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6 nouvelles révélations fracassantes sur la cyberguerre Etats-Unis-Israel contre le nucléaire iranien

L'opération "Olympic Games" a compris le virus "Stuxnet" qui a endommagé les centrifugeuses iraniennes, mais également des programmes de bien plus grande ampleur...

Olympic Games

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6 nouvelles révélations fracassantes sur la cyberguerre Etats-Unis-Israel contre le nucléaire iranien

La volonté d'Israël de mettre le holà au programme nucléaire iranien est légendaire. Et un aspect de ce projet dont on a beaucoup parlé est le virus "Stuxnet", un virus d'une sophistication jusqu'à présent inconnue qui s'est inséré dans des centrifugeuses de la centrale nucléaire de Natanz. Le virus a fait tourner les centrifugeuses à des vitesses trop importantes jusqu'à ce qu'elles se brisent, tout en indiquant aux techniciens que tout allait bien. 

Un documentaire récemment sorti revient sur la saga Stuxnet et dévoile énormément de choses sur l'opération Stuxnet, mais également plus largement sur la cyberguerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran. Ce documentaire n'est pas l'oeuvre d'un illuminé ou d'un marginal. Le réalisateur, Alex Gibney, a déjà reçu l'Oscar du meilleur documentaire en 2008. Pour son film, il a interviewé non seulement Michael Hayden, directeur de la NSA et de la CIA au moment des faits, mais d'autres personnalités clé.

Du côté américain, ont été interviewés Richard Clarke, consultant anti-terrorisme et cybersécurité des deux administrations Bush et de l'administration Clinton, John C. Inglis, ancien directeur adjoint de la NSA, Gary Samore, ancien membre du Conseil de la sécurité nationale ; du côté israélien, les sources comprennent Amos Yadlin, ancien directeur du renseignement militaire, et Yuval Steinitz, ancien ministre du renseignement ; et de nombreux experts en cybersécurité. Le documentariste a également eu accès à de nombreuses sources anonymes. Bref, pas du travail de rigolos. Les révélations sont donc assez crédibles. 

En voici quelques unes, mises en lumière par le Jerusalem Post et Buzzfeed:

1. Le nom officiel de l'opération de cyberguerre contre l'Iran était "Olympic Games"

C'est seyant.

2. Bush a encouragé l'opération Olympic Games pour empêcher une attaque israélienne--et Obama l'a intensifiée

Sur ordres du président Bush, des répliques exactes des centrifugeuses iraniennes ont été construites dans la centrale nucléaire de Oak Ridge, au Tennessee, qui est utilisée par les Etats-Unis pour construire des bombes nucléaires, et dans la centrale nucléaire israélienne de Dimona. Le virus fut implanté dans les centrifugeuses et leurs rotors se sont brisés. Des agents ont apporté des exemplaires physiques de rotors brisés au président Bush, et celui-ci a donné le feu vert à l'opération.

Mais l'opération fut intensifiée par Barack Obama, qui craignait une action militaire d'Israël, qui y réfléchissait beaucoup sous le leadership de Benjamin Netanyahu comme Premier ministre et Ehud Barak comme ministre de la Défense.

3. Au départ, l'opération Olympic Games fut un succès ...

Le virus fut implanté dans les ordinateurs de la centrale de Natanz, sans doute par le Mossad, qui avait infiltré deux entreprises de services informatiques basées à Taïwan qui travaillait avec l'Etat iranien. Environ mille centrifuges iraniennes furent endommagées, sur 5 000 au total, sans que les iraniens n'en découvrent la cause. 

Le but de l'opération était également psychologique : que le leadership iranien se croie incompétent et incapable d'atteindre ses buts, et de diviser le leadership militaire et politique des iraniens d'un côté, et les scientifiques de l'autre. Et en effet, les dirigeants iraniens ont fait reposer la responsabilité de l'échec sur leurs scientifiques, et en ont renvoyé ou menacé plusieurs.

 
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  • Par zouk - 19/02/2016 - 09:41 - Signaler un abus Nitro Zeus

    Si la chose se confirme, ce qui est déjà immensément difficile en soi, la menace pour l'ensemble du monde est dramatique.

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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