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5 ans après les JO de Londres, une nouvelle étude montre des effets dérisoires sur la qualité et le niveau de vie des quartiers de l’est londonien qui les ont accueillis

Sans surprise, les impacts économiques positifs des Jeux olympiques de Londres, bien qu'existants, sont loin d'atteindre le niveau des promesses qui ont été faites aux Londoniens. Pas de quoi rassurer les Parisiens.

Avis aux Parisiens

Publié le
5 ans après les JO de Londres, une nouvelle étude montre des effets dérisoires sur la qualité et le niveau de vie des quartiers de l’est londonien qui les ont accueillis

Atlantico : Selon un nouveau rapport qui vient d'être publié concernant les Jeux olympiques de Londres on se rend compte que les partis concernés par les Jeux peinent à afficher les résultats escomptés au premier abord. Comment expliquer cette différence entre promesse et résultats

Alexandre Delaigue : Les promesses ont été faites sur la base de pas grand-chose. On attend des effets économiques importants mais bien souvent on fait des promesses sur des objectifs qui ne peuvent pas être atteints. On peut espérer faire un minimum de rénovation urbaine dans des quartiers en difficulté, modifier la composition de la population mais peut-on vraiment améliorer la situation des écoles ? Si à l'occasion des Jeux on apporte des infrastructures, qu'on améliore la qualité des logements il est probable que cela ait un impact positif mais de là à dire que cela va considérablement transformer un quartier ou un endroit c'est peu probable.

Est-ce que cela va améliorer les perspectives économiques pour les gens ? Il n'y a objectivement que très peu de chances. Il ne faut donc pas se demander "Pourquoi cela n'arrive pas" mais plutôt "Pourquoi tant de promesses?"

Le rapport indique notamment qu'il peut y avoir eu des effets sur des questions d'éducation en signalant tout de même que le résultat peut être aussi dû aux politiques du gouvernement de manière générale. Est-ce qu'on ne peut pas tirer la conclusion que des politiques "one shot" comme pour les Jeux olympiques ne peuvent pas fournir des résultats semblables à des politiques menées sur la durée ?

On fait quelque chose d'un seul coup mais objectivement ce n'est pas comme si on ne connaissait déjà rien en matière de rénovation urbaine avant cela. Ce que l'on sait en la matière c'est que si l'on veut obtenir des résultats il faut des efforts de longue haleine et pas seulement des coups symboliques.

On pourrait faire le parallèle avec la politique de la ville en France qui a donné les résultats que l'on connaît. La rénovation urbaine c'est compliqué, résorber les inégalités ça l'est aussi. Espérer une magie des jeux olympiques c'est tout simplement croire en la magie.

A Rio ils ont aussi voulu faire de la rénovation urbaine dans un quartier et essayer de faire en sorte que la zone dans laquelle les Jeux olympiques allaient avoir lieu devienne un quartier un peu plus classe moyenne voire même classe aisée et les résultats c'est que moins de 20% des logements créés ont été vendus il y a seulement six mois de cela.

Le rapport indique aussi que la situation pouvait être à rebours des objectifs initiaux pour la population locale. Que les choses ont empiré après les Jeux olympiques. Est-ce un phénomène récurrent ?

Effectivement. Lorsque l'on veut améliorer un quartier, on n'améliore pas forcément les choses pour les habitants du quartier en question. C'est le phénomène de gentrification. Si on fait partir les pauvres pour créer des nouveaux quartiers c'est sûr que cela améliore le voisinage mais cela créé de nombreux problèmes pour les habitants qui ne peuvent plus habiter aux mêmes endroits.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 01/12/2017 - 21:27 - Signaler un abus Effets

    Ce n'est pas étonnant, ce n'est pas fait pour ça les jeux olympiques...

  • Par adroitetoutemaintenant - 02/12/2017 - 13:03 - Signaler un abus Faites venir Guy Novès comme conseiller

    Au moins on saura pourquoi ça foire !

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Alexandre Delaigue

Alexandre Delaigue est professeur d'économie à l'université de Lille. Il est le co-auteur avec Stéphane Ménia des livres Nos phobies économiques et Sexe, drogue... et économie : pas de sujet tabou pour les économistes (parus chez Pearson). Son site : econoclaste.net

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