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5 graphiques pour comprendre à quel point le monde échoue à maîtriser sa consommation d'énergies

Malgré les efforts pour imposer de nouvelles sources d'énergies et réduire les émissions de carbone, le bilan est maigre. Et les chiffres ne sont pas optimistes, les énergies fossiles opposant une résistance qui semble incontournable.

Dérèglement climatique

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5 graphiques pour comprendre à quel point le monde échoue à maîtriser sa consommation d'énergies

La consommation mondiale de charbon atteint des records. Crédit Reuters

Malgré l'optimisme affiché par les défenseurs des énergies renouvelables, c'est à un constat d'échec qu'ils doivent faire face. Malgré la hausse continue des sources d'approvisionnement respectueuses de l'environnement, l'expansion de l'Asie, et l'important potentiel minier dont elle dispose encore, empêche les énergies propres de s'imposer. Pire, elles régressent en proportion de la consommation totale, faisant craindre un quelconquze retournement de tendance sur la question du changement climatique.

Bilan d'un avenir sombre avec les graphiques ci-dessous.

1 - La consommation d'énergies propres est en augmentation... mais moins que celle des énergies fossiles

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2 - L'intensité de la consommation en carbone n'a pas diminué depuis 1999

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3 - La consommation mondiale de charbon atteint des records

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4 - Les énergies propres sont en pleine expansion... mais ne représentent qu'une petite partie de la consommation

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5 - Conclusion : les émissions de dioxyde de carbone sont toujours en expansion

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Christian Gollier : Vingt-deux ans après la Conférence de Rio et cinq rapports du GIEC plus tard, la planète est-t-elle en ordre de marche pour contrer les pires effets du changement climatique que nos descendants auront à supporter ? Un rapport récent de British Petroleum offre à cette question quelques éléments de réponses peu encourageantes. Ces deux dernières décennies, la part des énergies fossiles dans la consommation d’énergie dans le monde est restée stable autour de 87%. La consommation de charbon a cru en moyenne de 4% par an durant les 10 dernières années, sans signe apparent de fatigue. Et même si les pays de l’OECD réduisent lentement leur dépendance au pétrole, la consommation de cette ressource a continué à croitre au niveau mondial de 1,4% l’an dernier, au même rythme que durant le siècle écoulé, comme de si rien n’était ! Pire, il ne faut pas espérer nos problèmes grâce à la raréfaction des énergies fossiles : les réserves prouvées de pétrole et de gaz ont augmenté de plus de 60% depuis 20 ans, tandis que celles du charbon ont tout simplement doublé. Si tout cela devait être brulé, la concentration de CO2 dans l’atmosphère dépasserait largement les 1000 ppm, alors que nous étions à 280 ppm avant la révolution industrielle, et que nous venons de franchir les 400 ppm.

Selon le cinquième rapport du GIEC publié cette année, il faudra éviter de dépasser 450 ppm si on ne veut pas que la température moyenne de la terre dépasse 2°C.  Selon les modèles, un tel objectif ne peut être atteint qu’en éliminant totalement nos émissions dans le monde d’ici 50 ans, pour ensuite commencer à inverser le cycle.  Mais en fait, les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevées qu’aujourd’hui, augmentant maintenant la concentration de CO² de 2 ppm chaque année. Au lieu de freiner, nous accélérons !

 
Commentaires

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  • Par lexxis - 23/06/2014 - 09:36 - Signaler un abus LA TAXE POUR AVOIR RAISON!

    En clair puisque les énergies vertueuses ne seront jamais (ou si tard qu'on ne peut le prévoir à l'échelle humaine) économiquement viables, il s'agit d'infliger aux autres énergies une taxation suffisamment punitive pour qu'elles finissent par coûter plus cher à l'utilisateur que les énergies traditionnelles; En plus, ces dernières ne cessent d'afficher de nouvelles réserves qui éloignent sans cesse le point d'équilibre. On vient de voir avec l'Allemagne à quelles dérives et à quelles aberrations conduit ce moralisme énergétique, où finalement on va sereinement polluer la planète deux ou trois fois plus que les petits copains pour la bonne cause... Ah, oui, une dernière chose: il vaudrait mieux que les alarmistes du GIEC ne se soient pas trompés dans leurs calculs et qu'on ne découvre pas d'ici une vingtaine d'années que ce que peut l'homme face à la puissance des variations solaires ou autres est tout simplement insignifiant. N'oublions pas que toute l'élite scientifique bien-pensante ne s'est toujours pas expliquée clairement sur le réchauffement climatique à la fin du premier millénaire et au début du second, époque quasiment sans moteurs et sans industries polluantes!

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Christian Gollier

Christian Gollier est économiste à la Toulouse School of Economics et co-auteur des 4e et 5e rapports du GIEC.

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