l'étranger.

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