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20 ans après la crise de 1997, les pays émergents vont-ils envoyer l’économie mondiale par le fond ?

Hausse des taux, du dollar américain, endettement des entreprises… Depuis le mois de février des monnaies de pays émergents subissent une chute brutale qui fait craindre un retour de la crise de 1997. Et si ce scénario se concrétise, c'est l'Europe qui sera le plus à plaindre.

Bonne question

Publié le

Quelles seraient les actions à mener par les différents acteurs pour éviter qu'une telle crise puisse se matérialiser ? 

Mathieu Mucherie : S’agissant des crises internationales, je ne sais pas !! Je suis en fait assez pessimiste (en dehors de l’Asie du sud-est, où je crois au rôle stabilisateur de la Chine), du fait de la généralisation des ETFs (trackers, qui répliquent un indice) et autres instruments qui vont pour la plupart dans le sens de la non-discrimination entre les bons, les brutes et les truands.

Je n’ai pas l’impression non plus que la FED progresse, même si les nominations récentes à sa tête sont bien moins pires que ce que nous avions craint. Quant à l’euro, c’est un facteur majeur de déstabilisation, mais sa réforme n’est pas envisagée sérieusement (un comité d’étude est à l’étude à Paris ou Berlin) (plutôt à Berlin).

En théorie, le FMI est là pour ça : il a été fondé pour résoudre des problèmes temporaires de liquidité, exactement le genre de crise à laquelle fait face l’Argentine courageusement depuis quelques semaines. Mais l’effet signal du FMI est ambigu. Son arrivée souvent trop tardive, son financement pas gratuit, et assortit d’une liste surréaliste d’exigences (pourquoi la conditionnalité quand le gouvernement à Buenos Aires est déjà le plus réformateur que l’on puisse imaginer ?). J’espère qu’il fera plus de bien que de mal dans le cas argentin, qu’il apaisera la spéculation au lieu de l’attirer, et on peut souligner que Macri a eu le nez creux en faisant du rétablissement des liens avec la communauté internationale l’une des priorités de son début de mandat. Si mon scénario rose ne se déroule pas, ce sera un signal très négatif, pour le monde entier : si une crise auto-réalisatrice brise le retour de la croissance argentine et conduit à un retour des populistes aux élections de fin 2019, cela signifiera que le gouvernement le plus pro-business et le plus ouvert au monde ne permet pas d’éviter la foudre ; le message sera reçu 5 sur 5 par plein de gens ; et nous aurons les conséquences.      

Philippe Waechter : La globalisation ne doit pas réduire la capacité à une croissance plus autonome. C'est cela l'enjeu majeur de l'après crise. La globalisation a été très massive et s'est traduite par une localisation nouvelle de la production notamment dans le secteur manufacturier. Il ne faut pas pour autant que la dynamique d'expansion soit trop dépendante des relations avec le reste du monde. C'est pour cela qu'il est nécessaire de renforcer la capacité de chaque pays à être plus autonome. Pour un pays comme la France, cette autonomie doit aussi se mesurer dans le cadre européen et notamment de la zone Euro. Il faut que celle-ci ait la capacité d'être plus autonome. C'est un aspect majeur de l'agenda du Conseil Européen de la fin du mois de juin. Si l'Europe et la zone Euro sont plus autonomes dans leur capacité à croître alors les effets de contagion d'un choc des pays émergents seront limités.

 

 

 

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 28/05/2018 - 09:31 - Signaler un abus C'est marrant

    Mucherie il est drôle , l'autre est à mourir et on a du mal à savoir ce qu'il raconte. Cela me fait penser à cette chanson célèbre de Trenet " y a de la joie" qui fut interprétée plus tard par un mec à la gueule sinistre dont j'ai oublié le nom! Sauf évidemment que le sujet n'est pas drôle: Mucherie fait de l'humour noir et du coup l'autre a vraiment l'air d'un croquemort

  • Par vangog - 28/05/2018 - 09:32 - Signaler un abus Excellent, comme toujours..

    Excepté pour l’Itaie, où on ne comprend pas très bien ce que ferait un technocrate nommé par Bruxelles (M.Mucherie le dit lui-même...ça ne « marchera » pas!). Pourquoi ne pas laisser gouverner une belle coalition élue par 68% des Italiens- qui a le simple tort de dire franchement dans son programme, qu’elle procédera à une relance budgétaire de 50 milliards sur cinq ans. Fallait-il faire de l’hypocrisie macroniste, qui a relancé la dette française de 42 milliards en un an, et les impôts de quatorze milliards, alors qu’il faisait croire aux benêts qu’il serait exemplaire sur le budget?....pourtant, la France gauchiste a toujours la confiance de l’UE, et ne subit pas de rétorsion en terme de rachats d’actifs pourris...

  • Par kelenborn - 28/05/2018 - 09:37 - Signaler un abus c'est celle la j'ai retrouvé

    https://www.dailymotion.com/video/x2f53c6

  • Par guy bernard - 28/05/2018 - 10:58 - Signaler un abus excellentes analyses.

    ce sont d'excellentes analyses, mais la difference se fera sur la qualité des collatéraux et les besoins d'investissements. quant à nous, les plus malades seront ceux qui stagnent dans des crises bancaires, ce qui veut dire que si on remet la France en marche, nous sortirons à MT gagnants. il nous faut aller très vite et retrouver de l'agilité.

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Mathieu Mucherie

Mathieu Mucherie est économiste de marché à Paris, et s'exprime ici à titre personnel.

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Philippe Waechter

Philippe Waechter est directeur des études économiques chez Natixis Asset Management.

Ses thèmes de prédilection sont l'analyse du cycle économique, le comportement des banques centrales, l'emploi, et le marché des changes et des flux internationaux de capitaux.

Il est l'auteur de "Subprime, la faillite mondiale ? Cette crise financière qui va changer votre vie(Editions Alphée, 2008).

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