Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 24 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

400 milliards de milliards…..La bombe financière des retraites qui nous attend au niveau mondial à horizon 2050

Selon le Forum économique mondial, le monde sera confronté à un immense défi à horizon 2050; un manque de 400 trillions de dollars pour régler les retraites. Une situation qui concerne les Etats Unis avant tout, avec une prévision de "trou" de 137 trillions de dollars.

Vertige

Publié le
 

Concernant le cas de la France, qui semble bénéficer d'un facteur démographique plutôt favorable, quels sont les enjeux spécifiques de notre pays sur cette question ? 

La France bénéficie d’une démographie plus favorable que ces voisins. Sa population active devrait continuer à s’accroitre jusqu’en 2060 mais cette progression sera de plus en plus lente. D’autre le part de fécondité même s’il figure parmi les plus élevés de l’Union européenne, ne permet pas, néanmoins d’assurer le renouvellement des générations. De ce fait, si dans les années 70, il y avait 4 actifs pour 1 inactifs, ce ratio n’est plus que de 1,4 et devrait se rapprocher de 1,2 au milieu du siècle.

Le nombre de retraités devrait passer de 15 à 25 millions d’ici 2060 (toute chose étant égale par ailleurs). La France se caractérise par une durée de vie à la retraite parmi les plus longues du monde du fait d’une bonne espérance de vie et d’une fin précoce de l’activité professionnelle.

Le système de retraite repose quasi totalement sur la répartition qui assure plus de 85 % des revenus des retraités contre 70 % en moyenne au sein de l’OCDE. Ce sont les cotisations sociales qui reposent sur les salaires qui financent en temps réel les pensions. C’est donc l’évolution de la masse salariale, de l’emploi, le nombre de retraités et le montant des pensions qui constituent les éléments clefs de l’équilibre des retraites.

Depuis 1993, les réformes ont abouti à économiser l’équivalent de 6 points de PIB l’échéance 2060, soit plus de 160 milliards d’euros. La désindexation des salaires de référence pour le calcul des pensions du régime de base, le passage des 10 aux 25 meilleures années, l’allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 43 ans, le report de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans (de 65 à 67 ans pour la retraite à taux plein) ont permis de maintenir à flot le système d’assurance-vieillesse. Par ailleurs, les pensions ont été désindexées des salaires et pour les complémentaires, le rendement du point a été fortement érodé (division par près de deux du rendement du point AGIRC entre 1990 et 2017).

Compte tenu de l’augmentation (même ralentie) de l’espérance de vie et surtout compte tenu de la situation de l’économie française (maintien d’un fort taux de chômage et faibles gains de productivité), l’équilibre retrouvé des régimes de retraites obtenus, ces dernières années, par une augmentation des cotisations, est très fragile. Une dégradation pourrait intervenir d’ici 2020.

Emmanuel Macron a pris l’engagement, durant la campagne présidentielle, de ne pas modifier les grands paramètres de la retraite, âge de départ, durée de cotisation, etc. afin de mettre en œuvre une réforme systémique. Cette dernière a pour objectif d’instituer un régime unique par points qui aboutirait à la suppression des régimes spéciaux et du non-régime de la fonction publique. Cette révolution viserait à garantir une plus grande équité entre les assurés. Toutes les pensions seraient à terme calculées de la même manière. Elle aurait également comme conséquence d’instituer un système exclusivement en cotisations définies. Dans un tel système, seules le montant de la pension n’est connue qu’au moment de la liquidation. Cela limite d’autant les engagements car à tout moment il est possible de changer la valeur des points, tant à l’achat qu’au rachat. Un régime par points est plus facile à piloter qu’un régime prestations définies. C’est pour cette raison que le FMI et l’OCDE demandent à tous les pays d’opter pour ce type de système pour éviter l’implosion des régimes de retraite.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par lexxis - 05/06/2017 - 09:09 - Signaler un abus UN EXCELLENT ARTICLE

    Enfin un article sur les retraites plein d'informations, frappé au coin du bon sens et avec des apports originaux. Ce genre d'article est rare dans la presse française, où naviguent poncifs, corporatismes , contre-vérités et propagande. Merci, Monsieur Crevel, on attend la suite...

  • Par essentimo - 05/06/2017 - 09:11 - Signaler un abus et aussi pour des

    retraités qui n'ont jamais cotisé ayant vécu d'aides diverses et variées. Pas d'impôt, pas de charges sociales et on trouve anormal de leur demander de travailler 1 jour par semaine. Nous marchons sur la tête !

