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2015, la cascade des mauvais chiffres : comment la France a trouvé moyen de gâcher une conjoncture pourtant si favorable

Si on veut faire le bilan de 2015 en France, on peut dire que cette année aura été celle du chômage, de la dette et de la croissance faible. La France est encalminée, reléguée à la 6ème place mondiale derrière le Royaume-Uni. Pourtant, certaines données (euro faible, taux d’intérêts plus que bas, prix du baril de pétrole…) faisaient espérer un changement. Il n’en a rien été.

Quel gâchis

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2015, la cascade des mauvais chiffres : comment la France a trouvé moyen de gâcher une conjoncture pourtant si favorable

Retour sur les mauvais chiffres record de 2015 :

42 732 dollars US courants, c’est le mauvais chiffre du PIB par habitant à la fin de 2014 (source Banque mondiale)

Un chiffre d’autant plus mauvais que la France est retombée au PIB par habitant de…2008. Un gâchis immense, le résultat de presque une décennie perdue pour les réformes.

2 105 milliards de dette soit 97,5% du PIB 

Elle atteint 2 089,4 milliards fin mars ce qui représente désormais 97,5% du PIB. Son plus haut niveau jamais constaté par l’INSEE qui anticipe encore une augmentation de souscription de dette de 15,6 milliards d’ici la fin de l’année.

1 245 milliards d’euros de dépenses publiques

La France n’a jamais dépensé autant d’argent public en valeur : plus 19 milliards d’euros par rapport à 2014.

Et toujours plus de 57% du PIB quand l’Allemagne est à 43,5% et le Royaume-Uni à 42,8%. Cela doit donner matière à réfléchir.

10,2% de chômage, pire chiffre depuis 1997

En 2015, le taux de chômage a augmenté pour atteindre 10,2%  de la population active en métropole. C’est le plus haut niveau de chômage depuis 1997. Le mois d’octobre a été particulièrement rude sur ce front là puisque Pôle emploi a recensé 42 000 chômeurs de plus. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A est désormais, en métropole, de 3,59 millions.

970,2 milliards de prélèvements obligatoires

Jamais les Français et leurs entreprises n’ont payé en valeur autant d’impôts qu’en 2015. En 2007, ce chiffre était de 819 milliards. Une augmentation en valeur de 18,4 % quand le PIB a augmenté de 11,8% sur la même période, avec une croissance spontanée des prélèvements obligatoires estimée à +14,3%. Les mesures discrétionnaires des gouvernements représentent 4,1 points d’augmentation, soit +33,5 milliards d’euros.

5,64 millions d’agents publics, un record, en comptabilisant les bénéficiaires de contrats aidés. Hors contrats aidés, les effectifs s’élèvent à 5,43 millions.

2015 a commencé avec 40 000 emplois publics de plus que début 2014. Gageons que, fin 2015, la France battra un nouveau record d’emploi public. La projection à fin 2015 serait de +25 000 agents supplémentaires  la France aurait donc à fin 2015 5,66 millions d’agents…

1,1 % de faible croissance

On nous avait chanté sur tous les tons une croissance à 1,4% en 2015. Les augures sont en train de se raviser en rétropédalant plutôt vers 1,1% en 2015 selon les dernières prévisions de l’INSEE (l’acquis de croissance restant faible).

Faut-il en conclure que 2015 aura été une année pour rien ? Marquée par des attentats sanglants à la fois en début d’année et en fin d’année, déboussolée par des annonces permanentes de vraies-fausses réformes (35 heures, droit du travail, suppression des départements, pénibilité…), annoncées avec fracas et souvent remisées,  l’opinion publique française aurait bien besoin qu’on lui fixe un cap loin des débats un rien " gnan-gnan " sur la recomposition de la vie politique française dont franchement, on ne comprend pas le potentiel de réforme. Après la débandade de 2015,  c’est pour quand les réformes, les vraies ? Et si nos politiques n’ont pas le courage de les lancer eux-mêmes sur les dépenses publiques, la pression fiscale, l’emploi, le nombre d’agents publics…, qu’ils  posent donc la question en direct aux Français plutôt que de se focaliser sur la hausse du vote FN qui n’est que le résultat de la très mauvaise gestion de la France. 2016 pourrait être une bonne année pour se réveiller plutôt que d’attendre un hypothétique retour (extérieur) de la croissance ; d’autant que la Fed remonte déjà ses taux directeurs de 0,25 point… la question de la soutenabilité de notre dette publique pourrait alors progressivement se poser. 

