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2017: l’année où l’organisation européenne des années 1990 s’est effondrée

Atlantico a demandé à ses contributeurs leur vision de l’année où la France a vécu de nombreuses surprises et rebondissements et est entrée dans l’ère Macron. Edouard Husson analyse les secousses qui ont bousculé l'Union européenne, telles que la fragilité du leadership allemand ou le retour de la puissance russe.

2017, l’odyssée de la fin du monde d’avant

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2017: l’année où l’organisation européenne des années 1990 s’est effondrée

Ces Européens qui semblaient sûrs de leur fait face à Trump….

Souvenons-nous, il y a un an. Donald Trump était encore « président élu » et attendait de prêter serment. Un establishment européen horrifié du résultat inattendu de l’élection américaine se rassurait en se disant qu’heureusement Angela Merkel allait veiller, depuis Berlin, sur la préservation du libéralisme en Occident, contre tous les populismes. De toute façon, chuchotaient tous les initiés, il était certain, avant même que le président américain ait prononcé son discours d’inauguration, qu’il allait trébucher au premier obstacle, par inexpérience politique; et, si ce n’était pas le cas, s’il survivait politiquement par on ne sait quel sortilège, il fallait s’attendre à ce qu’une procédure d’impeachement soit déclenchée. 

Un an plus tard, le président américain vient de faire passer une réforme fiscale d’envergure au Congrès; il est certes pris dans un bras de fer permanent avec l’establishment washingtonien mais il a réussi à diviser le complexe militaro-numérique en jouant les néo-conservateurs contre les libéraux.

Et, tandis que son populisme se teinte de plus en plus de conservatisme, c’est, contre beaucoup de pronostics, Angela Merkel qui a vacillé. Lorsque Trump avait été élu, la Chancelière allemande avait jugé approprié de lui donner une leçon de démocratie et de transatlantisme. Un an plus tard, c’est le président américain qui a rappelé les membres européens de l’OTAN au nécessaire effort budgétaire qu’implique l’appartenance à l’OTAN. C’est lui qui continue, marchant sur les traces de George W. Bush, à exalter les alliés fidèles (tels la Pologne) contre la « vieille Europe » (la France et l’Allemagne). 

….et qui doivent constater la fragilité du leadership allemand

L’alliance chrétienne-démocrate allemande (qui comprend les chrétiens-sociaux bavarois) a fortement reculé lors des élections de la fin septembre 2017, ne rassemblant plus que 33% des voix. Son partenaire de gouvernement, le SPD, parti social-démocrate, a atteint son plus bas niveau historique: 20% des suffrages. Il est certain que la politique d’ouverture massive des frontières de l’Allemagne aux réfugiés du Proche-Orient et d’Afrique à l’automne 2015 a dérouté une partie des Allemands car, derrière un slogan facile (« Wirschaffendas », « nous allons y arriver »), la Chancelière, malgré les surplus commerciaux records du pays, n’a pas mis les moyens appropriés à la réussite de l’effort d’intégration de dizaines de milliers d’Allemands dévoués sur le terrain.  Et quand on laisse entrer un million de personnes en quelques mois, il n’est pas possible que tout se passe de manière optimale. Or, non seulement la Chancelière n’a pas mis de moyens matériels à disposition mais elle a laissé les médias s’installer dans un déni de réalité quand sont apparues des difficultés. Le réveil, lors des élections, a été dur: un parti populiste, l’Alternative fürDeutschland (Alternative pour l’Allemagne) a largement dépassé la barre des 10%, rendant impossible, avec ses 90 députés, la constitution d’un gouvernement à droite (alliance chrétiens-démocrates/libéraux). 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 31/12/2017 - 11:36 - Signaler un abus L'éveil des Nationalités, ça va aller très vite!

    Attendez-vous à du changement (du vrai!) rapide: contre les tyrans dépassés de la vieille Europe fédérale ratée de Merkel et Macron, la nouvelle Europe des Nations et des patriotes va très vite imposer la voix des peuples. Et le vent de la Liberté souffle à l’est! Merkel est inoxydable et réussira, probablement, à s’adapter à la Mittel-Europa qui est déjà, économiquement, à sa botte. E.Macron, qui n’a rien compris au vent de l’histoire qui bouscule les vieux schémas et les vieilles tyrannies (Grosse commission, BCE, CJUE, CEDH, ONU, UNESCO...), reste englué dans des discours d'après-guerre, hérité d’un enseignement enarchique ringard et neo-trotskyste, et un conservatisme meurtrier pour la Nation française, déclassée partout...il nous faut du neuf...et vite!

  • Par clint - 31/12/2017 - 13:35 - Signaler un abus L'Europe est morte avec l'Allemagne !

    Que ce soit Merkel ou un(e) autre c'eut et ce serait la même chose: l'Allemagne avant tout ! Macron ne l'a pas, ou ne veut pas, compris, les français non plus !

  • Par Ganesha - 31/12/2017 - 14:29 - Signaler un abus Modèle allemand

    Adolf Hitler a gouverné l'Europe pendant six ans. Le début de sa chute se manifesta en Juillet 1943, par le débarquement allié en Sicile. Angela Merkel est en place depuis 2005... Certes, on trouve encore presque quotidiennement sur Atlantico des articles célébrant le ''modèle allemand'', mais les gens qui disposent d'un minimum de lucidité ont désormais compris que le ''processus de libération'' s'est mis en marche. Emmanuel Macron saura-t-il prendre la tête de ce mouvement de renouveau ? A mon avis, cela demanderait un virage à 180° de sa ligne politique !

  • Par kelenborn - 31/12/2017 - 18:06 - Signaler un abus Oh !!!

    "l'enseignement enarchique ringard et neo-trotskyste, " !!! fallait oser! àla fin de l'année, un coup de rosé!!! Même Bocuse tomberait raide sur son gros bide à l'énoncé d'un tel défi! C'est de la nouvelle cuisine dans le pot de chambre patriote récupéré à Verdun!

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Edouard Husson

Edouard Husson est historien. Ancien vice-chancelier des universités de Paris, ancien directeur général d'Escp Europe, il a fait ses études à l'Ecole normale supérieure et à Paris Sorbonne, dont il est docteur en Histoire. Edouard Husson a été chercheur à l'Institut für Zeitgeschichte de Munich (1999-2001) et chercheur invité au Center For Advanced Holocaust Studies de Washington (en 2005 et 2006). Il a également été fait docteur honoris causa de l'Académie de Philosophie du Brésil (Rio de Janeiro) pour l'ensemble de ses travaux sur l'histoire de la Shoah.

Il est aussi vice-président de l'université Paris Sciences et Lettres (www.univ-psl.fr)

 

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