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29 milliards de dollars pour Warren Buffet grâce à la réforme Trump : et pour ses électeurs ? (La réponse pourrait vous surprendre)

En raison de la réforme fiscale américaine, le milliardaire a reçu un chèque de 29 milliards de dollars en 2017. Une preuve que Donald Trump gouverne pour les riches, alors qu'il a été élu grâce aux classes populaires ?

Baby, you're a rich man

Publié le
29 milliards de dollars pour Warren Buffet grâce à la réforme Trump : et pour ses électeurs ? (La réponse pourrait vous surprendre)

Atlantico : Dans sa note adressée à ses actionnaires, le milliardaire Warren Buffet (et son fonds Berkshire Hathaway) a pu faire état d’un gain de 29 milliards de dollars qui serait la conséquence de la réforme fiscale mise en place par Donald Trump. Selon de telles données, ne peut-on pas considérer que Donald Trump serait un président élu par les pauvres pour enrichir les riches ?

Michel Ruimy : Tout d’abord, il faut expliquer d’où provient cette hausse des profits. Elle résulte d’une baisse des provisions pour impôts.

En effet, avec la réforme fiscale, les profits ne seront plus imposés qu’à 21% contre 35% auparavant. C’est donc une raison technique, et non une expertise quelconque, qui a permis à Warren Buffet d’annoncer un accroissement du bénéfice net de son fonds d’investissement.

Ceci étant dit, il faut aussi se rappeler que tout au long de sa campagne électorale, Donald Trump a su s’adresser aux classes populaires avec un talent certain, à ces « oubliés » de l’Amérique, à ceux qui se sentent délaissés par les élites, aux exclus d’un système « truqué » en faveur des plus riches.

Il n’en demeure pas moins que les estimations de la réforme fiscale laissent à penser que celle-ci profitera, dans un premier temps, aux plus riches. En effet, donnons quelques chiffres.

Les particuliers imposés sur le revenu vont voir leurs prélèvements collectivement baisser de 1 126 milliards de dollars sur dix ans. Toutefois, en 2019, les ménages américains verront leur impôt fédéral baisser d’environ 260 milliards de dollars. Cette baisse est grosso modo équivalente à l’impôt payé par les plus riches. De manière plus détaillée, les 1% les plus riches ayant un revenu supérieur à 500 000 dollars vont économiser 60 milliards de dollars d’impôts, exactement la même somme que va se partager la grosse moitié des Américains (54%) qui gagnent entre 20 000 et 100 000 dollars. De plus, l’exonération sur les droits de succession est doublée, à 22 millions de dollars pour un couple, alors qu’au taux actuel elle ne concernait que 0,2% des ménages. Les classes moyennes supérieures c’est-à-dire celle qui ont un revenu compris entre 100 000 et 500 000 dollars, soit près de 23% de la population, verront leur impôt baisser de 136 milliards. Les plus pauvres, ceux qui gagnent moins de 20 000 dollars et qui représentent, eux-aussi, environ 23% de la population, se partageront uniquement 2 milliards, soit 0,15% de la réforme !

Alors, oui, à première vue, cette réforme profite aux riches. Mais, la question essentielle est de connaître l’usage qu’ils feront de cette manne. La question se pose également aux entreprises bénéficiaires de cette mansuétude fiscale. L’injecteront ils dans l’économie réelle, ce qui pourrait conduire à une surchauffe de l’économie, ce qui mènerait la banque centrale à engager une politique monétaire restrictive (hausse des taux d’intérêt) - c’est ce qui semble se profiler - ou l’injecteront ils sur les marchés financiers, ce qui pourrait mener à certains dysfonctionnements boursiers. Là est la question : quel usage de ce surplus monétaire sera-t-il fait ?

 
Commentaires

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  • Par Made in France - 01/03/2018 - 10:29 - Signaler un abus Du socialisme bon teint

    Pas un mot sur la situation de l'emploi des moins favorisés, noir et latinos. Leur taux de chômage est à un plus bas jamais atteint. Et ça , ce n'est pas dû à Saint Barack mais à la réforme du crétin, salaud, raciste,abruti etc de Trump. Vraiment difficile en France de trouver un article sur Trump qui ne soit pas teinté de parti-pris.

  • Par Liberte5 - 01/03/2018 - 10:50 - Signaler un abus Bonne description sur les effets de la la baisse des impots

    Ce sont des millions d'Américains qui bénéficient de cette baisse et qui voient leur pouvoir d'achat s'améliorer. Des amis Américains m'ont dit avoir vu cette baisse dès janvier. Beaucoup d’entreprises ont distribué des primes en fin d'année, à des centaines de milliers de salariés. Le chômage est au plus bas et toux ceux qui ont pu trouver un travail bénéficient d'une nouvelle chance dans la vie et retrouve ainsi leur dignité. Et cela est le meilleur marqueur social qui puisse se faire. En un an D. Trump ne peut corriger les 8 années désastreuses de B. Obama, qui en bon socialiste a laissé les revenus des couches moyennes baisser régulièrement. D. Trump va continuer à œuvrer pour la réalisation des grands travaux publics et donner ainsi du travail au plus grand nombre.Vivre de son travail c'est cela du social monsieur M. Ruimy, pas la redistribution à la Française qui prend au couches moyennes pour donner à des populations assistées et sans avenir. Votre biais socialiste vous conduit à une analyse fausse et dangereuse.