 

 

 
Commentaires

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  • Par Gordion - 26/12/2015 - 11:01 - Signaler un abus Pays irresponsable et irreformable

    A son habitude l'auteure donne un constat impitoyable sur ce pays. Rien ne changera car le système ne veut pas scier la branche sur laquelle il s'asseoit depuis 1944. Les hobereaux de province comme les élus nationaux. Le pire est à venir

  • Par Borgowrio - 26/12/2015 - 11:07 - Signaler un abus Information verrouillée

    Ces chiffres , qui dénoncent la faillite du gouvernement socialiste , ne sont pas beaucoup commentés ni même divulgués, dans cette grande vitrine à la gloire du pouvoir actuel, que sont les chaines d'informations télévisées . Merci madame Verdier-Molinié ... Tenez bon

  • Par vangog - 26/12/2015 - 13:33 - Signaler un abus Dommage qu'agnès Verdie dévalorise son propos par le...

    "la hausse du vote FN qui n’est que le résultat de la très mauvaise gestion de la France..." Je sais que c'est l'exercice imposé pour les mauvais journaleux qui souhaitent conserver leurs boulot et leurs subsides, mais Agnès est-elle obligée de faire allégeance à la pensée unique, pour avoir droit de poster sur Atlantico?...

  • Par lafronde - 26/12/2015 - 16:37 - Signaler un abus Réformer exige d'avoir une majorité pour.

    Faute de majorité stable (un Gouvernement veut avoir de bonne chances d'être réélu, après ses réformes) les vraies réformes ont à chaque gouvernements été reportées après les élections. Question à mille euros : "l'exclusion républicaine du FN au Parlement, n'est -elle pas l'agent électoral qui a privé la France d'une majorité réformiste stable ?" Le Front républicain, n'est-il pas le hérault du Front démagogique ? Toujours et encore plus de social !

  • Par langue de pivert - 26/12/2015 - 16:51 - Signaler un abus La clique socialiste transforme l'or en plomb !

    La France ne gâche pas "une conjoncture favorable"...mais seulement l'exécutif de merde qui est aux manettes depuis plus 3 ans ! J'en suis à espérer que les indicateurs se mettent au rouge et qu'il se passe enfin "quelque chose" avant la fin du mandat de la clique socialiste ! Imaginons que ça arrive après une éventuelle alternance ? En 2022 ils reviennent par la fenêtre pour 10 ans !

  • Par Anguerrand - 27/12/2015 - 07:20 - Signaler un abus Mais attendre le FN pour réformer c'est se mettre ....

    une balle dans le pied. Le programme FN ne prévoit que des hausses de dépenses ( retraite à 60 ans, maintient des 35 h , interdiction des licenciements, augmentation du nombre de fonctionnaires, etc). La seule solution valable reste la baisse stricte des dépenses de l'état et non pas les promesses de la gauche ( PS, FDG, FN) afin de capter le vote ouvrier.

  • Par Anguerrand - 27/12/2015 - 07:30 - Signaler un abus Tous les indicateurs sont au rouge et pourtant

    Un francais sur 4 se dit prêt à revoter Hollande. En dehors des profiteurs du système actuel, je ne vois pas comment il peut garder un peu de popularité. ( assistés, gens du voyages, banlieues, et fonctionnaires, et bien sûr les rois de notre société les régimes spéciaux) . Si la droite n'est pas au second tour ( duel FN - Hollande) nous aurons le " bonheur" d'avoir ce prestigieux président pour encore 5 ans!

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Agnès Verdier-Molinié

Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation IFRAP(Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).

Son dernier ouvrage est : 60 milliards d'économies !, paru aux éditions Albin Michel en mars 2013
 

 

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