  • Par assougoudrel - 05/06/2017 - 11:31 - Signaler un abus Sans compter les vieux

    venus d'ailleurs et les clandestins qu'on appelle migrants, qui n'ont jamais cotisé et qui touchent plus que beaucoup de nos retraités qui ont travaillé toute leur vie pour toucher une misère qui les plonge au fond du trou. Combien de milliards d'euros empruntés pour payer toute ces tiques accrochées au cul de la vache à lait France.

  • Par Euphemia - 05/06/2017 - 13:02 - Signaler un abus Dites moi si je me trompe

    En effet, excellent article. Mais en béotienne de la statistique, je demande qu'on m'éclaire : Dans le calcul du ratio actifs vs inactifs, quelle est la part des chômeurs ? L’augmentation nette de cette population ne relativise-t-elle la part de la population des retraités ? Il me semble qu’un taux de fécondité élevé ne garantit pas un « bon » ratio actifs vs inactifs, si une grande part de ces nouvelles générations est constituée d’inactifs chômeurs (non cotisants).

  • Par lexxis - 06/06/2017 - 09:32 - Signaler un abus CHERCHEZ L'ERREUR (à corriger d'urgence!)

    Il y a toujours de graves inconvénients à confier à un titreur autre que l'auteur de l'article le soin de déterminer le titre d'un article. D'abord, le lecteur se fatigue quelque peu de tournures et d'accroches quasi-systématiques que l'on retrouve à tous les coins de site (atlantico, Causeur, Planet etc..) mais en outre la recherche du sensationnel aboutit à des dérapages "sanglants". Exemple: Monsieur Crevel parle de 400 000 milliards de dollars d'engagements non couverts qui deviennent tout bonnement 400 milliards de milliards de dollars dans le titre (soit une erreur fort conséquente!). Laissez donc aux auteurs le choix du titre de l'article, il fait partie de leur irremplaçable apport et en général ils font nettement moins d'erreur qu'un tiers. En attendant, corrigez vite cette accroche, cela ne fait pas très sérieux, vous êtes quand même un organe d'information économique et on vous paye!

  • Par jocobo - 06/06/2017 - 10:23 - Signaler un abus Merci de corriger le titre ...

    Ne laissez pas ce titre erroné ... il vous fait passer pour des rigolos ... ce dont j'en suis sûr vous n'êtes pas !!!

  • Par jerome69 - 06/06/2017 - 16:15 - Signaler un abus @ Euphenia

    j'allais écrire une remarque dans le même sens , la gauche nous a vendu , et nous vend encore, que l arrivée massive des immigrés sauvera les systèmes de retraite mais avec notre taux de chomage record et le cout social ( de toutes sortes) qu'ils génèrent cela ne fait qu'aggrandir le trou. pour en revenir au chomage, 3.5 million de catégorie A et B, 2 M de Cet D et plus encore 2M de personnes sortie de tout systeme de comptage selon l insee. si une grosse partie de ces gens là avait un travail, et donc cotisaient cela résoudrait bien nos problèmes. Problème qui est alors plus lié à la faiblesse de notre éconnomie qu'a une courbe de natalité et pyramide des ages. les gains de productivité depuis les années 50 ou 60, à taux de chomage équivalent devrait compenser la pyramide des ages. Pour Finir espérons que Macron arrivera à donner l 'égalité des droits a tout l emonde sur la retraite et pas une classe qui bossent jusqu'a 62 ou plus pour que d 'autre partent à 50 ou 55 ans.Mais je n y crois pas la force des lobby concernés est trop puissante.

  • Par Euphemia - 06/06/2017 - 18:47 - Signaler un abus Ma question était bien une question, simplement technique

    @Jerome69 : vous me prêtez un ressenti et une opinion politique que je ne partage pas, alors que je posais une question très factuelle. Je ne rame pas dans le même sens que vous, je voudrais juste que quelqu'un - l'auteur de l'article ? - m'explique : les chômeurs - non cotisants - sont-ils comptabilisés dans la population inactive ou active ? Et donc je maintiens qu'un taux de fécondité élevé ne résoud en rien le problème du financement des retraites.

  • Par Anguerrand - 07/06/2017 - 08:26 - Signaler un abus C'est le moment qu'a choisi le grand économiste Philippot

    pour ramener la retraite à 60 ans alors même que l'espérance de vie est supérieure. Mitterrand idole de ce dernier avait descendu la retraite de 65 à 60 ans pour tricher sur le nombre de chômeurs, habitude bien Socialiste et contre toute logique économique. Phillipipot a fait que le FN, grâce à lui s'est planté, et MLP commence enfin à s'en rendre compte. Au FN beaucoup voudraient se débarrasser de cette grande gueule de gauche dont MMLP. Les français ne sont pas tous aussi credules que le pense Philipippot, ils ont compris que la majorité de ses promesses concentré dans le " programme " FN etait irréalisables.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€