  • Par ajm - 01/03/2018 - 11:29 - Signaler un abus Fin de cycle ou pas.

    L'affirmation que l'économie US est en fin de cycle de croissance est discutable . En fait, on en sait rien. Une grande partie des économies d"impôts vont rejoindre l'économie réelle et, de plus, on constate une certaine poussée salariale aux USA qui devrait booster la demande. Évidemment, la façon dont la courbe des taux va se redresser sera aussi déterminante mais on voit mal le nouveau patron de la FED nommé par Trump risquer de casser la croissance par des actions mal calibrées. Le second volet du plan Trump (investissements dans les infrastructures ) qui aurait été très utile s'est réduit en peau de chagrin, faute de consensus sur le sujet au Congrès.

  • Par john mac lane - 01/03/2018 - 14:32 - Signaler un abus Encore un prof qui vient faire du Trump Bashing.

    Jamais depuis les réformes Trump les gens ont trouvé autant de Jobs. Le taux de chômage nominal officiel est descendu à 4,1%. Il a diminué de 2% au cours de la seule dernière année. C'est le plus bas depuis 17 ans.Les personnes dépendantes de "food stamp" ont diminué de plus de 2 millions en 2017. En février 2018, 90% des américain ont eu une augmentation de leur salaire net. Les salaires ont progressé en taux annualisé de 2,9% en 2017, soit le rythme le plus rapide en plus de huit ans. Au 1er janvier, les accords patronaux devant l’embellie du marché ont augmenté le salaire minimum dans 18 états. Et y'a des intellos qui viennent donner dans le mélodrame...

  • Par Liberte5 - 01/03/2018 - 14:45 - Signaler un abus Sceptiques il y a 3 mois, les Américains ont changé d'avis

    "Un récent sondage du New York Times/Survey Monkey a totalement renversé la tendance. Mené entre le 5 et le 11 février, il révèle que 51 pour cent des répondants approuvent maintenant la réforme fiscale– une hausse considérable par rapport à 37 pour cent en décembre et 55% de gens hostiles"

  • Par eva - 01/03/2018 - 19:40 - Signaler un abus amsallem

    John mac lane entiérement accord avec vous le trumpbashing est une maladie incurable , hélas il ne faut rien attendre des médiocres français qui devraient plutôt s'alarmet sur la désastreuse économie française , triste époque .

  • Par Anouman - 01/03/2018 - 20:29 - Signaler un abus Baisse d'impôts

    Il faut au moins être professeur à l'ESCP pour s'inquiéter du fait que les baisses d'impôts ne profitent pas à ceux qui n'en payent pas. Très bon niveau de réflexion. Le pire est la conclusion: la réforme n'étant pas redistributive elle est anti-sociale. Non c'est juste une baisse d'impôts qui aura sans doute des conséquences sur l'activité. Quant à la suppression de l'amende pour ceux qui ne prennent pas d'assurance maladie je trouve ça assez surréaliste que cela ait pu exister. Heureusement on ne se pose pas ces questions chez nous: les impôts ne font qu'augmenter et les cotisations sociales sont obligatoires...

  • Par vangog - 01/03/2018 - 20:58 - Signaler un abus Les analystes français, biberonnés au néo-trotskysme....

    n’aiment pas les baisses d’impôts, par pure idéologie égalitariste. Mais les chiens aboient et la caravane Trump passe. Bravo Donald! Car une baisse de quatorze points des impôts sur les sociétés, il fallait quand-même le faire! J'espère qu’il expliquera sa méthode à notre minet-à- cougars, lorsque le petit ira à la Maison Blanche...emmène ton cartable et tes crayons, petit-Pierre!

  • Par Semper Fi - 02/03/2018 - 06:53 - Signaler un abus J'adore ce gars !!!!

    On lui poserait la question des réformes à mener en France qu'il répondrait bien sûr de baisser la fiscalité sur les entreprises et notamment l'IS... mais comme c'est Trump qui l'a fait alors forcément c'est une mauvaise décision ! Ce n'est peut-être pas tant l'investissement aux US que Trump cherche mais plutôt de lutter contre l'évasion fiscale... ne pas oublier qu'avant sa réforme, les US étaient un enfer fiscal pour les entreprises avec un des taux d'IS les plus élevés (sinon le plus élevé.... suis pas sûr) parmi les pays de l'OCDE.

  • Par Borgowrio - 03/03/2018 - 08:56 - Signaler un abus Anti Trump , argument démago

    Encore un économiste qui n'a rien compris . Président des riches , l'anathème suprême, qui fit un tort considérable à la France . Comment faire comprendre à ces fonctionnaires diplômés et surpayés que les créateurs de richesses , les chevaliers d'industrie sont à la base des émulations de la société . En plus les sommes annoncées ne sont pas toutes des profits , tout ou partie est réinvestie dans l'économie réelle

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Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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